| Mythes urbains
Vous connaissez sans doute ce qu'on appelle les légendes urbaines. Vous savez, ces histoires absolument abracadabrantes qu'un ami ou qu'un membre de votre famille va vous raconter en jurant que c'est arrivé à un ami d'un de ses amis. Eh bien, la plupart du temps, ces histoires, même si elles ont peut-être un fond de vérité, sont fausses. Et Internet a accéléré la propagation de ces légendes urbaines et a même créé son propre style de légendes.
- C'est l'histoire de la dame dont le petit minou sort sous la pluie. Il revient dans la maison. Il est tout trempe. Alors, la dame a l'idée de le mettre au micro-ondes pour le faire sécher...
- Du chat dans le four micro-ondes, aux crocodiles dans les égouts de New York, nous avons tous cru a un moment ou a un autre, à une légende urbaine. Ces histoires, qui circulaient autrefois de manière limitée, de bouche à oreille, ont maintenant trouvé leur terrain idéal de propagation grâce à Internet.
- Amateurs de folklore contemporain, bonsoir et bienvenue à "Légendes urbaines".
- Hugues Boily anime chaque semaine, une émission de radio à Montréal, entièrement consacrée aux légendes urbaines. Également, une histoire de couple coincé dans une toute petite décapotable.
HUGUES BOILY, animateur émission "Légendes urbaines"
- CIBL FM C'est habituellement une histoire qui a une certaine puissance, une anecdote assez étrange, avec un punch solide. Alors, il y a des thèmes comme ca : la contamination, c'est très fort. La sexualité, c'est très fort. Des mises en garde, des histoires où on va voir des gens se livrer à des activités sexuelles exubérantes ou hors normes, qui vont payer pour ça, qui vont être humiliées. Il y a des histoires de meurtre. Alors, il y a toute une branche des "Légendes urbaines", qui est consacrée aux meurtres horribles, aux maniaques. Et puis, bien sur, ce sont des mises en garde.
- Et après sa soirée dans le bar a New York, le gars s'est réveillé dans un avion. Il a abouti à Montréal. Et il s'en va voir le médecin. Et il s'aperçoit qu'on lui a enlevé un rein. C'est une histoire qui est carrément débile, parce que ce sont des amis de mes parents qui sont témoins, qui connaissent la personne.
- Si les auditeurs peuvent lui raconter des légendes par téléphone ou par fax, Internet est devenu, pour Hugues Boily, la source par excellence pour ses recherches.
- Il y a un groupe de discussion qui existe, qui est "alt.folklore.urban", qui est fréquenté par des gens qui connaissent relativement bien la chose, ou on peut discuter entre connaisseurs de légendes urbaines, et puis tester s'il y a des récits qui sont rendus à Chicago ou encore aviser que: tiens à Montréal, c'est rendu très fort ici. C'est fabuleux! Donc, Internet, ça permet d'être en contact avec des gens partout dans le monde instantanément.
- Depuis 3 semaines, un mois, une rumeur court a l'effet que...
- Un bon exemple, c'est l'histoire de contamination des mets chinois. C'était un restaurateur chinois, qui était la victime, dans ce cas-ci, de ce récit faux, d'une légende urbaine classique. Et puis, un correspondant en Allemagne m'a appris que: ah! tiens, par chez eux, c'était plutôt les restaurateurs italiens et la substance en question ne se retrouvait non pas dans du Chow Mein, mais bien dans de la sauce Alfredo. On dit aux gens un peu, vous voyez ce qui arrive, lorsqu'on ne prépare pas soi-même sa nourriture. Alors, il serait préférable de "popoter" a la maison. C'est peut-être un peu plus sécuritaire.
- Les légendes urbaines sur Internet peuvent prendre plusieurs formes. On retrouve, bien sur, des histoires classiques, comme celle des attaques aux seringues infectées du VIH, une histoire qui a créé bien des remous a Montréal, il y a quelques mois.
- Le problème, c'est qu'Internet a donné une nouvelle vigueur à ces rumeurs. Elles se propagent maintenant à la vitesse de l'éclair.
- Mais les légendes urbaines peuvent aussi prendre la forme de chaînes de lettres et de fausses alertes aux virus informatiques.
- La première fois que j'ai reçu un message pour le "Good times virus", c'était, il y à peu près trois ans, et le mois dernier, j'en ai reçu à peu près un autre 4.
- Des fois, on ouvre pas les messages si on ne connaît pas la personne qui les a envoyés, parce qu'on ne sait pas si c'est un virus.
- Donc, est-ce que vous y croyez à ces histoires-la, d'habitude? Vous faites très attention quand vous recevez des messages?
- Oui, oui, "we believe in that". Oui, ca me fait peur.
- L'Internet maintenant est un nouveau vecteur de transmission. C'est tellement facile par courrier électronique d'envoyer plusieurs copies instantanément à un paquet de gens. Il y a souvent des appels à la reproduction. On demande souvent aux gens d'envoyer un maximum de copies de certains messages à un maximum de gens. Et puis, ça explique l'explosion exponentielle de la diffusion de certains messages.
- Est-ce que vous avez envoyé ce message-là à quelqu'un d'autre vous aussi?
- Je l'ai envoyé à quelques personnes, oui.
- Parce que vous y croyiez, vous pensiez que c'était une vraie alerte?
- Bien, je n'ai pas considéré que c'était une vraie alerte. On m'a dit: bien, fais attention, il y a peut-être telle, telle affaire qui peut arriver. Puis, ça arrivait par courrier électronique. Alors, donc, j'ai dit: bon, j'avertis ceux avec qui je communique le plus souvent.
- Et quand tu les reçois, qu'est-ce que tu fais avec les messages?
- Je ris. Je les envoie à mes "chums". Puis après ca, on les "flush"!
- Est-ce que vous y croyez? Est-ce que vous pensez que ce sont des vrais virus?
- Je me suis posé la question déjà. Puis, je ne penserais pas, mais on ne prendra pas de chance.
- Si ces faux virus n'ont jamais attaqué un seul ordinateur, la panique qu'ils provoquent peu causer en elle-même des dommages bien réels.
- Au bureau, particulièrement, on en a reçu dernièrement. Puis, ça a créé tellement de trafic dans notre système, que ç'a failli congestionner le réseau. Ça fait qu'il y avait des messages avec des listes de distribution. Et puis, ce qui faisait que le message était régénéré plusieurs fois. Ça fait que ç'a créé un trafic artificiel là, puis, à un moment donné, il y a quelqu'un qui a écrit sur le système : arrêtez d'envoyer ça. C'est assez. On est en train de ralentir le trafic à cause de la génération de ce message-là.
- Notre dépendance aux technologies, souvent mal comprises, fait du bogue de l'an 2000 le sujet de prédilection pour de nouvelles légendes urbaines.
- Alors, ça, ça ouvre la porte à un paquet de rumeurs folles, un paquet de pannes mythiques, ou de risques énormes. Puis, ça risque d'être assez intéressant. Alors, il va falloir suivre ca d'assez près. Et se munir d'une arme à feu et de bouteilles d'eau et de vivres. C'est une blague!
- En effet, Martine, des blagues, hein? sur la technologie, on en voit beaucoup passer, surtout si on est sur Internet. Et il y en a une dont je me souviens, apparemment, les ingénieurs d'Intel auraient, selon cette fameuse histoire-là inscrit à l'intérieur des puces Pentium, une insulte a Bill Gates. Évidemment, ca s'est avéré que c'était complètement faux. Mais il y en a bien d'autres.
- Oui, il y en avait une autre histoire sur Bill Gates aussi, qui circulait par chaîne de lettres, par courrier électronique, qui étaient supposément écrites par Bill Gates, qui disaient que si on envoyait ce message-là à 15 autres personnes, tout le monde allait recevoir 1000$. De toute évidence, on a jamais vu d'argent. Mais il y a quand même beaucoup de gens qui ont cru à cette histoire-là.
- Oui, des chaînes de lettres, on en voit beaucoup passer aussi sur Internet et surtout des alertes aux virus, la plupart sont fausses, évidemment. Mais il y en a qui peuvent être vraies. Mais comment on fait pour faire la différence?
- Bien, ce qu'il faut faire tout d'abord, c'est se renseigner, et puis pour ça, Internet est toujours la meilleure ressource. Il y a des sites Web qui répertorient les vrais virus, les faux virus, et c'est toujours mieux d'aller jeter un coup d'oeil quand on reçoit une alerte au virus pour vérifier si on est pas en train d'envoyer un message à tout le monde concernant un faux virus. Alors, on a fait une liste de ces sites-là et puis, vous pourrez trouver cette liste-là sur le site Web de Branché.
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