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Reportage diffusé le : 27 février 2001

La génération DVD

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Journaliste: Barclay Fortin
Réalisation: Daniel Gariepy


 

27 février 2001

J'ai entre les mains un DVD. Avec ça on peut regarder des films à la maison et vraiment avoir l'impression d'être au cinéma. Quand le lecteur DVD est sorti il y a 3 ans, il était pratiquement inabordable. Mais aujourd'hui, les prix ont vraiment beaucoup baissé. Vous vous demandez peut-être si ça vaut la peine de délaisser votre magnétoscope VHS pour vous lancer dans le numérique. On a fait le tour de la question pour vous.

-Mes présences en salle de cinéma sont sporadiques, voire inexistantes.

C'est grâce au DVD que Mathieu Daoust se fait son cinéma à la maison.

-C'est la chance de voir un film tel qu'il a été présenté en salle, tel que vu au cinéma dans les meilleures conditions possibles.

Trois ans après son arrivée sur le marché, le DVD n'attire plus seulement les cinéphiles invétérés. L'an dernier, il s'est vendu 8 millions de lecteurs en Amérique du Nord, 2 fois plus qu'en 1999.

-Le DVD est le format, est le standard dont la progression a été la plus rapide. Encore plus que le CD au début des années 80. La définition qu'offre le DVD ne se compare en aucun point au VHS. C'est le jour et la nuit avec la vidéocassette, à mon avis.

MARTIN ALBERT, Le coin du DVD

-J'ai jamais acheté un film en VHS. Ça ne m'intéressait pas. Une fois que tu as écouté le film, il n'y a pas d'intérêt à le réécouter immédiatement. Le DVD, il y a les extras. On n'a pas le temps d'écouter ça dans une soirée.

Le DVD permet d'avoir accès à des suppléments, donc des documentaires, des pistes de commentaires audio, des segments sur la réalisation.

-Comme «Fight Club», c'est un film qu'on ne peut pas juste se contenter de le louer parce qu'il y a beaucoup d'extras, il y a 4 pistes de commentaires. Il y a des extras pour quelques heures à écouter.

-Un autre, «Gladiateur» : il y a un documentaire qui est plus long que le film.

Certaines pistes de commentaires sont faites avec les acteurs eux-mêmes.

-Ce qui est difficile avec ça, c'est de savoir avant un achat si ça vaut la peine.

Tous les DVD ne sont pas de qualité égale. Pour cette raison, Mathieu Daoust et Martin Albert ont tous les 2 créé des sites web où ils critiquent les films disponibles en DVD.

-Le catalogue est plus limité. On parle en ce moment en Amérique du Nord d'environ 8500 films qui sont disponibles en format DVD. Mais essentiellement des productions américaines.

Contrairement aux cassettes VHS, les DVD sont multilingues. Sur un même disque, on peut écouter un film en plusieurs langues. Mais le français n'est pas toujours au rendez-vous. Aux tout débuts, la majorité des studios offrait leurs titres avec des bandes de son françaises. On a constaté vers la fin de l'année 98, début 99 qu'il se faisait beaucoup d'importations de DVD d'Amérique du Nord, des DVD zone un, depuis l'Europe.

L'industrie du cinéma a toujours voulu empêcher la circulation des DVD d'un continent à l'autre parce que les films ne prennent pas l'affiche au même moment partout sur la planète.

-Les gens avaient accès à certains films avant même qu'ils soient sortis là-bas.

Grâce à un procédé d'encodage, les DVD vendus dans chaque région du monde sont rendus incompatibles avec les lecteurs des autres régions, du moins, en théorie.

-Ce qu'on retrouve beaucoup, surtout en Europe, c'est du piratage de lecteurs. C'est-à-dire qu'on va dézoner son lecteur.

Certains grands studios américains ont réagi en excluant le français de leurs DVD nord-américains afin de les rendre moins attrayants pour les Européens. À force de discussion, de pression, notamment du gouvernement du Québec, depuis le milieu de l'année 2000, 2 des plus importants studios ont commencé a réoffrir des bandes de son françaises.

-Pas chanceux Barclay, mauvaise nouvelle ça.

-Quelle mauvaise nouvelle?

-On peut dire que maintenant, de 75 à 80 % peut-être des éditions ont des bandes de son françaises.

Mais certains studios persistent à exclure le français de leurs DVD. C'est le cas de Dreamworks, producteur de plusieurs grands succès récents comme «Gladiateur» et «American Beauty».

-Si on tient absolument à une bande de son française, il faut regarder à l'endos du boîtier et vérifier la présence ou non.

Si la question du français fait hésiter certains consommateurs, d'autres attendent que le DVD permette d'enregistrer comme un magnétoscope.

-Cette technologie-là est disponible. Pour le moment, ce lecteur-là est un peu hors de prix. Dès que cette technologie-là va être à un coût raisonnable, c'est évident que ça va avoir un impact.

Pour l'instant, l'industrie n'arrive même pas à s'entendre sur un standard, un format universel de DVD enregistrables.

-On garde notre VHS pour enregistrer notre émission préférée, le DVD pour les films qu'on veut voir pour avoir la même expérience qu'au cinéma.

Il y a différents niveaux de qualité dans les lecteurs DVD, mais tous les lecteurs offrent une qualité raisonnable.

-On peut juste acheter le lecteur et puis avoir quelque chose de mieux en partant. Ce n'est pas un mauvais moment pour s'équiper. Si on attend le moment opportun, on va attendre toute notre vie parce qu'ils sortent toujours quelque chose de nouveau.

-Ce vers quoi le marché tend, l'industrie tend, c'est le DVD haute définition. Maintenant, avant qu'on s'entende sur tous les standards, et faire ça, ça tuerait le marché actuellement. On ne parle pas de DVD haute définition avant 3, 4, ou 5 ans, 7 ans facilement.