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Stephane Ethier











Les designers de sites Web
— Bonjour et bienvenue à Branché. Ici Jean-Hugues Roy, aujourd’hui, nous sommes dans les nouveaux locaux du Café électronique au centre-ville de Montréal. Et cette semaine, on vous parle tout d’abord de design sur le Web. En effet, lorsqu’Internet est apparu au milieu des années 90, les premiers sites Web n’étaient faits que de texte seulement. Mais aujourd’hui, le Web est un médium de plus en plus riche visuellement, qui a même sa propre esthétique. Et, Martine, comme tout médium qui a atteint une certaine maturité, les gens lorsqu’ils vont sur Internet, bon, leurs attentes sont quand même assez élevées au niveau du design?
— Oui, même que le look d’un site est presque devenu aussi important que le contenu qu’on y retrouve. De sorte qu’on engage de plus en plus des designers — un peu comme on le fait pour les magazines, là — qui, eux, vont être responsables de l’image d’une entreprise ou d’une personne sur le Web. Alors, on est allé rencontrer quatre designers de sites Web, qui vont nous parler des difficultés et des défis de leur métier, et qui vont aussi nous faire part des nouvelles tendances en matière de design sur le Web.

YANICK DESROSIERS, designer
— Pour faire un bon site Web, il faut avoir, il me semble, deux visions: premièrement, il faut être bon en design pour réussir à faire de quoi d’intéressant visuellement; il faut être aussi bon en technique parce que c’est inévitable, il y a de la programmation.

MARYSE MORIN, designer pigiste
— Il y a des sites qui sont, disons, plus corporatifs, qui ont encore l’air de rapports annuels, puis c’est parfait, OK? Puis, il y a des sites qui sont faits par des gens qui viennent plus du coté scénarisation ou peut-être plus multimédia, qui vont approcher ca carrément comme une BD qui est animée. C’est plus des univers dans lesquels tu vas te promener.
Pour réussir à créer l’impression d’un univers cohérent et distinct, les designers de sites Web doivent non seulement penser au look d’un site, mais aussi à la manière dont on y navigue.

PIERRE CHARLAND, directeur artistique, Intellia
— Les usagers doivent savoir à tout moment où ils se trouvent et ou ils peuvent aller. Si on manque ça, bien, c’est un peu partir en voyage pas de carte. Ça peut être amusant quand même, mais pour l’usager qui veut vraiment savoir là ou il va, bien, c’est plus compliqué.
— Un bon site, c’est lorsque que tu entres sur un site Web et puis, tu es capable de comprendre la globalité du site d’un seul coup d’œil. Ça, c’est important de réussir à faire quelque chose de logique, de cohérent et qu’il y ait une logique de navigation; c’est l’élément vraiment important, puis c’est souvent l’élément qui manque sur Internet.
Pour travailler, les designers utilisent des logiciels de dessin et d’édition d’images comme Illustrator et Photoshop, mais il leur faut aussi connaître le HTML, le langage qui permet de construire des pages Web. Mais avec l’arrivée des nouvelles technologies, il devient de plus en plus difficile pour les designers de travailler sans l’aide d’un programmeur.
— De quoi ça l’air?
— Là vous avez les tableaux...
— Il y en a qui le font, qui réussissent. Alors, moi, j’appelle ça des hommes ou des femmes orchestre, bon; tant mieux pour eux, ils y arrivent. Moi, je sais très bien que, si je me mettais à m’occuper plus de programmation, d’intégration, je ferais moins de communication.
— Tu apprends un langage de programmation, trois mois après ça passe à autre chose. Et il y a des trucs à... C’est de réussir à rester à date en programmation, d’être capable de voir vers où la technologie s’en va, c’est le coté le plus difficile, puis le plus frustrant.

BENOIT LAVOIE, directeur artistique, journal Voir
— Il faut faire un choix, c’est pour ca qu’on a engagé un programmeur, pour dire: moi, je fais cette partie-là, je fais le design, je vais monter ma page en HTML, mais tout ce qui est automatisation, d’envoi de e-mail automatique, tout ça, là, ça va être plus avec un programmeur.
— Il y a à peu près deux, trois mois, la mode c’était l’orange et le bleu. Tu sais, il y a des trucs comme ca qui arrivent. Ça, il ne faut pas trop s’y fier non plus parce qu’on peut pratiquement savoir la date de création d’un site en fonction de sa couleur.
— Je pense que la grosse tendance vient des possibilités de la technologie. Dès que le Flash vient de sortir, les gens commencent à comprendre comment s’en servir, ça devient une mode.
Flash est un logiciel développé par Macromedia, permettant de faire des animations dynamiques qui prennent peu de temps à télécharger. Avec des technologies comme Flash, les sources d’inspiration sont infinies.
— Je ne vais pas m’inspirer beaucoup de ce qui a rapport à Internet ou avec les autres sites Web. Sinon, tu fais la même chose qui a été faite ailleurs parce que les bons sites Web, il n’y en a pas beaucoup. Donc, je vais plutôt aller m’inspirer des magazines, de ce qui se fait dans le design imprimé, des tendances actuelles, des vidéoclips.
— C’est mon environnement, c’est mes revues, tu sais, c’est tous mes «cossins». C’est souvent à partir de ça que je vais créer mes logos, mes pages. Ça, le Top 10 Quétaine, c’est une section qui revient à tous les mois ou est-ce que je fais une sélection de disques. Je pars le dimanche, je vais acheter mes disques. C’est à partir de mes pochettes de disque souvent que je vais construire ma page.
Malgré les grandes possibilités du Web, les diverses technologies ne sont pas encore au point et les designers doivent faire face à de nombreuses frustrations.
— La première maquette qu’on a faite, moi, je travaillais sur un Mac, disons, j’avais un écran 15 pouces. On ne s’est pas vraiment préoccupé que 80 % du monde a des PC, tout ça. Puis, à un moment donné, quand la maquette était comme finie, là, on a commencé à regarder nos tâches sur d’autres postes. Puis, on était là: ça n’a pas d’allure, c’est laid, ca ne rentre pas, les images bougent.
— Lorsque tu travailles à l’écran, la présentation du travail peut varier en fonction du fureteur, de la façon dont le client a «paramétré» son fureteur, la grosseur de l’écran, la résolution; il y a un paquet de facteurs. Les fureteurs n’affichent pas de la même façon non plus. Netscape et Explorer vont afficher de deux façons différentes. Il y a des sites qui sont superbes, sauf que, lorsque tu arrives dessus, ça te prends une demi-heure pour les télécharger. Donc, il faut réussir à avoir un bon rapport entre la qualité, puis le temps que ça prend à télécharger.
— Vers quoi on s’en va? Ça va être... La clé, ça va être l’interactivité encore accrue, le mouvement...
— Le vidéo, on va en mettre de temps en temps, mais la qualité est tellement... Bon, à cause des lignes, c’est plus ou moins intéressant, mais veut, veut pas, ça va être l’avenir. Dès que la bande va être plus forte, le vidéo va prendre une place très importante.
— Je pense que l’on se rapproche tellement de la vidéo, la vidéo, le son. Moi, je suis sûre que ça va prendre beaucoup moins de temps qu’on s’y attend. Déjà, avec Flash, c’est la preuve qu’on fait déjà en un an des choses qu’on se faisait dire: non, pas question, il n’y a pas très longtemps.
— Lorsque tu construis quelque chose en fonction de le mettre sur le Web, il faut que ta composition soit élastique, tandis que, lorsque tu fais de l’édition, tu fais ta composition, tu travailles avec ta petite règle. C’est souvent pratiquement un travail de moine. Tandis que là, c’est beaucoup plus un travail d’explorateur ou de recherche. C’est le coté qui m’intéresse, c’est pour ca que je suis sur le Web, justement.

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