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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le vendredi 14 septembre 2007 à 8 h 01
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Eastern promises

Du sang et du sentiment

cote du film : 3.5

Une critique de Michel Coulombe

On met à peine quelques secondes à comprendre qu'Eastern promises est un film de David Cronenberg. Rapidement on découvre une adolescente enceinte qui tient à peine sur ses jambes. Elle demande de l'aide, car elle perd son sang. Du sang, on en reverra à quelques occasions au cours des cent minutes qui suivront. Ainsi en va-t-il du réalisateur de Crash et de The fly.

Si l'on tue quelqu'un, il montre la plaie et aussi le sang qui gicle. L'oeil que l'on crève. Les doigts que l'on coupe. Avec une évidente fascination.

Eastern promises est le prolongement direct du précédent film de David Cronenberg, A history of violence. Dans les deux films, la vie d'une famille est perturbée au contact d'une organisation criminelle. A history of violence épousait le point de vue de gens en apparence tout à fait ordinaire. Eastern promises inverse la perspective. Le récit est construit autour de la mafia russe et des codes qui la régissent. Dans le premier film, Viggo Mortensen interprétait un homme au-dessus de tout soupçon. Dans le second, imperturbable, le corps couvert de tatouages, il est à l'emploi d'un chef de clan. Dans les deux cas, son personnage, plus complexe qu'il n'y paraît, porte un lourd secret.

Retour à Londres

David Cronenberg

Photo: AFP/JONAS EKSTROMER

David Cronenberg (archives)

David Cronenberg est l'une des figures emblématiques du cinéma canadien. N'empêche, l'action de Spider se passait à Londres. Celle de A history of violence dans l'Indiana. Et Eastern promises marque un retour dans la capitale anglaise. Quant aux premiers rôles, ils sont tenus par des Américains et des Anglais, auxquels s'ajoutent, cette fois, un Français (Vincent Cassel), un Allemand (Armin Mueller-Stahl) et une Irlandaise (Sinéad Cusack). Si l'oeuvre du réalisateur de Eastern promises révèle quoi que ce soit du cinéma canadien, c'est, d'abord, un net problème identitaire.

Au coeur même du film, il y a la voix d'une adolescente immigrée. Au risque de sa vie, elle raconte son histoire. Sa vérité. Tant et si bien que son modeste journal personnel devient un objet très convoité. Certains entendent son cri de détresse, d'autres y voient une menace. Il s'agit là de l'élément le plus touchant de ce film, où la vie et la mort, indissociables, sont les deux faces d'une même pièce.

David Cronenberg signe un film nettement plus abordable, et moins tordu, que Crash, Spider ou Naked lunch. Une oeuvre sombre, réaliste, linéaire, défendue par une solide distribution. En fait, son principal défaut est probablement de marcher sur les traces de A history of violence.

Chose curieuse, tandis que le cinéaste brosse le tableau d'un monde violent, au final, il se montre plutôt sentimental. Mais pouvait-il en aller autrement d'un film dont l'action se passe, essentiellement, autour de Noël et du jour de l'An...

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