Lundi 13 février 2012 6 h 37 HNE
![]() Plus Arts visuels Claude Tousignant, l'ingénieur de la couleurMise à jour le jeudi 5 février 2009 à 16 h 00 Un texte de Lili Marin Il a marqué l'histoire de l'art au Québec, mais n'appartient pas encore au passé figé. Claude Tousignant a fait scandale dans les années 1950 et pousse encore plus loin ses recherches aujourd'hui. Le Musée d'art contemporain de Montréal lui offre une rétrospective aussi monumentale que ses oeuvres. C'est la première fois que le musée consacre autant d'espace à un seul artiste. L'exposition s'étale dans six salles, et occupe même la salle vidéo, transformée pour l'occasion en salle de maquettes de sculptures encore à réaliser. Présentée en ordre essentiellement chronologique, elle commence par le premier tableau signé Claude Tousignant, alors étudiant. Dans un coin du musée, les conservateurs ont tenté de recréer l'impression visuelle que donnait la galerie l'Actuelle en 1956, lorsqu'elle exposait des toiles sur lesquelles Claude Tousignant avait appliqué des couleurs vives en aplat, et dont l'objectif avoué était de briser l'espace pictural. Celui-ci devient de plus en plus grand au fil des ans, et ne s'apprécie plus simplement de manière frontale. Les lignes semblent bouger de manière différente selon l'angle avec lequel on regarde le tableau. « L'oeil tente de reconstituer les relations entre les couleurs, mais est toujours interrompu », explique l'un des conservateurs de l'exposition, Mark Lanctôt. Une bonne part du travail revient en effet à celui qui contemple les oeuvres. Ainsi, impossible d'apercevoir en un seul coup d'oeil Espace mnémonique, un ensemble de 12 toiles disposées sur quatre murs blancs. Ces grands rectangles noirs ressemblent un peu à des notes de piano géantes, mais dont les côtés sont peints dans une gamme étonnante de couleurs. Claude Tousignant a changé notre manière de ressentir la couleur. — Paulette Gagnon, conservatrice de l'exposition Cliquer sur « captions » pour voir les légendes du diaporama. Alors qu'« on a tendance à voir le 20e siècle comme une succession d'avant-gardes très rapides, il y a de quoi être fier qu'à Montréal une production aussi riche que celle de Claude Tousignant ait pu germer et se développer sur 60 ans », conclut Mark Lanctôt.
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Claude Tousignant
Musée d'art contemporain de Montréal |