
Essai
![]() Photo: Société Radio-Canada Henri Barras (à droite) en compagnie du journaliste Claude Deschênes |
Il y a quatre ans, Henri Barras a eu un choc. Cet historien de l'art, ancien directeur du Musée d'art contemporain de Montréal et directeur artistique de la Place des Arts, a eu l'occasion de monter une exposition avec des personnes souffrant de problèmes de santé mentale.
Ces femmes et ces hommes avaient suivi des ateliers d'art thérapeutique qu'offre depuis près de 20 ans l'organisme montréalais Les Impatients. « Ça a été un profond bouleversement de voir à quel point il y avait de la créativité chez ces gens qui ne sont pas artistes », confie Henri Barras au journaliste Claude Deschênes.
Cette rencontre a provoqué chez le penseur et artiste de carrière une réflexion sur la création, exposée dans De l'art cuit à l'art cru, aux sources de la création. L'essai est lancé le 11 avril.
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Je me suis rendu compte que toute ma carrière a été faite du côté de l'art cuit et que la vérité était vraiment du côté de l'art cru. — Henri Barras
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Cuit, cru: mode d'emploi
L'art cuit, c'est l'art éduqué, résume Henri Barras. « Ce sont les artistes qui suivent une carrière, qui obtiennent des diplômes, des expositions... », explique-t-il.
« Tandis que l'art cru, est d'une vérité absolument totale », poursuit l'essayiste. L'art cru, c'est grosso modo celui des amateurs. Un exemple: l'art thérapeutique que pratiquent les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ou les prisonniers.
« C'est phénoménal à quel point c'est beau, s'exclame-t-il. Ils vont chercher cela au plus profond d'eux-mêmes. On est donc en face de l'art vrai. On est au coeur même de l'être humain, qui cherche à communiquer avec l'autre. »
Des automatistes crus!
Les vertus prêtées à l'art cru n'échappent toutefois pas aux artistes professionnels, nuance Henri Barras. « Les automatistes étaient au coeur de la matière et de l'expression pure », illustre-t-il. Ce mouvement avant-gardiste de l'après-guerre a bouleversé l'art québécois. De nos jours, une flopée de créateurs peuvent se réclamer de l'art cru, ajoute-t-il.
Cet homme qui a consacré sa vie à éveiller le public à la culture insiste pour que les jeunes soient initiés au plus bas âge possible. « Mais il ne faut surtout pas les déformer », prévient Henri Barras. On les déforme, poursuit-il, quand un parent dit à son enfant que son dessin est joli. « L'enfant veut entendre la vérité sur ce que présente son dessin, dit-il. Si sa maison n'a pas de fenêtre, il veut dire qu'il étouffe. Il y a un message qu'il faut décoder. »
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De l'art cuit à l'art cru
Cet ouvrage contient plus d'une vingtaine d'oeuvres réalisées par les participants des ateliers des Impatients. L'essai inaugure également une nouvelle collection, appelée Les Impatients, qui s'intéressera aux rapports entre les arts et la santé mentale. |
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De l'art cuit à l'art cru - aux sources de la création |
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