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1 étoile = nul | 2 étoiles = moyen | 3 étoiles = bon | 4 étoiles = très bon | 5 étoiles = excellent
 
DOGVILLE

 
De toute évidence, Lars Von Trier prend plaisir à travailler sous la contrainte. Après avoir contribué à la renommée du Dogme danois, longue liste d'interdits, voilà qu'il tourne un film entier dans un studio, espace où il ne cherche surtout pas à créer illusion. Des traits, des marques au sol, délimitent les maisons de chacun. Quelques objets en évoquent l'intérieur. La convention est éminemment théâtrale, ce qui dispense une fois de plus le cinéaste de se rendre en Amérique pour évoquer le pays de George W. Bush. Le récit est découpé, minutieusement, en neuf chapitres. Premier volet d'une trilogie
Le réalisme n'est pas de mise dans ce film inspiré et austère d'une durée de trois heures, premier volet d'une prometteuse trilogie américaine. En effet, combien de bourgades d'une vingtaine d'habitants comptent un philosophe? C'est dans cet espace clos, étouffant, improbable hameau filmé par une caméra nerveuse, que se réfugie une jeune femme en fuite au moment de la crise économique de 1929. Le cinéaste danois trouve là, sous la menace de la vengeance, une nouvelle occasion de s'intéresser à une femme qu'il faut sauver. Cette fois, il s'agit d'une responsabilité collective, ce qui ouvre sur une réflexion sur un monde meilleur.

De grosses pointures...et une fausse note
Bien qu'en apparence il s'agisse d'une production à petit budget, la distribution réunit plusieurs grosses pointures, John Hurt, Lauren Bacall, James Caan et, bien sûr, Nicole Kidman, très à l'aise dans ce film chuchoté où les rares écarts prennent une importance décuplée. Transporté dans l'univers du cinéaste, qui ne montre pas l'homme sous son meilleur jour, le spectateur a toutefois avantage à quitter la salle avant le générique de fin. La chanson de David Bowie, accompagnée de photographies, y paraît bien tonitruante et certainement pas à sa place. On cherche en vain ce qu'elle vient faire à Dogville...


Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission SAMEDI ET RIEN D'AUTRE, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.
 

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