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Musique Marc-André Hamelin

Le retour du virtuose

Mise à jour le mercredi 18 mars 2009 à 8 h 40

Un texte de Richard Raymond

Marc-André Hamelin

Marc-André Hamelin a terminé lundi sa série de concerts à Montréal. Le pianiste, qui habite Boston depuis deux ans, s'était installé au Théâtre Maisonneuve. Pour quatre soirs, étalés sur une semaine baptisée Marc-André Hamelin, passionnément!

Les deux premiers concerts sont maintenant disponibles sur le site d'Espace classique:

Écoutez le premier concert de Marc-André Hamelin, avec Lara St. John et le Quatuor à cordes de Leipzig.

Écoutez le deuxième concert de Marc-André Hamelin, avec Karina Gauvin, sur Espace classique

Avant la série de concerts, Marc-André Hamelin avait accordé une entrevue à Radio-Canada.ca, depuis son domicile bostonien. Il expliquait la série était un cadeau de la Société Pro Musica. Pour souligner son 60e anniversaire.

Ils ont voulu centrer ça autour de moi et ils m'ont donné carte blanche.

— Marc-André Hamelin

Un musicien en liberté

Le musicien a eu la liberté de choisir les pièces et les artistes avec qui il voulait jouer.

Le 9 mars, place à la musique de chambre avec la violoniste torontoise Lara St. John et le Quatuor Leipzig. Avec ce dernier, le pianiste a joué le Quintette pour piano et cordes de Dvořák. Puis, avec Mme St. John, ils ont fait une pièce du romantique français Ernest Chausson, Concert pour quatuor à cordes, piano et violon.

Le 11 mars, Marc-André Hamelin retrouvait la soprano Karina Gauvin avec laquelle il avait enregistré Fête galante en 1999. Les Montréalais avaient pu apprécier Mme Gauvin dans le rôle de Leila des Pêcheurs de perles à l'Opéra de Montréal, en décembre dernier. Le duo a offert des oeuvres de Poulenc, Vuillermoz et Debussy.

Haydn, le nom du compositeur autrichien reviendra maintes fois pendant l'entrevue. Le 13, justement, avec les Violons du Roy, Marc-André Hamelin interprétait un concerto de Haydn et un autre de Beethoven, tandis que l'orchestre jouait la Symphonie no 104 intitulée « Londres ».

Franz Joseph était de nouveau au programme du récital en solo présenté le 16. M. Hamelin jouait deux sonates du compositeur viennois et une autre, Sonate en état de jazz, « écrite par un pianiste célèbre, très peu connu comme compositeur qui s'appelle Alexis Weissenberg », souligne le pianiste. Le musicien a d'ailleurs enregistré cette oeuvre, créée en 1982, dans laquelle se côtoient tango, charleston, samba et blues. Deux pièces de Chopin, une autre de Godowsky et deux études signées par le musicien lui-même complétaient ce récital en solo.

Le pianiste de 47 ans souligne que, dans ce programme, beaucoup d'oeuvres sont peu connues. « J'espère que la diversité aura son propre attrait », dit-il.

De l'éclectisme comme moteur

La programmation des quatre concerts traverse les périodes classique, romantique, moderne et contemporaine. Quand on lui fait remarquer que l'ensemble donne une impression d'éclectisme, M. Hamelin répond qu'il aime beaucoup concilier divers styles.

Le champ du répertoire est tellement large. Moi, j'aime un peu goûter à tout.

— Marc-André Hamelin

C'est donc à un panorama musical que nous conviait le musicien.

Pourtant, les milieux musicaux gardent de lui l'image « d'une espèce de spécialiste des choses moins connues ». Marc-André Hamelin dira que c'est surtout à cause de sa discographie qui comprend 58 enregistrements.

Après avoir gagné en 1985 un concours axé sur la musique américaine contemporaine à New York, les contrats de disque qui ont suivi exigeaient qu'il joue de la musique américaine ou des oeuvres qui n'appartiennent pas au répertoire courant.

Si les gens vont à mes concerts, ils vont réaliser que mes programmes sont beaucoup plus traditionnels que ça.

— Marc-André Hamelin

Penser la pièce à jouer

Pour préparer un concert, passe-t-il de nombreuses heures par jour au piano? « C'est une question qui n'a pas beaucoup d'importance, répond le pianiste, parce que le travail pianistique peut se faire sans instrument ». Il fait une promenade, dit-il, et se contente de penser au répertoire qu'il travaille.

Quand on n'est pas occupé à produire le son, on est plus libre de penser au sens du contenu, au sens de ce qui doit ressortir, et à avoir de nouvelles idées.

— Marc-André Hamelin

Selon lui, ce travail de réflexion est le plus profitable au point de vue musical.

Après avoir fait ça, on retourne au piano et on applique ce qu'on a pensé pour voir si ça marche. Ça peut marcher ou ne pas marcher. Quand ça marche, on ressent une fierté particulière.

— Marc-André Hamelin

Après Montréal, Marc-André Hamelin est attendu en Caroline du Nord pour un concert avec orchestre, et ensuite en Georgie, pour un récital.

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