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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Musique

Mise à jour le mardi 15 mai 2007 à 9 h 30
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François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté

Rufus Wainwright ou le goût des cathédrales

cote du film : 4

Une critique de Francois Blain

Même s'il est issu d'une dynastie folk bien connue, les McGarrigle-Wainwright, Rufus est attiré depuis longtemps par un répertoire beaucoup plus grandiloquent. On pense à l'opéra ou à des artistes comme Judy Garland qu'il chérit.

Sur ce 5e album, le musicien de 33 ans, responsable de la réalisation avec Neil Tennant (Pet Shop Boys), a donné libre cours à cet amour des arrangements denses et sophistiqués.

Dépaysement artistique

En fait, Rufus Wainwright n'est jamais exactement dans le temps présent. Ses pochettes de Want one et Want two référaient au Moyen-âge. La plus récente montre des figures mythologiques abîmées. Dans le livret, il revêt le « lederhose », ces culottes courtes bavaroises portées avec bretelles, souvenir de son séjour en Allemagne.

C'est dans ce pays que ses compositions se sont chargées d'un lyrisme puissant et de ce romantisme teinté de cynisme qui est le sien. Il a alors sorti les cordes, les trompettes (jusqu'à six dans Rules and regulations), les flûtes et les choeurs. Ces derniers sont utilisés comme dans les grandes productions (Do I disappoint you?) et non comme des harmonies folk.

Charme vieillot

Photo: www.amazon.fr

Fils d'artisans qui construisaient de solides maisons pièce sur pièce, Rufus Wainwright a le goût de cathédrales. Or, il a le talent pour le faire, même s'il risque la surchage à l'occasion (Release the stars). Cela donne souvent un charme vieillot à ses chansons. S'il voulait être rock, il est plutôt rococo.

Pourtant, ces questionnements amoureux (Slideshow), ses rencontres dans un bar de Tulsa ou sa fatigue de l'Amérique (Going to town), tout comme sa vie trépidante entre New York, Berlin et Montréal sont complètement contemporains.

L'étoile libérée

Il reste des chansons plus épurées sur ce 5e disque. Leaving for Paris No 2 se résume à un piano, une voix et une basse. Mais pour l'ensemble, Rufus Wainwright s'est payé une musique à grand déploiement. Il y est parfaitement à l'aise et poursuit ainsi une démarche artistique entamée précédemment. Il avance donc sûrement vers l'opéra de son cru, prévu pour 2011 au Metropolitan Opera de New York.

Rufus Wainwright / Release the stars Geffen 000876702

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