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Des vents contraires

Olivier Adam à son meilleur

Danielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada.

Mise à jour le lundi 9 février 2009 à 14 h 56

cote du film : 4

Une critique de Danielle Laurin

Une femme a disparu. Elle a laissé derrière elle son mari, ses deux jeunes enfants. Du jour au lendemain, sans préavis. Où est-elle? C'est le leitmotiv du sixième roman d'Olivier Adam, Des vents contraires (Éditions de l'Olivier).

Des vents contraires

Photo: Éditions de l'Olivier

Comment vivre avec le manque, l'absence de l'autre? C'est un des thèmes dominants de cet écrivain de 34 ans, finaliste au prix Goncourt pour son roman précédent, À l'abri de rien. Où une mère dépressive négligeait sa famille pour trouver un sens à sa vie.

Les mères dépressives: elles reviennent souvent, dans les livres d'Olivier Adam. Elles ont tendance à être suicidaires. Comme dans Falaises, paru en 2004. Où un fils, devenu père, tentait de se réconcilier avec sa mère folle, suicidée.

Des âmes en peine, ballottées par la vie, hantées par la mort. Des êtres anonymes, qui pourraient être la voisine, le voisin, vous ou moi. C'est le genre de personnages qu'affectionne l'auteur.

Son grand art consiste à les faire parler, avec justesse, sans artifice.

Ici, c'est le mari qui raconte. Comment le doute, constamment, l'assaille. Sa femme disparue a-t-elle refait sa vie ailleurs? Et pourquoi est-elle partie?

D'accord, il n'a pas été un mari parfait. Il a plusieurs choses à se reprocher: son caractère colérique, son égocentrisme, son amour du whisky... Mais elle l'aimait, non?

Leur vie, comme couple et comme famille, pouvait ressembler à ce qu'on pourrait appeler le bonheur, après tout. Le bonheur, c'est-à-dire ce qui « toujours échappe et ne prend forme qu'au passé ».

Non, elle n'aurait pas pu le quitter comme ça, abandonner ses enfants. Alors? Elle a été enlevée? Agressée, tuée? Comment savoir? Un an après sa disparition, les policiers semblent avoir baissé les bras.

Un nouveau départ

C'est dans ce contexte que le mari décide de quitter, avec ses deux enfants, la petite maison familiale en banlieue de Paris, où rôde le fantôme de sa femme. Pour tenter un nouveau départ, en Bretagne, où il est né.

Se sauver. Sauver ses enfants de la désolation. C'est son but. La petite de 4 ans ne cesse de faire des cauchemars. Le plus grand s'enferme dans son mutisme. Il faut faire quelque chose, absolument.

Le déménagement. La vie qui reprend son cours peu à peu. Les autres éclopés qu'il rencontre sur son chemin, qu'il tente d'aider. C'est ce qu'il nous raconte, cet homme égaré, dévasté, cet écrivain qui n'écrit plus, ce mari qui n'a plus de femme.

Et nous, nous l'attendons avec lui, cette femme disparue. Nous espérons. Jusqu'à la fin. Jusqu'à ce que tombe le couperet de la vérité. Que la vie reprenne le dessus, malgré tout.

Des instants magiques

Extrêmement touchant, Des vents contraires. Mais jamais larmoyant. Quelque chose de lumineux, même. Des instants magiques, qui se produisent sans s'annoncer. Et une tendresse infinie pour les enfants.Peut-être quelques longueurs, oui. Et des scènes qui pourraient être taxées de flirter avec le bon sentiment. Un peu comme certains l'ont reproché à Anna Gavalda pour Ensemble, c'est tout.

Question de goût. Mais la texture de la voix. La petite musique mélancolique qui nous entre dans la peau. La façon de mettre le doigt sur ce qui fait mal. La façon d'établir un climat. Tout ça, c'est du Olivier Adam à son meilleur.

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