Lundi 28 mai 2012 12 h 27 HAE
![]() Fantastique
Benjamin Button: de vieux bébé à jeune vieillardMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le mercredi 24 décembre 2008 à 12 h 26 Une critique de Michel Coulombe David Fincher n'a pas fini de surprendre. On pouvait avoir l'impression de deviner à quoi pouvait ressembler un film de David Fincher, particulièrement lorsqu'il met Brad Pitt en vedette. Après tout, ils ont tourné ensemble Se7en et Fight Club. Des films sombres. Très durs. Voilà que le tandem se lance dans la course aux Oscars avec The curious case of Benjamin Button (L'étrange histoire de Benjamin Button). Comme le répète un des personnages du film: « On ne sait jamais ce que la vie vous réserve. » Le récit est inspiré d'une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, dont il diffère considérablement. On y suit la vie d'un homme de sa naissance à sa mort. Sauf que chez lui le fil des événements est inversé, en raison d'une horloge. On voit naître Benjamin à la fin de la Première Guerre mondiale. Ce vieux bébé trouve un foyer d'adoption sur mesure: une résidence pour personnes âgées. Son handicap y passe presque inaperçu. Avec les années, il rajeunit. Inexorablement. Dans la force de l'âge, il rencontre une jeune fille qui pourrait bien être la femme de sa vie. Si elle vieillit de quelques années, et s'il rajeunit d'autant, peut-être que...
The curious case of Benjamin Button est un film sur le temps qui passe, et sur les occasions qu'il faut saisir lorsqu'elles se présentent. Et cela, autour d'une convention narrative originale. Cet élément fantastique déjoue les habitudes du spectateur et fait penser, par sa façon de déjouer le temps, au Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. Le cinéaste en tire généralement un bon parti. Adolescent inexpérimenté dans un corps de vieillard. Vieil homme défait dont on jurerait qu'il a la vie devant lui. Aussi, l'émotion est-elle souvent au rendez-vous. Bratt Pitt: jeunesse et maturité Cette fois encore, David Fincher est bien servi par Brad Pitt. Certes, son interprétation est largement tributaire des manipulations numériques et des transformations physiques. N'empêche, on ne saurait imaginer acteur plus approprié pour incarner à la fois la jeunesse et la maturité. Il forme avec Cate Blanchett, très gracieuse dans le rôle d'une danseuse, un couple très attendrissant.
Le film fait près de trois heures. On peut supposer qu'il aurait eu plus d'impact s'il avait été plus court. L'histoire suit le fil du journal de Benjamin Button, lu de la première à la dernière page. Il y a quelques années encore, il aurait fallu escamoter des pans entiers d'un tel récit pour rendre crédible le vieillissement. Ou le rajeunissement. Ici on traverse minutieusement le siècle. La Seconde Guerre mondiale. Les Beatles à la télé. Katrina à La Nouvelle-Orléans. Ce qui en a amené certains à faire des rapprochements, précipités, avec Forrest Gump. Peut-être la vie est-elle comme une boîte de chocolats. Mais c'est aussi une histoire, cruelle et attendrissante, dont on connaît la fin, quelle que soit la façon dont on la raconte.... À lire aussi 14 juillet 2009 Les deux Che de Soderbergh29 mars 2009 Le retour de Grande Ourse27 mars 2009 La série noire de Harrison Ford20 mars 2009 Douze Russes en colère18 mars 2009 Prédictions: catastrophique film-catastrophe13 mars 2009 L'empreinte de l'ange: la guerre des mères13 mars 2009 Redécouvrir Dédé9 mars 2009 La résurrection d'André Forcier3 mars 2009 Australia: trop de tout |