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Lundi 28 mai 2012 12:21 HAE

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Mise à jour le mercredi 16 avril 2008 à 10 h 44
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Danse

Nelly Arcan à l'hippodrome

Un texte de Lili Marin

Nelly Arcan

Photo: Martine Doyon

Nelly Arcan

L'auteure de Putain et de Folle prend part à l'installation déambulatoire L'Écurie, à l'invitation de la chorégraphe Manon Oligny. Les deux artistes à la chevelure blond platine partagent ainsi, à la SAT, leurs préoccupations sur la féminité, le corps et la beauté.

Installée en régie, Nelly Arcan tapera en direct de courtes phrases qui galoperont sur un cyclorama. Elle puisera son inspiration dans la danse des trois interprètes (Anne Le Beau, Karina Iraola et Sophie Corriveau, en remplacement de Mathilde Monnard, blessée). Chacune sera isolée dans sa stalle, autour de laquelle les spectateurs pourront l'observer de tous bords tous côtés.

Rencontre

L'éclairage ne dirigera pas le regard du spectateur. « C'est plus un éclairage de sécurité, pour que personne ne trébuche sur les tenants en bois », dit le scénographe Yannick Macdonald, rencontré avec la chorégraphe dans le local de répétition, en pleine construction des boxes, lundi.

Nelly ne vient pas expliquer. Je ne voulais pas une femme qui critique d'autres femmes, parce que ça peut tomber dans la "bitcherie". On retrouve son côté scalpel, avec des bouts lyriques et des bouts rentre-dedans. — Manon Oligny

Au commentaire poétique et violent de l'écrivaine se superposeront des statistiques, compilées en direct grâce à un appareillage technique. Les pas, les sauts et la fougue seront notés grâce à un algorithme conçu par le vidéaste Simon Laroche.

L'Écurie, de Manon Oligny

Photo: Nicolas Ruel

L'urgence de sortir, inspirée par une oeuvre d'Helmut Newton

« J'ai choisi l'image de la jument, parce qu'on y associe aussi la parade », explique Manon Oligny, qui ajoute que la femelle du cheval est plus difficile à dompter que le mâle. Elle poursuit la réflexion amorcée avec Pouliches, présenté à Tangente l'automne dernier (et qui sera à Bruxelles en juin). Elle traitait alors l'oeuvre de Cindy Sherman, une photographe qui se mettait en scène dans des clichés contestant l'image et le rôle de la femme.

Auparavant, Manon Oligny s'était interrogée sur le corps de la femme-objet, notamment dans XX...x Étude #1 sur la séduction (1998), puis sur le corps performant, entre autres dans L'Éducation physique (2006). L'Écurie se veut une synthèse de tout ce travail.

La danse est un compromis entre la révolte et la séduction. — Nelly Arcan

Il y a un aspect brut, cru et sauvage dans cette dernière oeuvre, dont la création a été « ultrapulsionnelle », raconte Manon Oligny. Aussi a-t-elle choisi pour sa trame sonore « des gros drums, qui rentrent dans le ventre » (signés Gilles Brisebois, le bassiste de Daniel Bélanger, qui a aussi joué avec Jean Leloup), plutôt que de la musique contemporaine, comme on entend souvent dans les spectacles de danse.

Manon Oligny

Photo: Erwin Booster

Manon Oligny

Manon fait de la danse... et de la lecture

La directrice de la compagnie Manon fait de la danse est fascinée par l'univers des écrivains. « Ça ouvre ton imaginaire, et ça a des échos chorégraphiques. » Pour une oeuvre présentée au défunt Festival international de nouvelle danse, elle avait fait appel à la sulfureuse Christine Angot, connue pour ses autofictions, comme L'inceste. Même si la chorégraphe avait été très contente des textes, elle dit de cette expérience de collaboration que c'était « l'enfer ». C'est une tout autre histoire avec Nelly Arcan, qui s'est beaucoup impliquée dans le processus, venant presque à toutes les répétitions. Pourtant, cette auteure ne connaissait pas du tout l'univers de la danse contemporaine.

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