L'affaire Coffin
Donald Marshall
David Milgaard
Guy Paul Morin
Benoît Proulx
Michel Dumont
Thomas Sophonow


Donald Marshall fils (Nouvelle-Écosse)

« Le système judiciaire s'est payé la tête de Marshall à chaque instant. »
conclusion du rapport de la commission royale d'enquête, 1990

28 mai 1971. Sandy Seale, un jeune de 17 ans est poignardé dans un parc de Sydney. Ce soir-là, Donald Marshall, le jeune Micmac qui l'accompagne, dit aux policiers qu'ils ont croisé deux hommes et que c'est l'un deux qui a poignardé son compagnon. (D'après le résultat des interrogatoires et la commission d'enquête qui sera menée en 1990, il est plausible que les deux adolescents aient tenté de voler les deux hommes). Le jeune Marshall est connu des policiers, notamment du détective en chef de la police de Sydney, John McIntyre: il a déjà été trouvé coupable de délits mineurs (comme avoir vendu de l'alcool à un mineur). Sandy Seale meurt le lendemain. Les experts légistes ne pratiquent aucune autopsie.

Quant aux policiers, ils n'ont pas pris de photographies des lieux du crime et n'ont pas retrouvé l'arme utilisée. L'enquête est bâclée, et Donald Marshall est arrêté. Lors du procès, la Couronne appelle des prétendus témoins à la barre. Donald Marshall est condamné pour meurtre au deuxième degré. Il a alors 18 ans. Dix jours plus tard, un des deux hommes croisés par les adolescents fait des révélations. L'enquête avorte, et l'avocat du jeune Marshall n'est pas mis au courant.

En 1982, Rob Ebsary, un septuagénaire, avoue être le meurtrier. L'enquête est rouverte, et la cour d'appel acquitte Marshall. Elle le tient toutefois responsable de son propre malheur, « pour s'être parjuré à son procès. » Il a passé alors 11 ans de sa vie en prison. Deux ans plus tard, il reçoit une indemnité de 270 000 $. Il lui en reste la moitié une fois les frais judiciaires payés. On ne lui fait aucune excuse publique.

En 1986, le gouvernement met sur pied une commission royale d'enquête, trois ans après sa promesse de le faire. Les conclusions, livrées en 1990, sont dévastatrices envers ceux qui ont géré l'affaire. C'est en quelque sorte le système judiciaire de Nouvelle-Écosse qui subit à son tour un procès. Dans son rapport de plus de 16 000 pages, la commission conclut que les intervenants ont fait preuve de racisme, d'incompétence et de corruption au cours du procès. Un des témoins de la couronne, un adolescent, avait déjà souffert de troubles psychiatrique. L'autre a avoué en 1982 qu'il n'était pas dans le parc le soir du meurtre.

« Toute l'enquête de McIntyre, consista uniquement à supporter cette thèse (de la culpabilité de Donald Marshall) et à écarter ce qui l'infirmait. »

Les témoins ne furent pas les seuls à ignorer leurs vraies obligations dans cette affaire. Le procureur aurait dû interroger à fond ces témoins peu fiables. Quant à la défense de Marshall, elle fut bâclée et peu soucieuse d'un standard élevé de professionnalisme. »
rapport de la commission royale d'enquête, 1990

La commission ordonné que Donald Marshall reçoive 200 000 $ et une rente à vie de 3 millions de dollars.




menu