Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le vendredi 3 mars 2006 à 14 h 30
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté

Transamerica

Une critique de Michel Coulombe

cote du film : 3

Ah!, l'attrait de la différence. Les êtres à part fascinent. Ou, du moins, ils intriguent, ils troublent, ils dérangent. C'est assurément le cas des transsexuels. Un film québécois, Le sexe des étoiles, abordait le sujet il y a quelques années, autour du thème de la paternité, ou de la maternité, selon le point de vue. Transamerica marche sur ses pas, en misant sur la comédie et le mélodrame.

Briser les chaînes du passé
Transamerica prend la forme d'un road movie. Une de ces traversées de l'Amérique dont le cinéma américain ne se lasse pas. Cette fois, la communion avec le territoire, avec le pays profond, doit éclairer les rapports jusque-là inexistants entre un père et son fils, aux antipodes. Le plus jeune vit à New York, le plus âgé, bientôt une femme, à Los Angeles. Rouler sur les routes de l'Amérique constitue pour eux une façon de se libérer des chaînes du passé pour mieux avancer.

L'aveu
Le film de Duncan Tucker s'articule autour d'une menace. Une presque femme y vient au secours d'un adolescent qui se prostitue. Deux sexualités désordonnées, finalement pas plus anormales que celles des gens autour. Le geste généreux de cette presque femme n'est pas innocent. Après tout, elle est son père, ce qu'elle ne parvient pas à lui dire. En fait, tout le film est construit autour de l'attente de cette révélation. Forcément cela va se produire. La chose paraît inévitable. Mais à quel moment et quelles seront les conséquences de cet aveu? Tout est là.

Felicity Huffman
Naturellement, on parlera beaucoup de ce film en raison du jeu de Felicity Huffman. Les transsexuels comme les handicapés constituent des défis de taille pour les acteurs. Des occasions de se faire valoir et de recevoir des récompenses. L'audace dans ce cas-ci consistait à faire appel à une actrice pour tenir le rôle d'un homme qui devient une femme. Huffman, l'une des actrices-vedettes de Desperate housewives, compose un étrange personnage, ni homme ni femme, dont la maladresse et la raideur font penser à celles de Johnny Depp dans Edward scissorhands. Lèvres pincées, précieuse, féminité appuyée, Huffman fait de Bree une de ces personnes qu'on regarde, qu'on remarque, qui ne passe pas inaperçues. En fait, l'interprétation de l'actrice est beaucoup plus impressionnante que le film.

Where is the beef ?
Transamerica n'est en effet pas une oeuvre inoubliable. Heureusement, on y teinte les dialogues d'une touche d'humour pince-sans-rire. Cela ne fait pas complètement oublier que le film, platement tourné, comporte des longueurs et ne donne pas beaucoup plus que ce qu'il annonce. Comme le dit si bien Bree dans la langue de Molière: « Quel dommage! »

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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.