Dimanche 12 février 2012 20 h 58 HNE
![]() Livres Reporters sans frontières Bilan d'un engagementMise à jour le vendredi 19 décembre 2008 à 12 h 01 Un texte de Kamel Bouzeboudjen
Pour marquer son départ de Reporters sans frontières, Robert Ménard publie Des libertés et autres chinoiseries (Robert Laffont). Un livre bilan. Robert Ménard est devenu, au fil du temps, une personnalité très médiatisée en France, et partout dans le monde. C'est normal, il a fondé en 1985 Reporters sans frontières, l'ONG la plus importante de défense de la liberté de la presse. Durant 23 années, il a parcouru le monde, publié des centaines de communiqués, organisé des dizaines de manifestations dans le but de libérer des journalistes emprisonnés ou pour venir en aide à des journaux interdits. Tout en faisant le bilan de son action à la tête de Reporters sans frontières, Robert Ménard profite de l'occasion pour régler des comptes avec quelques journalistes et certains hommes politiques. Il reproche à certains journalistes de faire mal leur métier en ne vérifiant pas leurs informations, se contentant parfois de ce qu'ils trouvent sur Internet. Il les appelle les journalistes Wikipédia. Quant aux hommes politiques, il leur reproche de faire passer la raison d'État avant la cause des droits de l'homme. Il accuse même le président français Nicolas Sarkozy d'avoir pratiqué un double discours au sujet de la Chine. M. Sarkozy aurait fait le contraire de ce qu'il avait promis à M. Ménard. Image écornée Cette image de défenseur de la liberté de la presse contre les puissants de ce monde est toutefois écornée par une information récurrente, qui circule sur la toile. Certains auteurs et journalistes reprochent à Robert Ménard de recevoir de l'argent d'un organisme américain, proche du département d'État. Cette information suggère qu'en raison de ce financement, Reporters sans frontières épouserait les thèses de la CIA sur des pays comme Cuba et le Venezuela d'Hugo Chavez. Dans Libertés et autres chinoiseries, Robert Ménard tente de tordre le cou à cette information. Il explique dans tout un chapitre que l'argent reçu par les Américains représente 2,3 % du budget de l'ONG, soit 132 000 euros (224 545 $CA). Ce qui n'entame en rien l'indépendance de RSF, selon lui. Les auteurs de ces informations sont essentiellement des Québécois. Il s'agit de Jean-Guy Allard et de Jacques Lanctôt. Pour Robert Ménard, les deux auteurs sont inféodés au régime de Fidel Castro et il avance qu'ils sont téléguidés par La Havane pour contrer les multiples campagnes de RSF pour la liberté de la presse dans l'île. Une question s'impose: pourquoi continuer à recevoir ce financement controversé? La campagne chinoise
On découvre dans le livre que la campagne de RSF contre les autorités chinoises à l'occasion des Jeux olympiques a été suspendue quelques mois. M. Ménard nous apprend qu'il avait entamé des négociations avec les autorités par l'intermédiaire d'un homme d'affaires chinois. Finalement, les négociations ont frappé un mur, et Reporters sans frontières a repris de plus belle sa campagne contre la Chine. L'ancien secrétaire général de Reporters sans frontières donne moult détails sur l'organisation de cette campagne tous azimuts contre le régime chinois. Comme cette cérémonie perturbée à Olympie, dont les images ont fait le tour du monde.
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