| Les filles et les jeux
Bonjour et bienvenue à Branché, ici Jean-Hugues Roy. Nous sommes aujourdhui au centre damusement Lanjeu de la Place Alexis-Nihon à Montréal. Bon, un centre damusement, on sentend, cest du «politiquement correct» pour décrire une arcade. Et si on se fie à la clientèle qui est ici aujourdhui, la plupart des amateurs de jeux vidéo, sont donc des jeunes et des hommes. Mais les apparences sont trompeuses puisquune étude qui a été réalisée lannée dernière aux états-Unis, nous apprend en fait que plus dun tiers des amateurs de jeux vidéo, que ce soit sur console ou sur ordinateur, sont en fait des filles. Alors, comme on va le voir dans le reportage, les compagnies de jeux vidéo sintéressent de plus en plus à elles.
Lindustrie des jeux vidéo a connu des ventes records en 1998. Et sa croissance dépasse maintenant celle de lindustrie du disque et du cinéma.
On a longtemps cru que le monde des jeux vidéo était du domaine exclusivement masculin. Mais depuis 3 ans, à la grande surprise du milieu, lhéroïne en tête du palmarès des ventes nest pas la plantureuse Lara Croft, célèbre vedette du jeu Tomb Raider, mais plutôt Barbie. Le succès inattendu des CD-ROM de Mattel a provoqué chez les producteurs de logiciels, une ruée vers le marché des jeux vidéo pour filles.
CATHERINE ROY, chef de projet UbiSoft
Le marché des jeunes filles a toujours été oublié par le marché des jeux vidéo. Disons, cest 50% de la population et puis cest peut-être 1%, même pas, des jeux qui sortent sur le marché.
Une équipe, menée par Catherine Roy chez UbiSoft à Montréal, vient de lancer le tout premier jeu de la compagnie sadressant spécifiquement aux filles. «Laura et le secret du diamant» se déroule dans un univers 3D impressionnant qui plaira aux fillettes de 6 à 12 ans.
Nous ce que lon voulait faire cest un jeu qui était aussi «jeu» quun jeu pour garçons, mais qui adressait des thèmes qui plaisent aux filles.
Voila Madame Carmen, jai vos trois champignons.
Pour bien comprendre leurs goûts, Catherine Roy a rassemblé des groupes de fillettes et a étudié leurs habitudes de jeu.
Les personnages quelles sinventaient, cétait souvent le père, la mère, le petit bébé, le chien, toujours un chien.
Chez la famille Déry, les goûts se réduisent difficilement à quelques thèmes. Les trois surs possèdent à peu près tous les jeux vidéo existants sur le marché, sur toutes les plates-formes. Catherine, la cadette de la famille, a grandi avec une manette dans les mains. Elle excelle à «Pio-pio»: un jeu de stratégie et dadresse qui rappelle le célèbre «Tetris». On dit dailleurs de «Tetris» quil fut un des jeux vidéo les plus populaires de tous les temps auprès des filles.
Les jeunes filles accordent énormément dimportance à la beauté du jeu et à la beauté de la boite.
ROXANE DERY, 12 ans
Bien dhabitude, les jeux comme «Quake», «Dumb», je naime pas ça parce que cest trop sombre. Mais «Shogun», lui, il est clair, tu sais comme, il est plus vif, il est plus fait pour les adolescents.
Laspect compétitif dun jeu est aussi très important pour certaines filles aux tendances perfectionnistes, comme cest le cas pour laînée de la famille Déry.
VERONIQUE DERY, 17 ans
Je sais que si je ne gagne pas, quand mon amie va partir, je vais me pratiquer pour que la prochaine fois, je sois meilleure encore. Les gars, ils veulent gagner parce que ça ne serait pas normal quils perdent avec une fille. Si la fille bat le gars ce nest pas correct. Cest toujours le gars qui doit gagner. Tandis que deux filles ce nest pas grave, deux gars non plus. Cest de valeur, mais cest comme ça.
Véronique est une experte aux jeux de course sur console. Son amie Julie est lun de ses rares copines qui sintéressent aussi aux jeux vidéo. Elles ont toutes deux été initiées à leur passe-temps favori par des garçons.
On a souvent retrouvé la fille qui joue aux jeux de son frère. Rarement on a trouvé des jeunes filles qui avaient reçu un Nintendo elles-mêmes en cadeau ou un PlayStation ou quoique ce soit ou un ordinateur. Cétait souvent les jeux du frère qui ne sont pas adaptés à elle.
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