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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Musique

Mise à jour le vendredi 29 septembre 2006 à 8 h 51
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Place des Arts - Pierre Lapointe

Le délectable fruit du regret délaissé

À ceux qui sont allés jusqu'à lui cueillir le fruit du regret délaissé, dans la forêt des mal-aimés, Pierre Lapointe a offert un spectacle délectable.

Lors de son premier soir à guichets fermés au Théâtre Maisonneuve, tout a été mieux que bien pour l'artiste qui avait sommé les radios commerciales de se réveiller au dernier gala de l'ADISQ.

Pierre Lapointe

Photo: Tshi

Pierre Lapointe

Celui qui a écoulé plus de 100 000 exemplaires de chacun de ses deux premiers disques a aligné vingt de ses compositions et démontré, avec deux classiques de la chanson française, qu'il est également un grand interprète. Car si Pierre Lapointe habite son columbarium, il possède aussi bien les yeux d'Émilie, ceux-là mêmes qu'avait chantés Joe Dassin.

Chassez l'arrogant...

C'est avec une autre Émilie, la reine hermaphrodite, qu'il a fait exprès d'agacer son public, d'une étonnante diversité et comprenant de sages quadragénaires peut-être troublés par l'évocation d'un entrejambe intriguant. Chassez le personnage arrogant, il revient, indolent, empoigner son micro lascivement... Mais est-il si sûr de son immense talent?

On peut en douter, parce que malgré ses facéties de dandy, il rechigne à trop se tourner en direction du parterre ou des balcons. Soutenir autant de regards requiert nettement plus d'assurance qu'il n'en fallait pour conquérir, en 2003, les quelques spectateurs qui emplissaient la petite salle du Musée Juste pour rire (dont j'étais), lorsqu'il n'avait pour seul fait d'armes d'avoir remporté la finale du Festival de Granby...

Nommez, cependant, un autre musicien de moins de 30 ans pouvant prendre pour choristes deux auteurs-compositeurs-interprètes non dénués de talent (Philippe B. et Josianne Hébert) sans que ceux-ci ne portent ombrage à son talent. Ils ne sont sûrement pas légion, même au pays des fleurs de la transe.

Entouré de violons et d'une accordéoniste en tutu, Pierre Lapointe sait résolument nous faire oublier que l'amour nous a rendus heureux.

Une critique de Lili Marin