Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Livres

Mise à jour le lundi 14 novembre 2005 à 8 h 50
Envoyer à un ami

Bande dessinée

Paul dans le métro

Ces temps-ci, pour le bédéiste et illustrateur québécois Michel Ragliati, un événement n'attend pas l'autre, et les entrevues dans les médias défilent, ce qui, explique-t-il au Guide culturel, est à la fois génial et un peu déstabilisant : « Les dessinateurs de bande dessinée sont plutôt des êtres qui travaillent seuls, dans leur sous-sol, un peu isolés ».

L'auteur émerge du Salon international du livre de Québec et a été l'invité d'honneur du 18e Festival de la BD de la vieille capitale. Déjà fort de plus de 15 000 exemplaires vendus pour ses trois premiers albums, le bédéiste québécois, maintenant de renom international, nous livre le quatrième tome des aventures de son alter ego, l'attachant Paul.

Paul, urbain et nostalgique
Cette fois, le très montréalais héros vit une série de courtes aventures dans le métro. Paul dans le métro est en effet une compilation de récits parus dans diverses publications. Toujours riche en impressions, l'art de Michel Rabagliati trace pour nous les visages du Montréal des années 70, par le regard du jeune protagoniste, de sa famille et de ses amis. Des bouffées de nostalgie monteront aux lecteurs de cette génération (et des autres) en voyant les dessins délicats, dépouillés, en noir et blanc, ceux par exemple du restaurant de chez Eaton ou des studios de la station de radio CKAC, ou des panneaux publicitaires et des escaliers en fer forgé des rues du Plateau, longés par les bagnoles de votre enfance (ou de celle de vos parents).

Un univers familier et chaleureux
On est loin ici d'un certain courant de bédé pour adultes pleine de violence, d'érotisme brutal, de nihilisme, même. Des pages cartonnées, des échanges pleins d'humour léger surgit ici encore l'univers de tendresse, de souvenirs plus souvent doux qu'amers et d'aventure urbaine ordinaire tout à fait uniques à l'auteur.

La mainmise du « mainstream »
Michel Rabagliati est heureux de la publicité qui entoure son plus récent album. Il explique qu'il est en effet difficile de se faire connaître d'un large public quand beaucoup de librairies mettent en avant les BD « mainstream », riches en illustrations vives, les Lucky Luke ou Titeuf, par exemple. Pour sa part, l'artiste, de toute évidence trempé au bain de la littérature, privilégie le texte, les mots et l'histoire, car, dit-il, trop souvent, le lecteur est attiré par le dessin pour s'ennuyer ensuite au fil d'un scénario sans intérêt.

Exporter Montréal
L'auteur explique qu'il travaille actuellement à un autre volume substantiel dont Paul est le héros. « Il me faut environ un an et demi pour produire un album ». Michel aimerait commencer à songer à vivre de sa plume, mais n'en est pas là, et conçoit qu'au Québec, la chose est difficile. En attendant, il connaît aussi le succès à l'étranger, est publié en quatre langues en plus du français. Eh oui, Michel et son double Paul, deux Montréalais pure laine, voyagent ainsi bien loin sans quitter leur chez eux !

Florence Meney

Paul dans le métroMichel RabagliatiÉditions de la Pastèque2005

* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes