
Nouveauté
Une critique de Florence Meney
C'est un tout petit roman, si peu de pages, vraiment. Il est divisé en courts chapitres qui suivent (un temps, du moins), l'alphabet.
Pas très impressionnant à priori, que ce petit roman, qui se révèle pourtant dans son modeste écrin une perle d'écriture et d'imagination, au-delà de et peut-être aussi grâce à (l'excellente) traduction de l'anglais canadien au français.
Toute cette histoire est assez improbable, écrit d'emblée C. S. Richardson. Toute cette histoire est assez improbable, conclut-il à la dernière page.
Et en effet, La fin de l'alphabet exige du lecteur une forme d'abandon, un léger effort, surtout pour les plus rationnels. Effort largement récompensé.
Ambroise Zéphyr est graphiste, et il est amoureux de l'alphabet, qui jalonne et rythme sa vie depuis toujours. C'est un esthète, et fondamentalement un original. Il a aussi la capacité de voir au-delà de l'immédiat, dans le passé. Surtout, il aime une femme dont il est passionnément aimé, Zappora Ashkenazi, alias Zip.
Trente jours, de A à Z
Froidement, son médecin lui annonce un matin qu'une maladie incurable l'emportera dans exactement 30 jours. Entre stupeur et espoir, Zip et Ambroise se lanceront à corps perdu dans un étrange périple à travers les villes du monde, au gré de l'alphabet, A pour Amsterdam, puis B pour Berlin, C pour Chartres...
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Sous les cieux étrangers, entre rire et larmes, au gré des souvenirs et des regrets, Zip et Ambroise vivront en accéléré l'aventure d'une vie. Avant la lettre z.
Difficile de caractériser ce premier roman de C.S. Richardson, directeur du département graphique de la maison d'édition Random House à Toronto, qui, écrit-on sur le site des éditions Alto, a causé la surprise en se hissant rapidement dans les palmarès des meilleures ventes. Pas difficile à croire, d'ailleurs. Et plutôt rassurant.
Force et pureté
La prose poétique de La fin de l'alphabet s'apparente en effet à un long chant du cygne, un hymne à l'imaginaire et à l'amour.
L'écriture de Richardson allie dépouillement et lyrisme, deux qualités plutôt contraires, pourrait-on pourtant penser. Elle parvient sans peine, dans un souffle que l'on croit à tort anodin, à nous toucher aux larmes, dans notre désir de beauté, d'éternel, et dans notre angoisse face à la mort.
Un livre aussi beau et grand en portée que petit en taille.
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La fin de l'alphabet |