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Le Fonds canadien de télévision (FCT) n'a pas tardé à réagir à la décision de Vidéotron de cesser de lui verser ses paiements mensuels.
« Le Fonds canadien de télévision a décidé ce matin [mercredi] de retenir les services de conseillers juridiques pour analyser toutes les options et avenues possibles pour corriger au plus vite ce problème, » a dit Claire Samson, présidente de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), qui siège aussi au conseil d'administration du FCT.
Selon Mme Samson, la décision de Vidéotron et de Shaw (qui a aussi cessé ses paiements) est illégale. Elle rappelle que les contributions des câblodistributeurs au FCT ne sont pas des contributions optionnelles, mais qu'elles sont encadrées et décrétées par le CRTC.
Elle ajoute que la suspension des paiements des deux câblodistributeurs vient de paralyser l'industrie au Canada, tant en anglais qu'en français. Elle affirme qu'uniquement d'ici à la fin mars, cela représentera un manque à gagner de 25 millions de dollars, dont quelque 8 millions en productions françaises. « Ça veut dire qu'il y a des émissions qui ne se feront pas et d'autres qui seront annulées. Des emplois seront perdus », a-t-elle soutenu à la Première Chaîne radio de Radio-Canada.
À titre de présidente de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec, elle dit que la décision est en quelque sorte « une prise en otage. » Selon elle, Vidéotron et Shaw veulent forcer le gouvernement à établir des règles qui leur sont favorables, en ignorant les besoins de l'industrie et en faisant fi de l'avenir de la radiodiffusion.
Les producteurs veulent donc que le CRTC exerce pleinement son autorité et fasse respecter ses règlements. Ils demandent aussi au premier ministre Stephen Harper et à la ministre du Patrimoine, Bev Oda, d'intervenir et de soutenir le CRTC en ce sens.
Radio-Canada et CBC visés
Dans un lettre adressée au FCT, le PDG de Quebecor Pierre-Karl Péladeau a indiqué que Vidéotron cessait de lui verser ses paiements mensuels « jusqu'à ce que des changements substantiels soient apportés à sa gestion et à ses orientations ».
Vidéotron n'est pas le premier à recourir à cette stratégie. En décembre dernier, la compagnie albertaine Shaw Communications a aussi retiré son soutien financier au FCT.
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La société d'État Radio-Canada-CBC a reçu en 2006 une subvention de 1,006 milliard de dollars... Il nous apparaît inacceptable qu'[elle] reçoive en plus des contributions significatives et des garanties de la part du Fonds. — Pierre-Karl Péladeau
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![]() Pierre-Karl Péladeau (archives) |
Quebecor n'accepte pas que le FCT réserve à CBC et à Radio-Canada 37 % des sommes consacrées au financement de la production.
« Il faut comprendre qu'il n'y a pas un sou qui va à Radio-Canada. C'est de l'argent qui va à des maisons de productions qui produisent pour Radio-Canada », a déclaré la présidente de l'APFTQ à la radio de Radio-Canada.
Dans sa lettre adressée à l'organisme, le PDG de Quebecor déplore « le peu d'écoute des gestionnaires de ce fonds envers les principaux bailleurs de fonds privés et le peu de considération apportée à leur point de vue dans la prise de décision ».
Tout comme son vis-à-vis albertain, Shaw Communications, Pierre-Karl Péladeau demande à la ministre du Patrimoine canadien, Bev Oda, de revoir en profondeur la structure de gestion et de représentation du FCT.
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Le Fonds canadien de télévision
Créé en 1996, cet organisme a jusqu'ici versé 2,3 milliards de dollars pour financer plus de 4500 productions réalisées en français, en anglais et en langues autochtones. Les projets constituent autant des dramatiques que des émissions pour enfants, des documentaires ou des émissions consacrées aux variétés et aux arts de la scène. |
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