Dimanche 12 février 2012 11 h 35 HNE
![]() Léa Pool ![]() Maman est chez le coiffeur: chronique des années 60Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Une critique de Michel Coulombe Maman est chez le coiffeur. La phrase est anodine. Trompeuse. On aurait tout aussi bien pu laisser entendre qu'elle se trouve chez le marchand de légumes. Au bureau. Ou à la plage. Puisqu'il s'agit d'un mensonge. D'une réponse toute faite donnée par des enfants soucieux de ne pas exposer la vérité. Incapables de répondre: « Maman nous a quittés ». Certaines choses ne se disent tout simplement pas. Alors que faire lorsqu'une mère confesse: « Si je pars pas, je vais mourir. » L'histoire se passe en 1966, au Québec, dans une famille bien sous tous rapports. Le père est microbiologiste, la mère journaliste. Le couple a trois enfants. Un coup de fil ébranlera le cours paisible de leur vie. « Avant cet été, je croyais que tout le monde était heureux », affirme l'un des enfants. Scénario autobiographique
Le scénario de Maman est chez le coiffeur est d'Isabelle Hébert. Il est autobiographique. Pourtant, on y reconnaît bien l'univers de la cinéaste Léa Pool. Notamment parce qu'on y retrouve un Québécois d'origine étrangère. Une évocation d'une sexualité refoulée. Et, comme dans Emporte-moi, les blessures d'une famille des années 60. L'action se passe à la campagne, en Montérégie. La reconstitution historique s'en trouve grandement simplifiée. La cinéaste mise sur la musique pour faire revivre l'époque. On y chante C'est le temps des vacances et Bang Bang. Françoise Hardy et Claude Léveillée. L'inusable Yaya de Joël Denis. Bobino, la guerre du Vietnam et les Beatles situent l'époque. Les baby-boomers seront comblés. Les enfants à l'avant-plan
La distribution comporte des valeurs sûres. Céline Bonnier, Laurent Lucas, Gabriel Arcand. Mais ce sont les jeunes acteurs qui occupent l'avant-plan. À commencer par les deux frères et la soeur, Marianne Fortier, Élie Dupuis et Hugo St-Onge-Paquin. Ce dernier est surprenant dans le rôle d'un jeune surdoué dyslexique. Enfant fragile qui se love dans une valise pour supplier sa mère de ne pas l'abandonner. Avant qu'elle ne se transforme en fantôme cathodique... Au fond, Maman est chez le coiffeur ne raconte pas grand-chose. Le film accompagne quelques enfants le temps d'un été. Témoins malheureux du chagrin de leurs parents. Maladie, séparation, violence. Certains s'inventent un père autrichien pour ne plus penser à tout ce qui ne va pas. D'autres se coupent prudemment du monde. Cette chronique estivale a quelque chose d'un manuel de survie. Parfois un peu superficiel, souvent très touchant. À lire aussi 14 juillet 2009 Les deux Che de Soderbergh29 mars 2009 Le retour de Grande Ourse27 mars 2009 La série noire de Harrison Ford20 mars 2009 Douze Russes en colère18 mars 2009 Prédictions: catastrophique film-catastrophe13 mars 2009 L'empreinte de l'ange: la guerre des mères13 mars 2009 Redécouvrir Dédé9 mars 2009 La résurrection d'André Forcier3 mars 2009 Australia: trop de tout |