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Lyne Bessette : se marier entre deux courses

Lyne Bessette
Lyne Bessette
2 août 2004 – À mes premiers Jeux, à Sydney, j'avais eu plus peur qu'autre chose. C'était tellement gros pour moi les Jeux olympiques. C'est sûr que c'était un rêve de petite fille. Depuis que je faisais de la course à pied que je voulais aller aux Jeux.

Quand je suis arrivée là, je m'attendais à quelque chose d'autre. Ça n'avait pas tout à fait répondu à mes attentes. Probablement aux attentes qu'une petite fille se faisait des Jeux olympiques.

C'est sûr qu'il y avait plein de choses qui étaient arrivés avant. Ma coéquipière était décédée (l'Américaine Nicole Reinhart morte le 17 septembre lors d'une course à Boston) et ça m'avait beaucoup affectée. Ça avait été une année difficile pour moi. J'avais été malade, j'avais fait de l'anémie, mon fer était très bas et ça m'avait pris toute l'année à m'en remettre.

Mais toute l'expérience des Jeux olympiques, c'est quelque chose que je ne peux pas oublier. Moi, j'avais été aux Jeux du Commonwealth avant, mais l'ambiance était vraiment différente.

J'avais hâte d'y aller, mais j'avais peur. J'avais peur des Jeux, tandis que là, j'ai vieilli, j'ai plus d'expérience, j'ai vécu plus de courses. Ce sont mes deuxièmes Jeux, donc je sais un peu plus à quoi m'attendre. Là, je n'ai pas peur, j'ai hâte.

Il y a beaucoup moins de facteurs qui peuvent m'affecter. J'ai appris à vivre avec plus de choses. L'expérience t'apprend à mieux gérer ton « mental », ce qui est important quand tu prends part à une course comme ça.

Aussi, je me suis mariée le 2 juillet (avec le cycliste américain Tim Johnson). Ça faisait longtemps qu'on voulait se marier. Ça faisait deux ans qu'on était fiancés, on remettait ça, on remettait ça. On disait : « On va se marier à l'automne. » On arrivait à l'automne et on avait jamais le temps.

On ne voulait pas faire un gros mariage. On voulait faire ça juste nous deux et c'est ça qu'on a fait. On s'est mariés sur le bord d'une rivière en Oregon. Ça a été la plus belle journée de ma vie. Je me suis mariée nu-pied comme je voulais, les deux pieds dans l'eau, ce n'était pas la mer, mais c'est pas grave!

On a fait du camping comme voyage de noces, juste avant la course Cascade en Oregon. Ensuite, j'ai passé quelques jours à Boston chez la mère de Tim. Nous avons fait de la moto. Là, je suis comme sur un nuage. Ça va super bien. Je ne peux pas demander plus. Tout va bien, je n'ai pas de bâtons dans les roues. Je m'en vais aux Jeux et j'ai hâte.

Lyne Bessette
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Je m'entraîne spécifiquement pour le contre-la-montre (elle n'y avait pas participé à Sydney) parce que ça, c'est une épreuve où c'est juste toi qui a le contrôle. Il n'y a pas de facteur extérieur, c'est vraiment toi contre le temps. J'essaie d'améliorer mes qualités de « contre-la-montreuse » sur mon « computrainer » dans le garage. J'en fais sur la route, mais quand c'est plus spécifique, je le fais sur le « computrainer » pour analyser les données, comparer avec les tests que j'ai faits.

J'étais arrivée aux Jeux de Sydney en bonne forme, mais la préparation jusqu'aux Jeux était différente. Présentement, je vis beaucoup moins de stress que j'avais vécu à Sydney.

En prévision des Jeux, je n'ai pas changé grand-chose à ma saison. Je suis une athlète professionnelle, je suis payée par une équipe américaine, donc je dois faire des choses pour elle. J'ai choisi les courses auxquelles je voulais participer, ils m'ont donné beaucoup de liberté par rapport aux compétitions que je voulais faire.

Il y a deux semaines, j'aurais pu faire une course en Colombie-Britannique, mais j'ai dit : « Non. » Je retourne chez moi, j'ai besoin de m'entraîner avec mon entraîneur (Éric Van den Heynde) pour qu'il voit où je suis rendue. Donc, j'ai fait des blocs comme ça et entre les deux, je revenais à la maison.

J'ai fait le Tour de Toona (qui a pris fin dimanche) et je pars pour la France le 3 août. Du 3 au 12, on va être dans le sud de la France avec l'équipe canadienne pour s'acclimater à la chaleur.

Je ne suis jamais allée à Athènes et c'est là que les Jeux ont commencé, donc c'est assez spécial pour moi d'aller là. C'est beaucoup d'histoire et j'ai hâte d'atterrir là-bas. J'ai lu beaucoup d'articles dans les journaux. C'est sûr que le sujet de la pollution revient beaucoup, mais je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter avec ça, avec le nombre de gens qui vivent là, ça ne doit pas être si pire!

Mais je reviens tout de suite le 19. Pour moi les Jeux, c'est ma partie cyclisme. Je vais en profiter pendant que je vais être là, mais après ça, c'est tout. Je rentre à la maison. Mes parents ne seront pas là-bas, mon chum non plus. Je veux rentrer pour être avec ma famille.

(Propos recueillis par Manon Gilbert)

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