Lundi 28 mai 2012 12 h 31 HAE
![]() Livres «Livres comme l'air» Se battre avec des motsMise à jour le vendredi 21 novembre 2008 à 15 h 57 Un texte de Richard Raymond Au Salon du livre, habituellement, les chaises sont occupées par des écrivains qui dédicacent leur livre à des lecteurs, des admirateurs. Pourtant, un stand se démarque par 10 chaises vides. Pour rappeler au public que des écrivains sont emprisonnés dans le monde. Leur crime: délit de parole. Alors, 10 écrivains d'ici ont décidé de montrer leur appui à 10 écrivains emprisonnés dans 9 pays, en dédicaçant une de leurs oeuvres.
C'est l'un des volets du projet « Livres comme l'air », dont la neuvième édition, cette année, est parrainée par l'écrivain François Barcelo, que Radio-Canada.ca a rencontré au Salon du livre. La chose la plus difficile à concevoir, c'est que ça puisse faire une différence. — François Barcelo En effet, comment imaginer qu'une dédicace, faite de mots adressée à un écrivain emprisonné à des milliers de kilomètres d'ici, puisse le faire libérer? Cette question, on pourrait dire ce doute, n'a pas empêché les Québécois de dédicacer leur livre. Cette question ne les empêchera pas de lire vendredi après-midi leur dédicace devant le public du Salon du livre. La pression internationale François Barcelo est de ceux-là. Toutefois, il n'est pas naïf sur le résultat de cette action: « Ce n'est pas ça qui va les faire libérer ». Il croit plutôt à l'autre volet de « Livres comme l'air »: la pression publique internationale sur les gouvernements qui font du délit de paroles un crime. Il y a ici la possibilité de signer sept pétitions. Ces pétitions seront envoyées aux représentants des gouvernements qui emprisonnent ces sept écrivains. Et cela peut faire une différence, parce que, dans la plupart des cas, ce sont des écrivains qui sont totalement oubliés. — François Barcelo De dix, le nombre de pétitions a été réduit à sept parce que deux écrivains ont été libérés avant l'ouverture du Salon du livre. Le troisième a demandé que la pétition soit retirée, car elle pourrait nuire à sa cause. François Barcelo ajoute que les sept croupissent en prison parce que leur gouvernement respectif s'imagine que leur sort est absolument inconnu. De voir que 10 000 personnes signent une pétition, ça ne leur fait pas peur, mais ça les gêne un peu. Dès lors, ils auront peut-être des recours judiciaires un peu plus justes. — François Barcelo Il cite le cas de l'écrivain afghan Sayed Perwiz Kambakhsh. Le jeune homme a été condamné à mort parce que son frère a écrit quelque chose sur un blogue qui a déplu au gouvernement afghan. Ironique, François Barcelo s'empresse d'ajouter: « Gouvernement soi-disant démocratique que nous appuyons ». L'écrivain, lui, a dédicacé son livre au prix Nobel Aung San Suu Kyi: « Depuis 13 ans, elle est privée de sa liberté parce qu'elle a gagné ses élections, c'est tout. Vous me direz que, peut-être, il y a des gens qu'on aimerait voir emprisonnés après les prochaines élections ». Au journaliste de Radio-Canada.ca qui réclame des noms, M. Barcelo répond seulement: « On en reparlera le 9 décembre ». Lisez la dédicace que François Barcelo adresse à Aung San Suu Kyi. Des libérations Les pétitions exercent-elles vraiment une pression sur les gouvernements étrangers? Depuis que le projet a été lancé il y a huit ans, 39 écrivains ont été libérés. L'un d'eux, le Vietnamien Thich Quang Do, est moine et romancier. En 2001, il avait été jumelé à Yann Martel. Le simple fait de savoir que le monde extérieur ne m'avait pas oublié et continuait à oeuvrer pour ma libération a été une immense source d'encouragement durant ces jours sombres. Je vous dois ma liberté et je ne l'oublierai jamais. — Thich Quang Do Un témoignage fort qui montre la force du mot. Libérateur. « Livres comme l'air » est un projet conjoint d'Amnistie internationale, de l'UNEQ et du centre québécois du PEN international. Liste des jumelages
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