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Cinéma Drame social

Cruelle immigration clandestine

Mise à jour le mercredi 22 avril 2009 à 14 h 54

Un texte de Lili Marin

Guillermo Villegas, Paulina Gaitan et Gerardo Taracena dans Sin Nombre

Photo: Alliance Films

Guillermo Villegas, Paulina Gaitan et Gerardo Taracena dans Sin Nombre

Tenter de gagner les États-Unis en voyageant sur les toits des trains de marchandises pendant plusieurs jours et plusieurs nuits n'a rien d'un pique-nique. C'est pourtant ce que font des milliers de personnes d'Amérique centrale, qui fuient la misère et espèrent une vie meilleure au pays de l'Oncle Sam.

Le réalisateur américain Cary Joji Fukunaga a lui aussi effectué la difficile traversée du Mexique avant de tourner Sin Nombre, son premier long métrage de fiction. Il a alors été témoin d'actes de banditisme de la part de membres de gangs, des Maras.

Cela lui a inspiré cette histoire où s'entrecroisent les destins d'une jeune femme partie du Honduras avec son père pour aller vivre au New Jersey et d'un jeune homme qui veut se sortir d'une organisation violente.

Au Festival de Sundance, Sin Nombre a remporté les prix de la meilleure réalisation et de la meilleure cinématographie dans la catégorie film dramatique.

Dans un souci de réalisme, Cary Joji Fukunaga a choisi une partie de sa distribution dans la rue, notamment Edgar Flores, qui joue le criminel malgré lui. Des centaines de figurants, qui incarnent la masse des migrants, ont participé au tournage, étalé seulement sur sept semaines.

L'action se déroule essentiellement en extérieur, montrant la beauté des paysages du sud. Souvent à hauteur d'homme, la caméra fait ressentir la menace que représentent les énormes monstres métalliques que sont les trains.

Une terreur sans nom

Sin Nombre, qui signifie « sans nom » en espagnol, vise à faire voir le point de vue de ces gens souvent stigmatisés, considérés comme une sous-classe dans les pays du Nord, et même au Mexique.

Le réalisateur qualifie son film de tragédie grecque, tandis que la productrice estime qu'il s'agit d'un western.

Le film décrit aussi l'emprise des gangs dans des milieux très défavorisés sur le plan socio-économique, où les liens familiaux se sont effilochés. On y voit un très jeune garçon se faire recruter et devenir un enfant-soldat consentant, content d'appartenir à une fraternité et d'avoir le pouvoir que donnent les armes, malgré ses scrupules quant à ce qu'on lui demande de commettre.

Au milieu de cet univers patriarcal et tribal, les jeunes filles apparaissent impuissantes.

Cary Joji Fukunaga

Photo: Alliance Films

Le réalisateur Cary Joji Fukunaga

Une équipe de haut calibre

Cary Joji Fukunaga a écrit le scénario de Sin Nombre à l'invitation du Festival de Sundance, qui avait bien apprécié son court métrage Victoria para Chino. Ce film portait sur des immigrants abandonnés dans un camion suffoquant au Texas.

Le cinéaste s'est entouré de la productrice Amy Kaufman, qui a travaillé à de nombreux films remarqués:

  • The constant gardener, de Fernando Meirelles
  • 21 grams, d'Alejandro Gonzalez Inarritu
  • Y tu mama tambien, d'Alfonso Cuaron

L'acteur mexicain Gael Garcia Bernal a agi à titre de producteur exécutif.

En salle le 24 avril

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