
Nouveauté - DVD
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Ce documentaire sort en DVD. Retour sur la critique de Michel Coulombe.
Al Gore le répète sur toutes les tribunes. Il ne sera pas candidat à l'investiture démocrate. La course à la présidence américaine ne l'intéresse plus. Très peu pour lui, merci. Désormais, il est ailleurs puisqu'il se consacre à une cause. Une seule: l'environnement. Le réchauffement climatique. Un enjeu planétaire. Une menace.
Aussi, à la fois éveilleur de consciences, militant et pédagogue, donne-t-il des conférences sur le sujet en sol américain et à l'étranger, notamment en Chine. Davis Guggenheim l'a suivi.
Il importe, pour rendre justice à ce documentaire, de distinguer le fond et la forme. Autant l'admettre, Guggenheim ne fait guère plus que filmer une conférence d'Al Gore. On pense aussitôt à un film de Terre Nash, If you love this planet, consacré à une conférence jugée scandaleuse de Helen Caldicott sur le nucléaire. Filmer quelqu'un qui ose prendre la parole. Le procédé est simple et efficace. D'autant plus que la présentation d'Al Gore est impeccable. L'homme sait capter l'attention de son public.
Du plomb dans l'aile
Le film perd aussitôt de sa force lorsqu'il s'éloigne de ce cadre. Lorsque l'homme public prend le pas sur la cause qu'il défend. Est-il bien utile de voir Al Gore à l'aéroport pour comprendre qu'il se déplace? De savoir qu'il a failli perdre son fils il y a de cela plusieurs années pour mesurer l'importance du legs aux générations futures?
Peut-être le cinéaste cherchait-il à rendre plus attachant ce politicien jugé trop distant. Chose certaine, chaque fois qu'il s'écarte du sujet de la conférence d'Al Gore, son film a du plomb dans l'aile.
Implacable démonstration
La démonstration effectuée par cet environnementaliste se révèle très convaincante. Terrifiante aussi. La fonte des glaces arctiques. Les records de chaleur. La multiplication affolante des ouragans. Des chiffres qui ne laissent aucune place au doute.
D'autres, bien sûr, ont fait le constat avant Al Gore. D'autres ont fait entendre la sonnette d'alarme. Des spécialistes de toutes sortes, preuves en main, chiffres en tête. Peut-être l'appel au secours aura-t-il plus de poids parce qu'il vient d'un homme politique expérimenté. Qui plus est, d'un Américain. Si tel est le cas, les habitants de la planète bleue seront éternellement redevables à Al Gore.
On aura alors vite fait de pardonner ses faiblesses à ce documentaire qui expose « une vérité qui dérange ».