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Commentaire
de M. Durocher, du Manitoba : ( il travaille à Option
Vie du Manitoba, programme pour anciens détenus) « La
liberté d'un détenu ne doit pas se préparer
dans les six derniers mois de son incarcération. Elle doit
se préparer dès son entrée en prison. Il faut
les garder en contact avec la société d'aujourd'hui.
Il faut trouver une alternative pour éviter les 80 000 $
que ça coûte pour garder une personne en prison. Il
faut les accompagner dans leur démarche, pour les aider à
s'acclimater. Et c'est bon pour tous les détenus qui sortent
de prison. »
Anne
Panasuk : « Option vie se trouve dépassé
par le nombre de détenus âgés. »
M. Durocher : « Presque tous les détenus
âgés au Canada sont des « sentencés »
à vie. J'ai passé 23 ans de ma vie en prison. Je sais
que c'est difficile de réintégrer la communauté. »
Anne
Panasuk : « Croyez-vous que ce soit possible, quand
on a passé 25 ans en prison, d'avoir une deuxième
vie, quand on a 65 ans? »
M.
Durocher : « En autant qu'on le prépare d'avance. »
Madeleine
Roy : « Est-ce qu'on est obligé de les garder
quand leur sentence est terminée? »
Anne
Panasuk : « Quand la personne a terminé de
purger sa peine de 10 ans, par exemple, on la sort, peu importe
si elle est prête ou non. Le problème c'est que quand
quelqu'un est condamné à perpétuité,
la libération n'est que conditionnelle, et cela, quand la
personne est admissible. C'est un privilège. »
Madeleine
Roy : « Le système est ainsi fait qu'ils peuvent
rester en prison s'ils ne veulent pas sortir. »
Anne
Panasuk : « Quelqu'un qui sort en conditionnelle
après une sentence à perpétuité sera
toujours surveillé, jusqu'à sa mort. Ils n'ont pas
besoin de sécurité autour d'eux. Ils sont, selon une
expression utilisée dans le milieu, en « ménopause
criminelle ». Ils ne sont plus dangereux. Ils n'ont pas
besoin de sécurité autour d'eux et c'est la sécurité
qui coûte cher. Ils ont davantage besoin d'aide. Comme on
a fait en Colombie-Britannique, où on a formé des
détenus plus jeunes à être des aides-infirmiers
auprès des détenus âgés. Mais ce n'est
pas établi dans le système correctionnel. »
Commentaire
de M. Armstrong de Montréal : « Mon père
est décédé en prison à Kingston en Ontario,
à 61 ans, après 30 ans de prison. Il avait demandé
plusieurs fois à être libéré sous condition
et on lui avait toujours refusé. Il s'est laissé mourir. »
Madeleine
Roy : « Qu'est-ce que vous suggérez comme
solution? »
M.
Armstrong : « Un centre d'hébergement de transition
de longue durée pour leur donner un entourage, avec un infirmier,
par exemple. Ils seraient avec des anciens détenus comme
eux et se comprendraient. »
Anne
Panasuk : « Le problème c'est que les détenus
ne doivent pas fréquenter d'ex-détenus. C'est le problème
du mini centre d'accueil, mais c'est quand même une solution
qui est proposée dans plusieurs pays, aux États-Unis,
en Australie. Ils n'ont pas besoin de la prison, mais d'encadrement.
Présentement, on voit le problème, au Canada et aux
États-Unis, mais il n'y a pas de solution de proposée.
Il n'y a même pas de service spécifiquement pour les
détenus âgés et on ne prévoit pas la
chose. Il n'y a aucun privilège pour les détenus âgés.
Quand ils ont Super Écran, ils se le paient! »
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