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Reportage diffusé le : 5 octobre 2000

Le retour des cerveaux

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Journaliste: Martine Pagé
Réalisateur:
Daniel Gariépy


 

5 octobre 2000

La Californie, et plus particulièrement Silicon Valley, attire chaque année de plus en plus de Québécois qui œuvrent dans le domaine des nouvelles technologies. Mais malgré l'attrait évident de la Californie, les gros salaires et les avantages sociaux impressionnants, certains de ces Québécois commencent à rentrer au bercail. Nous avons interviewé 4 Québécois et leur famille qui ont tous travaillé ou qui travaillent encore en Californie :

Après voir travaillé pour la compagnie Documentum dans la région de San Francisco, Jocelyn Salvas, gestionnaire de projets, est revenu au Québec pour ouvrir un bureau pour Documentum à Montréal.

Marc Benoit a travaillé à la production de jeux vidéo chez Georges Lucas pendant plus d'un an. Il a d'ailleurs participé à la création du très beau jeu Grim Fandango. Marc Benoit est maintenant producteur de jeux vidéo chez ZAQ Solutions Interactives à Montréal.

Nathalie Martimbeau a habité aux États-Unis pendant 7 ans. Elle a fait des études de deuxième cycle en muséologie scientifique à San Francisco et a travaillé pour le Planétarium de San Francisco ainsi que pour la NASA. L'astronome travaille maintenant au Planétarium de Montréal où elle a conçu le spectacle Soleil en colère.

Eryk Warren vit toujours à Silicon Valley mais lui et sa conjointe, Hélène Martel, réévaluent leur situation à chaque année quand vient le mois d'avril et que le printemps commence à se faire sentir au Québec... Il est ingénieur informaticien senior chez Tellme à Mountain View. Eryk Warren fait partie d'une catégorie de la population que l'on qualifie de cerveau en exode.

Mais peut-on vraiment parler d'exode? Cette notion a été contestée en mai 2000 par une nouvelle étude menée par l'Observatoire des sciences et des technologies (OST). Les auteurs de cette étude ont rapporté ainsi leur conclusion dans le journal Le Devoir: «En cinq ans (1995-99), les universités québécoises ont perdu en moyenne 87 professeurs par année (excluant les retraites). Rapportés au nombre total de professeurs présents dans les universités québécoises (8 426), cela correspond à un taux annuel d'émigration qui ne dépasse pas 1 % des effectifs présents, ce qui, il faut le reconnaître, ne saurait être présenté comme un exode massif».

Les détails de ce rapport sur la fuite des cerveaux intitulé Les flux migratoires du personnel hautement qualifié au Québec sont disponibles sur le Web. Paule des Rivières du journal Le Devoir fait entendre un son de cloche différent. Dans un article intitulé Exode des cerveaux: une préoccupation légitime, elle explique que «si l'on fait exception de certaines études qui ont malheureusement fait beaucoup de bruit et qui laissaient l'impression que les douanes américaines étaient engorgées à cause de ces hordes d'universitaires fuyant à toute allure vers les États-Unis, d'autres enquêtes ont conclu que les départs n'étaient peut-être pas considérables mais n'en étaient pas moins préoccupants parce qu'ils touchaient les plus brillants cerveaux».

Fait intéressant, les réponses à la question du jour adressée aux lecteurs de La Presse, le 18 août 1999, révélaient que 90 % des répondants croyaient que le niveau élevé des impôts était responsable de l'exode des cerveaux. Pour les fins de reportages à l'émission Branché, nous avons parlé à de nombreux Québécois qui ont fait le choix de quitter le Québec pour la Californie.

Nous sommes conscients que nos entretiens n'avaient pas de valeur scientifique d'un point de vue statistique, mais il reste tout de même qu'aucun d'entre eux n'a mentionné le coût trop élevé des impôts canadiens comme étant un facteur déterminant dans leur décision de quitter le Québec.

Exode ou non, les Québécois continuent d'aller et venir entre la Californie et le Québec et chose certaine, le Web les aide grandement à rester en contact avec leurs proches tout en leur fournissant de précieuses informations sur leur situation.

Ceux que la question intéresse voudront consulter les sites suivants :

-Association des Québécois en Californie : Association informelle de Québécois et francophones habitant dans la région de la Baie de San Francisco. La section des fils de discussion permet d'entrer en contact avec des Québécois qui vivent en Californie.

N.B. : L'auteure de ce texte a contribué à l'élaboration de ce site.

-Article du Quotidien publié par Statistique Canada : Exode et afflux de cerveaux: migration des travailleurs du savoir en provenance ou à destination du Canada

-TechnoCap : Une des compagnies québécoises qui cherchent à rapatrier des Canadiens pour les compagnies canadiennes qui oeuvrent dans le domaine des nouvelles technologies.

-La chambre régionale du commerce de Sainte-Foy consacre une partie de son site Web à une section intitulée «Retour des cerveaux». Il s'agit en fait d'une campagne de recrutement de main-d'oeuvre qualifiée qui vise à rapatrier dans la région de Québec les cerveaux qui se sont exilés.

-Guide pour les Canadiens désirant travailler à l'étranger : publié par le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international

Vous revenez vivre au Canada?

-Brochure de l'Agence des douanes et du revenu du Canada

-Vous voulez déménager aux États-Unis mais vous voulez d'abord en évaluer les coûts? Ce site vous offre plusieurs outils pour faire ce calcul selon la ville américaine choisie (en anglais). http://www.homefair.com/homefair/newstool.html?
NETSCAPE_LIVEWIRE.src=usa

-Le site de recherche d'emploi Monster.ca offre une section sur le travail à l'étranger.

-Comment se trouver un travail à l'étranger sur Internet ?

-Site d'un avocat américain spécialisé dans l'obtention de permis de travail pour les Canadiens désirant travailler aux États-Unis.

-Le magazine d'information en ligne des expatriés et autres communautés francophones.

-Caricature de Garnotte du journal Le Devoir sur l'exode des cerveaux. Pour ne pas prendre le sujet trop au sérieux…