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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Cinéma

Mise à jour le vendredi 3 mars 2006 à 13 h 52
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Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Nouveauté

Capote, un grand film

cote du film : 4

Une critique de Michel Coulombe

Truman Capote compte parmi les plus grands écrivains américains du siècle dernier. Auteur admiré et curieux personnage. L'auteur Gerald Clarke a consacré un livre à ce qui entoure l'écriture du dernier livre de Capote, In cold blood. Bennett Miller en tire aujourd'hui un film. L'un des meilleurs de l'année qui s'achève.

Obsession
Tout commence par le meurtre crapuleux de quatre personnes au Kansas, le 15 novembre 1959. Le récit prend fin des années plus tard avec la mise à mort des criminels. L'écrivain doit écrire un simple article sur ce fait divers pour le New Yorker. Complètement obnubilé par l'affaire, tout particulièrement par l'un des assassins, il entreprend l'écriture d'un livre. Lorsqu'il s'arrête à réfléchir à ce que cet ouvrage pourrait devenir, Capote en a de la difficulté à respirer...

Vaniteux et narcissique
Dans le rôle-titre, Philip Seymour Hoffman offre une composition exceptionnelle qui devrait à tout le moins lui valoir une nomination aux Oscars. Son Truman Capote apparaît comme un homme maniéré, bavard, dandy, à la voix traînante. Une bête de cocktail à la mémoire phénoménale qui remet continuellement ses lunettes en place, parle volontiers de lui pour délier les langues et, très vaniteux, va jusqu'à payer pour qu'on le complimente. Un personnage complexe, génial et narcissique, confié à un immense acteur.

Passion dévorante
Capote raconte finalement l'histoire d'une obsession. Une passion dévorante, celle d'un homme raffiné pour un criminel (Clifton Collins jr). L'homme du monde attiré par l'animal sanguinaire. Tantôt capable de fournir des moyens financiers à son protégé pour lui permettre d'assurer sa défense, tantôt menteur, calculateur, prêt à tout pour alimenter son manuscrit. C'est ce travail de création, égoïste tout autant que déchirant, que documente le film. Celui qui conduit certains jours au bord du gouffre, dans des zones troubles. Celui qui fait espérer une reconnaissance internationale. La pérennité.

Un grand film
Capote se situe à l'opposé du cinéma spectaculaire qui promet de vous en mettre plein la vue au spectateur. Au contraire, d'une remarquable maîtrise, ambigu à souhait, le film opte pour la sobriété, l'extrême dépouillement. Et pourtant, ses images ne vous quittent plus. On appelle cela du cinéma.

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