Lundi 28 mai 2012 2 h 24 HAE
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En quête d'un AilleursLili Marin est journaliste à Radio-Canada.ca. Mise à jour le jeudi 30 octobre 2008 à 9 h 09 Une critique de Lili Marin Quand les légendes familiales s'entremêlent à la mythologie égyptienne et que la petite histoire se superpose à la grande, les personnages deviennent plus grands que nature. Ceux d'Ailleurs, la dernière création d'Absolu Théâtre, sont tous en quête de quelque chose qui dépasse leur petite existence. Que ce soit des origines glorieuses, un meilleur sort pour les Palestiniens des territoires occupés ou, plus simplement, l'amour, ils cherchent à transcender le quotidien, tandis que leurs destins s'entrelacent.
L'auteur et metteur en scène, également directeur artistique de la compagnie, Serge Mandeville, a pillé les histoires de sa propre famille pour écrire cette pièce touffue. Il s'est aussi servi du mythe d'Osiris, dans lequel la jalousie s'installe entre deux frères, et d'événements marquants dans l'histoire récente du Moyen-Orient. Celui qui a déjà cosigné, avec Igor Ovadis, une adaptation de Crime et châtiment de Dostoïevski a su habilement organiser les conflits, grands et petits, pour que l'intrigue ne perde pas le spectateur. Le propos est clair, la langue réaliste sans être plate, et le texte a du rythme, notamment grâce à l'intervention du fantôme de la grand-mère, qu'on voit ici jeune, interprétée par la magnifique Monia Chokri. Quelques boîtes de carton et une poignée d'accessoires, dont une boîte à musique « pharaonique », suffisent pour que la magie opère. Quand quelqu'un raconte et quelqu'un écoute, c'est de la musique, déjà. — La grand-mère Une chance, parce que la proximité de la salle intime du Prospéro ne pardonne ni les longueurs ni les lourdeurs.
Bien que peu connus encore, les acteurs ont la carrure nécessaire pour faire croire l'invraisemblable - ou sinon, donner envie d'y croire. Véronique Marchand, vue plus tôt cette saison dans Carnet de voyage, du Théâtre des deux mondes, campe avec aplomb une étudiante qui a à coeur la cause que défendait Rachel Corrie lorsqu'un bulldozer israélien l'a écrasée en mars 2003. Benoît Drouin-Germain, dans le rôle du personnage central, est attendrissant comme peuvent l'être les jeunes hommes naïfs à 20 ans. Quant à François-Xavier Dufour, qui a reçu l'an dernier le prix de la relève Olivier Reichenbach pour son interprétation de Charles Vétheuil dans La dame aux camélias, au TNM, il incarne avec fougue le frère aîné. Particulièrement sulfureux lorsqu'il laisse un message pornographique à son ex qu'il tente de reconquérir, il sait aussi jouer la froideur, voire le mépris, face à son cadet. Ailleurs aurait très bien pu n'être qu'un exercice de mémoire autobiographique ou s'empêtrer dans un message à valeur politique, et non dramatique. Mais Serge Mandeville réussit à ouvrir sa pièce sur le monde à partir d'un cours à l'UQAM et à proposer une réflexion sur la compréhension d'une culture étrangère à partir d'un film loué à la Boîte noire. Ailleurs
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