Mercredi 10 février 2010 3 h 41 HNE
![]() Quantum of solace
La recette James BondMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Mise à jour le vendredi 14 novembre 2008 à 12 h 22 Une critique de Michel Coulombe Les James Bond sont des objets cinématographiques parfaitement calibrés. De l'action, de l'exotisme, de jolies filles. Ainsi, au moment de lancer en salles un nouvel opus, l'équipe marketing doit-elle déployer des trésors d'imagination pour nous promettre que ce sera exactement ce à quoi on s'attend. Et quelque chose de tout à fait nouveau. Le changement dans la continuité, quoi. Le vingt-deuxième épisode de la lucrative saga entreprise il y a plus de 45 ans ne déroge pas à la règle. Quantum of solace (007 Quantum, en français) est en fait la suite de Casino Royale. Daniel Craig endosse dans chacun de ces deux films maculés de sang le smoking du célébrissime agent secret. Mais il y a plus. À la fin de Casino Royale, on constatait la trahison de Vesper Lynd. Celle qu'aimait James Bond. Le nouveau film fait place à sa vengeance. Cette volonté de régler des comptes est partagée par l'une des Bond Girls. On a exécuté sa famille sous ses yeux.
Voitures et gadgets Comme le veut la tradition, Quantum of solace offre son lot de voitures performantes, de gadgets technologiques et de déplacements aux quatre coins du monde. Cette fois, James Bond fait du grabuge en Italie, en Haïti, en Autriche, en Russie et en Bolivie. Les réserves d'eau de ce pays sont d'ailleurs au centre de l'intrigue. On évoque la présidence de ce pays, décrit comme éminemment corrompu, comme s'il s'agissait d'une contrée imaginaire. L'interventionnisme américain est par ailleurs montré du doigt. Daniel Craig campe, toujours avec talent, un James Bond très solide, très viril. Une authentique machine à tuer. Un homme impitoyable. Avec lui, l'humour, l'érotisme et un certain charme anglais ont été mis en veilleuse. La brutalité occupe l'avant-plan. Qu'il suffise pour mesurer le phénomène de s'arrêter à la façon dont le film commence. Au bout d'une dizaine de secondes, on comprend qu'on se trouve au milieu d'une poursuite effrénée. Cinq secondes plus tard, on tire des coups de feu en rafale. Le ton est donné.
Poursuites et bagarres Marc Foster signe un pur film d'action. Rythme trépidant. Montage nerveux. Explications minimales. De nombreuses bagarres. Une série de poursuites sur quatre roues, sur mer et dans les airs. Tout cela culmine avec une formidable explosion, sans laquelle le public resterait probablement sur sa faim. James Bond trouve-t-il le soupçon de réconfort dont le titre original fait état? Pas certain. Arrive-t-il vraiment à se pardonner, comme on le lui suggère? Rien n'est moins sûr. Mais c'est sans importance. Ce qui compte avant tout, c'est qu'on passe deux heures au cinéma sans trop s'interroger sur le pourquoi et le comment. Et l'on sait que l'on sera de nouveau au rendez-vous dans deux ou trois ans. Lorsqu'on nous promettra un film tout à fait nouveau qui ressemble à s'y méprendre à ce que l'on connaît par coeur. Peut-être est-ce là, en fait, que se trouve le soupçon de réconfort... À lire aussi 14 juillet 2009 Les deux Che de Soderbergh29 mars 2009 Le retour de Grande Ourse27 mars 2009 La série noire de Harrison Ford20 mars 2009 Douze Russes en colère18 mars 2009 Prédictions: catastrophique film-catastrophe13 mars 2009 L'empreinte de l'ange: la guerre des mères13 mars 2009 Redécouvrir Dédé9 mars 2009 La résurrection d'André Forcier3 mars 2009 Australia: trop de tout |