Dans une cinématographie américaine dominée par la représentation exacerbée de la violence, Quentin Tarantino apparaît comme une figure emblématique. Un surdoué aussi. Absent des écrans depuis Jackie Brown, il donne toujours une vision apocalyptique de la nature humaine. La grande cérémonie écarlate de la vengeance
Une femme est aux commandes. Elle élimine un à un tous ceux qui l'ont laissée pour morte le jour de son mariage. Est-il bien rassurant de savoir que les femmes aussi peuvent tuer froidement? Le film de Tarantino, à l'heure nippone, revisite le kung fu et se nourrit de l'imagerie des samourais. Sabre au poing, impitoyable, on décapite l'ennemi ou on le démembre, parfois les deux. Au besoin, le cinéaste ajoute un plan d'eau ou situe l'action dans un jardin enneigé pour bien mettre en évidence les giclées de sang, la grande cérémonie écarlate de la vengeance.
Mise en scène audacieuse
Tarantino fait constamment des choix de mise en scène audacieux: brefs passages en noir et blanc, brillante intégration de l'animation, déconstruction du récit, musiques décalées, ruptures de ton. L'invention est constamment au rendez-vous. Tout de même, le cinéaste reste prévisible : on peut déjà affirmer que la suite, prévue en février, sera sanglante.
Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission SAMEDI ET RIEN D'AUTRE, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

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