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Changer le modèle de financement

Mise à jour le lundi 22 juin 2009 à 13 h 03

Festival international de jazz de Montréal

Photo: La Presse Canadienne /Jean Francois Le Blanc

Festival international de jazz de Montréal

Le Québec a changé depuis 40 ans et l'État ne peut plus maintenir le modèle de financement de la culture privilégié actuellement. Telle est la principale conclusion d'une étude intitulée Le système culturel québécois en perspective

Ce rapport inédit d'une centaine de pages sur l'état du financement public de la culture au Québec a été produit en décembre dernier par un fonctionnaire du ministère de la Culture, Claude Edgar Dalphond.

Ce dernier prédit qu'on devra se résoudre à assister au déclin de la culture québécoise, si le gouvernement Charest ne donne pas un coup de barre dans le financement des arts.

Si rien n'est fait pour adapter les politiques culturelles aux réalités contemporaines, il faut envisager pour l'avenir un affaiblissement de la culture au Québec.

— Claude Edgar Dalphond

Selon M. Dalphond, fonctionnaire aujourd'hui à la retraite, le déclin de la culture québécoise se fait sentir particulièrement à Montréal, où le nombre d'immigrants non francophones est important.

Le problème soulevé par M. Dalphond, c'est celui de l'exclusivité du soutien financier de la culture par l'État. Il y voit l'effet pervers suivant : le désintérêt du secteur privé, des consommateurs et surtout d'éventuels mécènes pour le financement dans la culture. Chacun tient pour acquis que Québec payera la facture.

Il faudra se demander si le rôle déterminant de l'État en culture ne pourrait pas expliquer les réserves des mécènes, qui se sentiraient davantage interpellés par des secteurs moins bien soutenus.

— Claude Edgar Dalphond

Il ajoute que tôt ou tard, les mécènes, le secteur privé et les consommateurs devront accepter de débourser davantage pour maintenir une culture vivante.

Les réalités contemporaines

Pour M. Dalphond, deux réalités contemporaines résument la problématique. Il en parle comme de défis à relever pour maintenir une culture vivante:

  • le vieillissement accéléré de la population
  • la hausse du nombre d'immigrants non francophones

Le déclin de la population québécoise de souche entraîne déjà une réduction de 50 % de la taille du marché de la culture. Comme l'apport démographique des Québécois n'est pas très élevé, la taille du marché pourrait encore rétrécir, dit M. Dalphond.

Le contexte démographique signifie que désormais on ne pourra atteindre un des grands objectifs depuis la Révolution tranquille - l'accès de la culture au plus grand nombre - qu'à un « coût extrêmement élevé ».

En conséquence, des institutions et des organismes culturels québécois devront faire un effort pour développer de nouvelles clientèles. Toutefois, M. Dalphond prévient que les immigrants arrivent avec des codes culturels différents des nôtres, ce qui complique les choses.

Investir plus, est-ce possible?

L'auteur se demande si, dans ce contexte, l'État pourra faire davantage. Difficilement, répond-il, en notant que le gouvernement assume déjà 53 % des dépenses faites en culture.

Or la dette du Québec est la plus élevée au Canada, par rapport à son PIB. Ce qui signifie, selon M. Dalphond, que le Québec dispose d'une marge de manoeuvre bien limitée pour accroître son financement en culture. D'ailleurs, avec 0,6 % de son PIB réservé à la culture, l'effort du Québec équivaut déjà, toutes proportions gardées, à ce que font la France et les États-Unis, écrit-il dans son rapport.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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