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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le vendredi 26 janvier 2007 à 11 h 38
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

France

Il ne faut jurer de rien

cote du film : 3

Une critique de Michel Coulombe

Le film d'époque est probablement à la France ce que le western est aux États-Unis. Un genre dont on annonce régulièrement la disparition et qui, pourtant, ne meurt pas. Bien au contraire...

On a emprunté l'histoire de Il ne faut jurer de rien à Alfred de Musset. L'action se passe en 1830, entre la mouvance révolutionnaire et les soubresauts de la monarchie. Un marchand en quête de légitimité, un homme qui mange à tous les râteliers, veut associer son nom à la noblesse. Comme il est prêt à tout, il fait appel à son neveu, un parti bien peu recommandable, avec lequel il fait un pari qui révèle l'insensibilité des deux hommes. Mais peu à peu la vérité des sentiments balaiera tout ce cynisme.

Le film d'Éric Civanyan n'a rien d'une lourde reconstitution d'époque. Le ton est à la comédie. Les dialogues ont parfois de l'esprit et les personnages rivalisent de ridicule. Ainsi, la baronne désargentée se fait culbuter par le bon abbé. Les ambitions du parvenu semblent bien pathétiques. La nonchalance apparente du séducteur laisse entrevoir, derrière le masque, un coeur amoureux. Et la bravade de la fille à marier ne parvient pas à dissimuler ses élans. Même ce pauvre Lafayette apparaît comme un vieillard gâteux.

Héritiers de Louis de Funès et de Bebel

Photo: Société Nouvelle de Distribution (S.N.D.)

Gérard Jugnot

Les trois acteurs principaux s'inscrivent dans la pure tradition française. En commerçant qui voit grand, dépouillé par les uns et les autres, Gérard Jugnot reprend, avec plus de rondeur, l'agressivité et les mimiques en moins un emploi qui aurait convenu, jadis, à Louis de Funès.

Dans le rôle d'un charmeur insouciant et fin causeur, Jean Dujardin marche clairement sur les traces de Gérard Philippe et, de manière encore plus nette, sur celles de Jean-Paul Belmondo. Enfin Mélanie Doutey, dans la peau d'une jolie jeune femme au tempérament de feu, héritière insoumise, rappelle Sophie Marceau.

Ce film n'a certes pas l'étoffe de Ridicule ou le panache de La fille de d'Artagnan. Il n'a pas non plus toujours le ton qui conviendrait. De plus, il s'égare parfois en s'éloignant du dramaturge qui l'a inspiré.

Photo: Société Nouvelle de Distribution (S.N.D.)

Mélanie Doutey et Jean Dujardin

On y trouvera un agréable divertissement. Un objet un peu daté, certes, mais où l'on reprend avec bonne humeur les conventions du libertinage. Soirées coquines. Allusions à peine voilées. Torride partie de bilboquet. Le film ouvre d'ailleurs sur le gros plan de lèvres gourmandes. On aurait aimé les voir plus audacieuses...

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