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Le défi semble colossal: donner accès à Internet aux gens ordinaires en Haïti, lun des pays le plus pauvre de la planète! À quoi bon démocratiser Internet dans un pays croulant sous les problèmes sociaux et économiques? Pour combattre les inégalités et favoriser le développement, répond linitiateur du projet.
Informations complémentaires
Rémy Perrier, ancien webmestre du site de Branché, travaille à lheure actuelle à Port-au-Prince pour le Rezo Ayisyen pou Rechèch ak Devlopman (Réseau haïtien pour la recherche et le développement, REHRED) à titre de webmestre-animateur. Il nous a fait parvenir ce texte expliquant pourquoi il importe de brancher la perle des Antilles.
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Lenjeu des NTIC se joue aussi en Haïti, ce petit pays occupant la partie occidentale de lîle dHispaniola. Cela peut paraître superflu vu du Nord, car lalphabétisation, la santé et la mal-nutrition font partie des problèmes quotidiens de la première république noire qui fit jadis trembler les troupes de Napoléon. Mais à laube du troisième millénaire, Haïti joue la carte du progrès et de lintégration au sein de la région et du continent.
Tout dabord en ce qui attrait à relier la communauté scientifique de lîle à celle du reste du monde. Le REHRED, où je travaille, forme les enseignants et les professeurs à lutilisation du Réseau pour échanger avec des professionels de part et dautre de la planète. Il encourage la production et la mise en ligne de contenu haïtien permettant ainsi à la comunauté scientifique mondiale de connaître les spécificités haïtiennes et de partager les solutions.
Le transfert des connaissances est aussi un des axes de formation en communication, en informatique en tout premier lieu, mais aussi pour les économistes, les gestionnaires, etc. qui feront les cadres de demain. Laccès en ligne à linformation permet aussi aux jeunes haïtiens, qui ne disposent de peu ou pas de bibliothèques, de consulter à distance les ouvrages non disponibles sur le territoire national, leur donnant ainsi les mêmes chances que les jeunes français ou canadiens.
Dautre part nous espérons que laccès aux NTIC permettra de développer dans des villes de province telles que Cap-Haïtien, Les Cayes, Gonaïves ou Jacmel des entreprises qui bénéficieront des mêmes avantages daccès au marchés dexportations, du même impact marketing et des mêmes communications que celles situées dans la capitale. Et de ralentir ainsi les flux migratoires continuels de la province vers Port-au-Prince, déjà en proie à des problèmes de surpopulation.
Mais tout cela demande des infrastructures, les lignes de téléphone sont très mauvaises ce qui ne garantit pas des liaisons fiables et rapides. Labsence dune «dorsale» (backbone) locale oblige la totalité des informations à transiter via les États-Unis, même les communications entre deux internautes situés en Haïti. Cet état de choses, en cas de panne ou de trafic important, rend impossible laccès à des sites locaux ou même à son courriel hébergé localement! Et en dernier lieu, et non le moindre, lapprovisionnement en électricité étant aléatoire (entre 6 à 8 heures par jour) il nest pas facile pour linternaute davoir accès au réseau. Il doit redoubler de génie et sadapter... et sarmer de patience.
Malgré tout cela, le défi nest pas impossible à relever, même sil est de taille importante. Grâce à la coopération internationale, en autre du CECI et du FOKAL, le réseau haïtien est en train de se doter des moyens daborder le XXIe siècle et de, nous lespèrons tous,
ratrapper un peu le temps perdu.
Quelques liens:
Ressources alternatives sur Haïti: http://rehred-haiti.net/liens/
Centre canadien détudes et de coopération internationales, antenne de Port-au-Prince: http://rehred-haiti.net/membres/ceci/
Centre Canadien dÉtude et de Coopération internationale, bureau central de Montréal: http://www.ceci.ca/
Le consulat général dHaïti à Montréal: http://www.haiti-montreal.org/
LACDI (Agence canadienne de développement international) et Haïti
La coopération Canado-Haïtienne
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