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Cinéma Haïti - Montréal

Fabienne Colas, ambassadrice du cinéma

Mise à jour le mercredi 17 septembre 2008 à 11 h 53

Un texte de Claude Couillard

Actrice et scénariste, elle a mis sur pied la Fondation Fabienne Colas.

Photo: FIFHM

Actrice et scénariste, elle a mis sur pied la Fondation Fabienne Colas.

L'actrice montréalaise Fabienne Colas se consacre corps et âme au cinéma qui traite de son pays d'origine, de sa riche culture, de son peuple et de son importante diaspora.

Star à Haïti, elle est notamment connue ici comme la fondatrice du Festival international du film haïtien de Montréal (FIFHM).

Du 17 au 21 septembre, le jeune événement présente une cinquantaine de films d'Haïti, du Québec, des États-Unis, du Brésil, de la France et de la diaspora d'ailleurs.

Toutefois, Fabienne Colas met au monde d'autres projets par l'entremise de sa fondation.

Moins médiatisés, ils ont également pour mission de faire éclore et de promouvoir le septième art haïtien, dans toute sa diversité.

Premier répertoire du cinéma haïtien

Au cours des dernières années, la Fondation Fabienne Colas a notamment réalisé la toute première base de données qui répertorie toutes les oeuvres du jeune cinéma haïtien.

Le premier film, Mais je suis belle, date de la fin des années 60. À l'heure actuelle, la base contient une centaine de titres.

« On est rendu à l'année 2004, précise Fabienne Colas. Il se fait tellement de films qu'on n'arrive pas à être à jour. »

Depuis 2000, le septième art haïtien est en pleine effervescence, autant à Port-au-Prince que dans les métropoles de la diaspora, Montréal, New York ou Miami.

Créée sans aucune subvention, la base de données a été constituée avec l'aide de bénévoles. Elle sera éventuellement disponible sur Internet.

Fabienne Colas, présidente et fondatrice du Festival international du film haïtien de Montréal

Photo: FIFHM

Fabienne Colas, présidente et fondatrice du Festival international du film haïtien de Montréal

Ateliers et fonds d'aide

En 2006, une dizaine de journalistes culturels haïtiens ont suivi un séminaire sur le journalisme, les questions déontologiques, etc. Au terme des trois jours, ils étaient appelés à couvrir le FIFHM.

Les journalistes économiques, politiques ou judiciaires des pays en développement reçoivent des formations, signale Fabienne Colas. « Mais les journalistes culturels sont toujours laissés pour compte », déplore-t-elle.

La même année, un réalisateur hollywoodien originaire d'Haïti, Sacha Parisot, a animé des ateliers de montage et de réalisation. Ils réunissaient des cinéastes québécois issus eux aussi de la diaspora.

L'actrice souhaite multiplier de telles expériences au cours des années à venir.

Fabienne Colas rêve également de mettre sur pied un fonds d'aide cinématographique. Il viendra en aide aux cinéastes d'origine haïtienne « qui sont vraiment dépourvus de tout », dit-elle.

Ces réalisateurs pourraient provenir du Québec, d'Haïti, des États-Unis ou d'ailleurs. Ce sont eux qui donnent vie au septième art haïtien d'aujourd'hui, qui le forgent, qui lui créent une identité multiple.

Minuit sans subvention

Première réalisation de l'actrice Fabienne Colas, Minuit ouvre le 4e FIFHM, le 17 septembre. Le film, entièrement tourné à Montréal, traite notamment du vaudou. « C'est l'histoire d'un garçon atteint d'une maladie incurable, raconte la jeune réalisatrice. Sa mère souhaite conserver l'âme de son fils dans le corps d'un homme en parfaite santé. »

Ce long métrage de fiction n'a bénéficié d'aucune subvention. « J'ai complètement produit le film, précise-t-elle. Les délais étaient courts. On voulait que le film soit prêt pour le festival [...] Et le processus de demandes de subventions peut prendre un ou deux ans. »

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