Lundi 28 mai 2012 12 h 34 HAE

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Tous les sens

Ariane Moffatt veut tout!

François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

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cote du film : 4

Une critique de François Blain

Ses chansons sont-elles encore traversées de coups de pinceau électroniques? Est-ce qu'elle crée toujours des ambiances vaporeuses comme sur Aquanaute, son premier CD, paru en 2002 et vendu à 120 000 exemplaires?

A-t-elle autant le coeur dans la tête que sur son deuxième album habité par les fantômes d'une rupture amoureuse? Et ses rythmiques ont-elles autant de groove que dans le remix assassin de Will you follow me? Ariane Moffat répond à ces questions avec le titre de ce nouveau disque: Tous les sens.

Large espace musical

Ariane Moffatt

Photo: John Londono

Ariane Moffatt

Si c'était les premiers pas discographiques de l'auteure-compositrice, on aurait pu parler de disque éclaté qui cultive une variété de genres. Mais à 29 ans, après 3 enregistrements et des collaborations nombreuses (chantant Vigneault, accompagnant Karkwa ou participant à un projet électro avec Plaster et Betty Bonifassi), Moffatt ne fait qu'occuper le large espace musical qui est le sien.

Ainsi, l'électro est plus appuyée et les rythmes bien devant dans la chanson titre. À l'autre bout du spectre, Briser le coeur possède les gènes d'une chanson française printanière, soulevée par un piano un brin ragtime. Dans la foulée de Montréal, Je veux tout, mi-reggae, mi-ballade, prend de la vigueur aux sons de cuivres éclatants, alors que Le réverbère ramène la légèreté ingénue des années 60.

La fille de l'iceberg

Tous les sens

Photo: John Londono

Cette excursion est rendue possible et reste cohérente grâce aux arrangements denses et lumineux, qui ne négligent jamais la mélodie, dont Moffatt a un sens aigu. Le quatuor à cordes côtoie donc harmonieusement la programmation électronique.

Ses textes demeurent très inspirés par la sphère intime, parfois sensuels, parfois cyniques (Ma vie est une série B, mais j'aime ça). La parolière prend une autre direction avec Jeudi, 17 mai. Sur ce titre, la fille de l'iceberg (comme elle se décrit dans la chanson d'ouverture) se sert habilement des manchettes de journaux d'une seule journée afin que se rencontrent le drame et la futilité.

De pied en cap

Pour l'essentiel, on retrouve sur ce disque l'Ariane Moffatt des deux premiers albums: musicienne et mélodiste, gourmande et amoureuse. Par contre, si on compare avec les deux pochettes précédentes, elle relève la tête et sort de l'ombre. Apparaissant de pied en cap, elle joue au mannequin en séance de photos à New York.

À l'approche d'un séjour en France en 2009, Ariane Moffatt semble vouloir montrer une autre image que celle de la musicienne dissimulée derrière ses claviers, sa guitare et sa batterie. Musicalement, on sait déjà qu'elle « veut tout » et qu'elle aime aller dans « tous les sens ».

Ariane Moffatt / Tous les sens Audiogram ADCD 10223

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