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Adaptation pour Internet : DANIELLE BEAUDOIN

Émission du 12 décembre 2003

VIEILLIR EN PRISON

Commentaires recueillis à l'émission Place publique en compagne de Madeleine Roy et d'Anne Panasuk.

Commentaire de madame Allard, de Sherbrooke : « C'est aberrant. Le reportage est très bon. Il y a des gens qui, rendus à la retraite, n'ont que ça pour vivre. Eux, on leur a tout payé et ils se plaignent en plus! ».

Anne Panasuk : « La parodie, c'est que c'est plus dur pour eux de sortir que de rester à l'intérieur. Pour un non détenu qui n'a que sa pension à vivre, il a quand même un réseau à l'entour de lui. Un ex-détenu n'a pas de réseau, pas de famille et on lui interdit de fréquenter d'autres ex-détenus. »

 


Commentaire de M. Durocher, du Manitoba : ( il travaille à Option Vie du Manitoba, programme pour anciens détenus) « La liberté d'un détenu ne doit pas se préparer dans les six derniers mois de son incarcération. Elle doit se préparer dès son entrée en prison. Il faut les garder en contact avec la société d'aujourd'hui. Il faut trouver une alternative pour éviter les 80 000 $ que ça coûte pour garder une personne en prison. Il faut les accompagner dans leur démarche, pour les aider à s'acclimater. Et c'est bon pour tous les détenus qui sortent de prison. »

Anne Panasuk : « Option vie se trouve dépassé par le nombre de détenus âgés. »

M. Durocher : « Presque tous les détenus âgés au Canada sont des « sentencés » à vie. J'ai passé 23 ans de ma vie en prison. Je sais que c'est difficile de réintégrer la communauté. »

Anne Panasuk : « Croyez-vous que ce soit possible, quand on a passé 25 ans en prison, d'avoir une deuxième vie, quand on a 65 ans? »

M. Durocher : « En autant qu'on le prépare d'avance. »

Madeleine Roy : « Est-ce qu'on est obligé de les garder quand leur sentence est terminée? »

Anne Panasuk : « Quand la personne a terminé de purger sa peine de 10 ans, par exemple, on la sort, peu importe si elle est prête ou non. Le problème c'est que quand quelqu'un est condamné à perpétuité, la libération n'est que conditionnelle, et cela, quand la personne est admissible. C'est un privilège. »

Madeleine Roy : « Le système est ainsi fait qu'ils peuvent rester en prison s'ils ne veulent pas sortir. »

Anne Panasuk : « Quelqu'un qui sort en conditionnelle après une sentence à perpétuité sera toujours surveillé, jusqu'à sa mort. Ils n'ont pas besoin de sécurité autour d'eux. Ils sont, selon une expression utilisée dans le milieu, en « ménopause criminelle ». Ils ne sont plus dangereux. Ils n'ont pas besoin de sécurité autour d'eux et c'est la sécurité qui coûte cher. Ils ont davantage besoin d'aide. Comme on a fait en Colombie-Britannique, où on a formé des détenus plus jeunes à être des aides-infirmiers auprès des détenus âgés. Mais ce n'est pas établi dans le système correctionnel. »

Commentaire de M. Armstrong de Montréal : « Mon père est décédé en prison à Kingston en Ontario, à 61 ans, après 30 ans de prison. Il avait demandé plusieurs fois à être libéré sous condition et on lui avait toujours refusé. Il s'est laissé mourir. »

Madeleine Roy : « Qu'est-ce que vous suggérez comme solution? »

M. Armstrong : « Un centre d'hébergement de transition de longue durée pour leur donner un entourage, avec un infirmier, par exemple. Ils seraient avec des anciens détenus comme eux et se comprendraient. »

Anne Panasuk : « Le problème c'est que les détenus ne doivent pas fréquenter d'ex-détenus. C'est le problème du mini centre d'accueil, mais c'est quand même une solution qui est proposée dans plusieurs pays, aux États-Unis, en Australie. Ils n'ont pas besoin de la prison, mais d'encadrement. Présentement, on voit le problème, au Canada et aux États-Unis, mais il n'y a pas de solution de proposée. Il n'y a même pas de service spécifiquement pour les détenus âgés et on ne prévoit pas la chose. Il n'y a aucun privilège pour les détenus âgés. Quand ils ont Super Écran, ils se le paient! »

Vous pouvez revoir l'émission Place publique en compagnie de Madeleine Roy et de la journaliste Anne Panasuk.


 


POUR VISIONNER
LE REPORTAGE

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie


POUR EN SAVOIR PLUS

Des services pour les détenus :

Option-Vie
Service qui veut favoriser la réinsertion sociale des condamnés à perpétuité.

Service Oxygène
Service pour les détenus âgés logé à la maison de transition Cross Roads
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Association de réhabilitation sociale du Québec

Office des droits des détenus


Des études et réflexions sur le sujet :

« Diversité de réactions à l'emprisonnement prolongé : conséquences pour la gestion des détenus condamnés à de longues peines »
Un rapport de Frank J. Porporino, Ph. D. pour la Direction de la recherche et des statistiques du Service correctionnel du Canada

« La santé physique et mentale des délinquants âgés »
Une étude de Marlo Gal - Établissement Mountain, Service Correctionnel du Canada
. Mai 2002 (format PDF)

« Le vieillissement de la population pénitentiaire du Québec »
Réflexions du criminologue Pierre Landreville dans la Revue Sociologie et sociétés (format PDF)


Un portail d'information sur les prisons :

Prison.eu.org
Une section sur la détention des personnes âgées ou malades



L'émission Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada le vendredi à 21 h.

Elle sera présentée en rediffusion dans le cadre de l'émission Place publique, le jeudi à 12 h 30, et sera alors enrichie par des commentaires et des discussions en direct. En outre, on répondra à des questions des téléspectateurs soulevées par l'émission.

L'émission est aussi rediffusée intégralement sur les ondes de RDI le dimanche à 20 h et le lundi à 1 h.


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