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![]() Livres Marc Bressant Dans les coulisses de La dernière conférenceMise à jour le jeudi 26 mars 2009 à 12 h 19 Un texte de Richard Raymond
Le récipiendaire du Grand Prix de l'Académie française 2008, Marc Bressant, a répondu présent à l'invitation du Salon du livre de l'Outaouais. En entrevue avec Radio-Canada.ca, l'auteur de La dernière conférence se révèle un homme chaleureux et plein d'humour, qui rira à plusieurs occasions. Cet ancien ambassadeur en Suède, notamment, a laissé la langue de bois au vestiaire. Le chroniqueur des ambassadeurs Car un ambassadeur doit tourner sa langue sept fois avant de se prononcer et, souvent, s'ennuie. Comme Tromelin, le héros de La dernière conférence, parachuté à Londres en octobre 1989 pour une conférence internationale sur l'information. « Un cirque burlesque », dira Marc Bressant en entrevue. Dans son journal, l'ambassadeur, libéré de la langue de bois, dresse le tableau d'une rencontre dont on n'attend rien en hauts lieux, et de ses acteurs qui se font les gardiens de l'immobilisme de l'Histoire. Seulement cette dernière n'a pas besoin d'eux pour créer de l'imprévu. Le mur de Berlin est déboulonné dans la nuit du 9 au 10 décembre. Cette conférence qui devait être un autre dialogue de sourds devient la dernière conférence de la guerre froide. Devoir de mémoire Le roman est né des réflexions de l'ambassadeur-écrivain sur le sort réservé à la chute du mur de Berlin par nos contemporains. C'est, selon lui, une date charnière dans l'Histoire, l'événement le plus important depuis 1945. Il faudrait y revenir sans cesse. Or, on a escamoté la date de la chute du mur. J'ai eu envie d'en parler parce que ça m'exaspérait qu'on l'ait passée par profits et pertes. Je trouve que le roman, c'est souvent la façon de faire voir le réel, plus que les livres d'histoire. — Marc Bressant De ce point de vue, le roman est une incarnation réussie. Selon Marc Bressant, les lecteurs ont eu le sentiment d'être dans les coulisses de la conférence, d'y voir les apparatchiks de l'organisation se faire des ronds de jambe et les délégations se jauger. Il y a un côté exotique que les gens ont apprécié. Je crois que les gens ont besoin de découvrir de nouveaux univers. — Marc Bressant Besoin d'exotisme L'auteur avoue que lui-même a besoin d'univers exotique. Il est devenu ambassadeur parce qu'enfant il voulait aller au Japon. Comme son héros. « L'idée d'aller le plus loin possible, pour couper avec mon monde et ma famille, était une idée qui devait être pacifiante », avance Marc Bressant. Tromelin, qui a fait toute sa carrière en Asie, rêve d'une nomination à l'ambassade du Japon. Toutefois, à Londres, surgit un visage qu'il n'a jamais connu dans les bras des Japonaises: l'amour. En la personne d'une femme « exotique », la Yougoslave Zorica. Cette Européenne judéo-chrétienne brusquement ramène l'ambassadeur français sur son terrain habituel: l'Europe. Dans sa vie terne déferle un ouragan. Cet homme perd ses repères. Je suis fasciné de façon générale par le basculement, le basculement des êtres. — Marc Bressant Marc Bressant établit un parallèle en politique. Un coup d'État peut bouleverser radicalement et soudainement un régime. La grande tragédie de l'Histoire, la séparation du monde en deux camps communiste et capitaliste, fait place à d'autres tragédies. Elles sont plus locales, comme le démembrement de la Yougoslavie, mais elles n'en sont pas moins tragiques pour l'écrivain. Les surprises du prix Le prix de l'Académie le rapproche-t-il du cercle des immortels? La question le fait rire avant que l'écrivain ne redevienne diplomate et déclare qu'il ne fera aucun commentaire. Il admet toutefois que recevoir ce prix est formidable. On sort des quelques milliers de lecteurs pour en avoir quelques dizaines de milliers. — Marc Bressant De plus, ce prix a attiré sur son roman l'attention de gens qu'autrement il n'aurait jamais rencontrés, notamment les organisateurs de salons du livre. Je suis vraiment dans un état de grand bonheur d'être au salon de l'Outaouais. Pouvoir échanger avec les gens, c'est émouvant. — Marc Bressant Des surprises Le roman sur la chute du mur de Berlin sera traduit. La première maison d'édition qui s'est montrée intéressée est une maison égyptienne qui le traduira pour le monde arabe. Ce n'est qu'une des aventures imprévues que le prix a réservées et continue de réserver à l'auteur de La dernière conférence. Comme les rencontres qu'il a hâte de faire avec les lecteurs de l'Outaouais. Marc Bressant a aussi écrit :Mémoires d'un vieux parapluie |