Lundi 28 mai 2012 6 h 08 HAE
![]() Théâtre
Le psychomaton: Pourquoi le monde est sans amour?Lili Marin est journaliste à Radio-Canada.ca. Mise à jour le mardi 3 mars 2009 à 15 h 12 Une critique de Lili Marin
De bonnes intentions suffisent rarement à changer le monde, et un bon flash à faire une bonne pièce. Ainsi, la protagoniste du Psychomaton se heurte à des problèmes plus grands que ses moyens, tandis que la production du Groupe ad hoc ne parvient pas à éviter les écueils du drame urbain. Elle arrivait pourtant de la Vieille Capitale portée par une rumeur favorable, comptant sur une vedette du petit et du grand écran pour attirer les foules. Or, le personnage que défend tant bien que mal Hélène Florent (La galère, Dans les villes, Yellowknife), Josée, manque de crédibilité. On voudrait bien croire que cette employée de dépanneur de la basse-ville de Québec, détentrice d'un maigre diplôme d'études secondaires, élabore une théorie sur la détresse humaine et fasse référence à Nietzsche. L'idée d'offrir aux gens un confessionnal nouveau genre, qui fournit une pensée philosophique au bout de quelques minutes de la même manière qu'un photomaton tire des portraits, était fort sympathique. Cependant, les longues tirades de Josée sonnent davantage comme un message de l'auteure que comme la réflexion d'une fille de sa condition. Tous les autres personnages ne servent qu'à illustrer son propos, à montrer que la vie est laide et que « notre époque est assoiffée de spiritueux ». Les femmes sont des victimes (de violence conjugale, d'exploitation sexuelle, de dépendance aux drogues, d'obsessions compulsives et de solitude) et les hommes sont des minables, tout juste bons pour de petits crimes. Cette galerie est certes distrayante, grâce au jeu des interprètes et à certaines répliques bien tournées (« Depuis que j'ai lâché l'école pour la colle, toutes mes idées sont comme scotch tapées ensemble »). Elle devient toutefois lassante parce que trop prévisible.
Même constat du côté de la mise en scène, qui prend le parti d'un certain réalisme. C'est une musique digne d'un film américain qui assure les transitions entre les scènes. Discutable. En fait, la pièce fait penser à un long métrage de Charles Binamé: Le coeur au poing. Elle aborde elle aussi une thématique sociale avec un mode de narration parcellaire, essayant de tracer une touchante fresque contemporaine. De toute évidence, ce qui fonctionnait relativement bien au cinéma, il y a déjà plus de dix ans, ne s'avère pas aussi heureux sur scène. Dommage. Le psychomaton
Émission
Le psychomaton: une machine à saisir les états d'âme
Second regard - 1er mars 2009 À lire aussi 27 mars 2009 La fusion du ballet et du breakdance23 mars 2009 Woyzeck: rouge, couleur passion...13 mars 2009 Hôtel Pacifique: le couple dans l'impasse5 mars 2009 «Réveillez-vous et chantez!»... un air suranné26 février 2009 Un Bollywood, P.Q., kitsch et wild13 février 2009 Le théâtre abstrait de Christian Lapointe9 février 2009 Kiss Bill 2: la violence ridiculisée30 janvier 2009 Scotstown, l'aliénation du Québec profond23 janvier 2009 Le pillowman ou la fin de l'innocence |