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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Musique

Mise à jour le vendredi 11 janvier 2008 à 15 h 23
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Un juke-box illimité à 5 $

Un texte de Claude Couillard

Le web est devenu un moyen important de se procurer de la musique.

Pour chaque chanson achetée en 2006 sur Internet au pays, 65 autres ont été téléchargées illégalement, selon une recherche citée par l'Association de l'industrie canadienne de l'enregistrement (AICE).

Pendant ce temps, les ventes de disques continuent de piquer du nez. L'an dernier, il s'est vendu 9,5 % moins de CD au Canada qu'en 2006, selon Nielsen SoundScan, la référence statistique dans le domaine.

Difficile de nier l'évidence, constate l'association canadienne-anglaise des compositeurs (Songwriters Association of Canada, ou SAC).

Les consommateurs ont « clairement démontré » qu'ils avaient adopté Internet « comme nouvelle méthode d'accès à la musique », écrit l'association. Elle voit même ce phénomène comme « extrêmement positif ».

Le seul hic, selon la SAC, c'est que le téléchargement musical, en majorité illégal, prive les créateurs et les propriétaires de chansons d'importants revenus. L'association propose une mesure pour tenter d'en récupérer une partie.

Nous croyons que le temps est venu de mettre en place un système de rétribution juste et qui tient compte de ce mode de distribution musical de plus en plus populaire. — Songwriters Association of Canada

Téléchargement illimité... et 100 % légal

La SAC propose que, tous les mois, chaque abonné à Internet au pays verse une somme de 5 $. « Les grands services de téléchargement de musique exigent de 12 $ à 15 $ par mois », fait-elle valoir.

Le montant s'appliquerait également aux usagers du téléphone cellulaire, qui sert de plus en plus à télécharger et à écouter de la musique.

En échange de ce forfait mensuel, l'internaute pourrait copier et échanger des chansons à volonté, sans enfreindre la loi. En plus, il pourrait le faire sur tous les supports imaginables: CD, DVD, courriel, clé USB, disque dur d'ordinateur, etc.

Les revenus tirés de cette initiative seraient redistribués aux créateurs et aux propriétaires des chansons, peu importe leur pays d'origine. La part réservée à chacun serait fixée au moyen d'un recensement, « le plus exhaustif possible », souhaite la SAC.

Pour mettre cette mesure en vigueur, la SAC propose que la Loi sur le droit d'auteur inclue ce qu'elle appelle « le droit à rémunération pour l'échange de fichiers musicaux ».

zik.ca, de Quebecor Media, est un des nombreux sites web qui vendent des chansons en ligne et en toute légalité.

Photo: © Archambault.ca, 1999-2008

zik.ca, de Quebecor Media, est un des nombreux sites web qui vendent des chansons en ligne et en toute légalité.

Lointaine unanimité

L'Alliance canadienne des créateurs de musique appuie également l'initiative. Mais pas nécessairement l'équivalent francophone de la SAC, la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec.

Son directeur général, Jean-Christian Céré, se demande s'il n'est pas « trop tôt pour baisser les bras ». En clair, si d'autres mesures ne peuvent pas décourager le téléchargement illégal.

« Plusieurs modèles sont possibles, souligne-t-il. Le monde entier cherche les solutions »

« Est-ce que les fournisseurs de services Internet ont une responsabilité, un rôle à jouer? », lance Jean-Christian Céré.

L'idée que les Bell et Vidéotron de ce monde rendent compte du téléchargement illégal, par exemple, gagne du terrain en Europe. Ainsi, les internautes seraient davantage motivés à s'abreuver à des sites 100 % légaux, comme iTunes. C'est du moins ce qu'espèrent ses défenseurs.

Important fournisseur d'accès Internet au Québec, Vidéotron n'est pas chaud à l'idée d'imposer un montant mensuel à ses abonnés. « Cinq dollars sur un abonnement mensuel de 20 $ ou 30 $, c'est énorme, estime sa porte-parole, Isabelle Dessureault. On mécontenterait des clients. »

De plus, Vidéotron se dit défavorable à ce genre de mesure qui l'oblige à servir d'intermédiaire. « Ça exige beaucoup d'administration, souligne-t-elle. Cela représente des coûts pour l'entreprise. »

Comme la copie illégale touche aussi le film ou la vidéo, souligne-t-elle, une telle mesure pourrait faire des petits. « Ça ne finirait plus », affirme-t-elle.

Elle souligne qu'il est faux de croire que tous les abonnés à Internet s'adonnent à la copie illégale.

Malgré ces réserves, la SAC poursuit ses démarches dans l'espoir, tôt ou tard, de rallier maisons de disques, public, créateurs de musique et fournisseurs à son projet.

Songwriters Association of Canada

site officiel (en anglais)

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