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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Musique

Mise à jour le lundi 28 janvier 2008 à 17 h 32
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Gratuit et légal

Un texte de Lili Marin

iPod

Photo: Apple

Télécharger n'est pas toujours pirater...

Contre le piratage et la frilosité des radios commerciales, mais pour les artistes et le public, un nouveau site Internet offre de partager de la musique québécoise. BAOM.net (bouche à oreille musique) propose plus de 550 chansons gratuitement, sans restriction de copie. Des titres de Dobacaracol, Jonathan Painchaud, Socalled et les Trois Accords s'y retrouvent.

« Conçu pour stimuler et encadrer le bouche à oreille sur Internet, BAOM permet à un artiste d'élargir son public à l'aide des amis de ses amis. Ainsi, une chanson peut gagner rapidement du terrain, propulsée par l'amour de ses auditeurs, tel un virus musical », explique Guillaume Déziel. L'outil n'est pas seulement un tremplin pour la relève; il sert également à mesurer l'engouement suscité par des nouveautés, car le nombre d'écoutes et de téléchargements se calcule automatiquement. C'est ainsi que les cinq succès de la semaine sont mis en vedette.

Un modèle d'affaires inédit

Plutôt que de dépendre de la publicité, BAOM vend des services aux membres de l'industrie musicale, comme la conception d'une page web personnalisée pour faire la promotion d'une chanson ou l'organisation de groupes de discussion pour tester la popularité d'un morceau.

« Les maisons de disques manquent de temps et de moyens pour écouter les démos qu'ils reçoivent ou aller voir des shows pour repérer de nouveaux talents, mais elles ne veulent pas attendre qu'un artiste soit en caractères gras dans le Voir pour en parler », assure Guillaume Déziel, qui a auparavant travaillé pour différents joueurs.

D'après lui, ce sont de moins en moins les grosses boîtes comme EMI, qui vient de sabrer ses effectifs, qui créeront de la notoriété.

Il ne faut pas concevoir la musique comme une marchandise, mais comme une identité. — Guillaume Déziel

Les artistes ont donc tout avantage à se servir d'Internet pour vendre des choses qui ne se copient pas, comme des produits dérivés et des spectacles. Guillaume Déziel croit que le marketing relationnel (la fameuse fonction partager avec un ami) a beaucoup plus de chances de payer, à terme, que l'imposition d'une taxe de 5 $ par mois sur l'accès Internet, tel que suggéré par la Songwriters Association of Canada. Cette idée, qui est loin de faire l'unanimité, pose de gros problèmes quant à son application, notamment pour la redistribution des revenus.

L'utilité de la gratuité a fait ses preuves pour les produits de niche, estime le fondateur de BAOM. Il cite en exemple un disque dont l'objectif de ventes était de 500 exemplaires et qui, grâce au site Poste d'écoute, en a écoulé le double. « 500 disques, ça ne change pas grand-chose pour une Isabelle Boulay, mais pour un ensemble baroque, ça change tout. Ça permet à sa maison de disques de prendre plus de risques par la suite. »

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes