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![]() Plus Photographie Un oeil sur l'autreMise à jour le vendredi 7 novembre 2008 à 10 h 41 Un texte de Lili Marin
Montre-moi ce que tu vois de l'autre que je ne vois pas, une exposition nomade sur la diversité culturelle, s'arrête quelques semaines à la TOHU, au coeur d'un quartier métissé, Saint-Michel. Ce projet, qui vise à favoriser l'ouverture, possède une véritable valeur artistique. Les oeuvres exposées s'éloignent du didactisme qui va trop souvent de pair avec ce genre d'entreprise. Inattendus, intimistes, complices ou décalés, les points de vue présentés tracent un portrait original de Montréal. La commissaire Johanne Bergeron s'est beaucoup inspirée du World Press Photo et a opté pour de grands formats, saisissants. Les photos de Marie-Reine Mattera et Emmanuel Joly sont prises à partir de l'habitacle d'une voiture, utilisant parfois le rétroviseur pour ajouter une dimension aux paysages. Des bancs de neige, une rôtisserie portugaise, une façade de Dollarama et une chaîne de vélo en gros plan font ressentir le caractère de la ville telle qu'on l'aperçoit en la traversant. Gilbert Duclos s'attache aussi beaucoup à la rue et à ses passants improbables. On aime particulièrement la photo d'une personne emmitouflée marchant devant le « Studio de bronzage idéal ». Yves Beaulieu sort de la sphère publique et pénètre dans les commerces et dans les appartements.
Quant à Olivier Hanigan, qui avait remporté le grand prix du concours de photographie Lux en 2006 pour un étonnant portrait de Jacques Languirand vu de ses sourcils, il tente d'effacer les différences en photographiant ses sujets le visage illuminé seulement par le rire. Plutôt que de nous en méfier, il serait à mon sens plus sain de célébrer les différences culturelles. — Alejandro González Iñárritu, réalisateur de Babel, cité dans l'exposition Montre-moi ce que tu vois de l'autre que je ne vois pas, c'est aussi les réflexions de différentes personnalités québécoises. La députée bloquiste d'origine libanaise Maria Mourani, la comédienne d'origine grecque Tanya Kontoyanni, le chorégraphe Roger Sinha, né à Londres d'un père indien et d'une mère arménienne, le violoniste Alexandre Da Costa et l'humoriste André Moreau commentent des coupures de presse sur les questions de l'immigration et de l'intégration. Maria Mourani va plus loin et juxtapose à un éditorial de Carole Beaulieu, publié dans L'Actualité, le poème Speak what de Marco Micone, adaptation « ethnique » du fameux poème de Michèle Lalonde sur le colonialisme. L'exposition poursuit sa tournée pendant encore une année.
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Montre-moi ce que tu vois de l'autre que je ne vois pas
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TOHU, la Cité des arts du cirque |