
Adolescence
La comédie pour ados pourra être vue en salles au Québec à partir de vendredi. Voici ce qu'en a pensé Michel Coulombe.
La chose étonne. Pas que l'on ait tourné un film québécois destiné aux ados. Plutôt qu'on ait fait, jusqu'ici, peu de cas de cette clientèle qui, pourtant, fréquente assidûment les salles obscures.
Il y a bien eu des films isolés, dans le style de Coyote, qui mettait en vedette Mitsou, et Dans une galaxie près de chez vous, inspiré d'une série culte de VRAK-TV. Mais il y avait une place à prendre. À vos marques... Party! comble ce vide.
Dans le cinéma pour adolescents à la nord-américaine, les pulsions amoureuses jouent un rôle de premier plan. À ce chapitre, il y a ceux qui sont populaires, ceux qui sont rejetés, ceux aussi qui ne parlent que de cela.
À vos marques... Party! reprend ce modèle et le sert sur fond bleu piscine. Après tout: « Les sports aquatiques, ça fait les plus beaux bodys. » Gaby, le personnage principal, a renoncé à la natation. Le garçon le plus en vue de l'école est champion de natation. Le héros absolu est plongeur olympique. Bref, des maillots pour tout le monde!
L'âge ingrat impose quelques incontournables. Le film en livre l'inventaire. Des parents séparés. Un besoin de conformité. Le sport comme territoire de dépassement. La certitude d'être absolument incompris. L'incapacité d'exprimer correctement ses sentiments. Tout y est. Rien ne manque à l'appel.
![]() Photo: Christal Films |
Alexandre Despatie et Andrée Watters à l'écran
La promotion du film revendique la différence québécoise. Elle se vérifie notamment dans la participation d'Alexandre Despatie et d'Andrée Watters. Mais on a vite fait de saisir les limites de cette déclaration d'indépendance. Dès le générique d'ouverture, on entend une chanson en langue anglaise. Autant s'y faire, À vos marques... Party! est l'un de ces films où l'on accompagne le spectateur en musique de la première à la dernière image.
Le financement non traditionnel de cette production ouvre la porte à un placement de produit pas toujours très subtil. Comment ne pas tiquer lorsqu'on voit les personnages se donner rendez-vous dans un McDonald's quand, justement, l'ambassadeur de la chaîne, Alexandre Despatie, joue dans le film. Manque de finesse...
Impossible par ailleurs de dire si le film confirme ou révèle le talent de ce dernier devant la caméra. Exception faite de son nom, Olivier Duclos, le personnage se confond parfaitement à l'interprète. Un plongeur adulé qui habite Laval, ça vous fait penser à qui? Quant au reste de la distribution, qu'il suffise de dire que, comme dans les séries Watatatow ou Ramdam, on y croise des adolescents de tous les âges...
À vos marques... Party! est un film sympathique, un petit film bien ciblé qui ne renouvellera pas le genre. Pour tout dire, on n'est pas très loin de ce qu'offre la télévision, avec des séries comme Degrassi ou Dawson's creek. En voyant les plans d'ensemble, les ralentis ou encore certains adultes caricaturaux, on a une forte impression de déjà vu.
Ce qui étonne davantage, c'est le milieu homogène, blanc et francophone, que reflète le Collège Sainte-Victoire. La preuve, s'il en fallait une, qu'il s'agit bel et bien d'une fiction...