Samedi 21 novembre 2009 11 h 07 HNE
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Malajube / «Labyrinthes»François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le lundi 2 mars 2009 à 15 h 02 Une critique de François Blain
Malajube s'est tellement imposé dans l'alternative depuis son premier disque en 2004 qu'il en a dépassé les limites. Ce troisième album était donc attendu, évidemment par les fans, mais aussi par les médias grand public. Pourtant, pour l'essentiel, les quatre musiciens n'ont pas changé. Certes, ils ont visité les États-Unis, l'Europe et le Japon, où ils ont chanté en français, mais un français bien camouflé dans un nuage sonore. Après Trompe-l'oeil en 2006, l'ADISQ leur a remis trois Félix, dont ceux de l'album alternatif et de la révélation de l'année. Dans les circonstances, ce troisième essai réalisé sous la pression a bel et bien été transformé. Progressif révélateur Comme pour bien rappeler ses origines et laisser libre cours à ses élans créatifs, Malajube ouvre Labyrinthes avec Ursuline, un morceau de près de 7 minutes. Même si on a pu croire que la bande serait tentée d'épurer ses arrangements, une masse sonore constitue la plupart du temps le noyau dur des chansons. Le simple qui a précédé l'album, Porté disparu, montrait le côté plus pop et plus aéré des mousquetaires de l'alternatif. De même, Luna, avec son entrée au piano et son « pa pa da pa da pa da » à la Dumas, baigne dans les mêmes eaux. Par contre, dans Casablanca, les années 70 et leur son progressif font un retour avec les ruptures de bon ton et le solo de guitare. Prise de sang Malajube est avant tout une affaire d'énergie musicale. On le voit et le sent sur scène. La voix de Julien Mineau se tient encore comme un spectre indéfini derrière ce mur du son. Par conséquent, ses textes plutôt brefs, aussi. C'est là la signature du groupe, ce pour quoi il a attiré l'attention dès le départ. Les propos du chanteur demeurent donc à interprétation multiple, mais ne riment jamais avec joie de vivre. Cette fois, le sang y est très présent: l'amour « se vide de son sang » dans Casablanca, le sang est noir dans 333 et cramoisi dans Dragon de glace, d'où émane néanmoins une légèreté certaine. M comme Malajube La pochette violet et noir ainsi que les méduses fantomatiques au coeur d'un labyrinthe illustrent bien les aspects névrotiques de l'oeuvre de Malajube. On ne peut taxer la formation de fausse représentation. Le quatuor d'amis d'enfance continue de travailler les textures sonores comme il le fait depuis ses débuts avec un penchant pour les trous noirs musicaux, denses et massifs. C'est ce que l'on attend de Malajube, mais cela n'en fait pas pour autant un groupe grand public. Labyrinthes À lire aussi 30 mars 2009 Yann Perreau, l'artiste18 mars 2009 Le son Peyroux17 mars 2009 Des voix graciles5 mars 2009 Dumas joue fort2 mars 2009 Malajube / «Labyrinthes»26 février 2009 Marie-Pierre Arthur, une belle surprise19 février 2009 La Tracy Chapman du Mali30 janvier 2009 Le meilleur de Mara Tremblay27 janvier 2009 Un oeil sur le ciel discographique23 décembre 2008 Le temps des fêtes de Maryse Letarte |