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Plus
nombreux que les Britanniques, plus nombreux que les Américains,
les Canadiens sont 200 000 à vivre à Hong-Kong. Des
Canadiens nés au Canada, d'autres nés en Chine, devenus
Canadiens et de retour à Hong-Kong. Les Canadiens forment
la deuxième communauté d'étrangers en importance
ici. Six cents entreprises canadiennes sont présentes à
Hong-Kong.
Avec
la rétrocession, les Hongkongais ont cru que ce serait la
fin du capitalisme et de la liberté. C'est alors qu'est venu
l'exode, entre autres vers le Canada, pour obtenir un passeport,
mais surtout pour protéger leurs intérêts économiques.
Pourtant, au lendemain des célébrations de la rétrocession,
Hong-Kong n'est pas devenue communiste. Depuis cinq ans, le capitalisme
demeure intact. C'est une promesse de la Chine pour encore 45 ans.
Hong-Kong a le statut de région administrative spéciale
de la Chine.
Malgré
cette condition, quelques mois plus tard, une crise économique
frappe toute l'Asie. Le Québécois Bernard Pouliot
travaille dans la haute finance à Hong-Kong. Il est le président
de Quam limitée. Selon lui, l'année 1997 a été
catastrophique pour Hong-Kong, non pas à cause de la rétrocession,
mais à cause de cette crise économique qui a dévasté
toute l'Asie. « Il y a eu une contraction au niveau
des ventes au détail. Les gens ont épargné
et ont arrêté d'acheter de l'immobilier. Alors, ceux
qui voulaient vendre, qui avaient des dettes, ne pouvaient plus
vendre. »
La
crise perdure. Le taux de chômage est passé de presque
0 à 7 %, du jamais vu à Hong-Kong. Et il n'y
a pas d'assurance-chômage. Les gens ont perdu de l'argent.
Les prix de l'immobilier ont chuté de 65 %. Malgré
tout, se loger en ville coûte très cher. Le prix d'un
loyer est en moyenne trois fois plus élevé qu'à
Montréal.
Hong-Kong
a longtemps été synonyme de liberté et de richesse,
et la Chine, de répression et de pauvreté. Tout change
: la Chine est en plein essor alors que Hong-Kong est en récession.
Pour
les Canadiens à Hong-Kong, posséder la double nationalité
canadienne et chinoise est un atout pour brasser des affaires. En
étant Canadien, on peut obtenir un prêt d'Ottawa, et
comme Chinois, on peut circuler facilement en Chine. Les Canadiens
non-résidents ne paient pas d'impôts sur les revenus
gagnés outremer, et à Hong-Kong, l'impôt personnel
maximal n'est que de 15 %. Il n'y a pas d'impôts sur
les gains en capital. Tout cela est parfaitement légal, typique,
même depuis la rétrocession.
Le
potentiel d'affaires est immense en Chine populaire. Quelque 70
villes chinoises ont plus d'un million d'habitants. Shanghai a 16
millions d'habitants, Pékin, 13 millions. Et en plus, tout
est moins cher en Chine : le loyer, les salaires aussi. Jusqu'à
10 fois moins. Plusieurs entreprises manufacturières de Hong-Kong
ont déjà déménagé en Chine populaire.
Alors
que la Chine représente le quart des habitants de la planète,
prêts à consommer, à Hong-Kong, le marché
est saturé. « La Chine est en train de croître,
Hong-Kong est en train de mourir. La différence dans l'atmosphère,
ça se sent. C'est palpable. Ici, on s'accroche à ce
qu'on a. On ne veut pas perdre ce qu'on a déjà. Il
n'y a rien qui croît ici. On perd, on perd, on perd de jour
en jour. On traverse la frontière, on va en Chine populaire
et là, c'est wow! », lance Pierre Tremblay,
journaliste à la radio et à la télévision
de Hong-Kong.
Pour
ceux qui sont en affaires, l'avenir est radieux
à condition
de percer le marché gigantesque de la Chine.

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L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.
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Histoire
de
Hong-Kong
Les
Chinois sont les premiers habitants de la région de Hong-Kong
au deuxième millénaire avant J.-C. Jusqu'à
l'arrivée des Britanniques, la région abrite une petite
communauté de pêcheurs et constitue un refuge pour
les pirates et les trafiquants d'opium.
Juin
1840 : Début de la première guerre de l'opium entre
la Grande-Bretagne et la Chine, déclenchée pour défendre
les intérêts des commerçants anglais.
20
janvier 1841 : Convention de Chuanbi, qui prévoit la cession
de l'île de la « rade parfumée »
(c'est ce que signifie « heung gong » en cantonais)
à perpétuité à la Grande Bretagne.
Juin
1898 : Les Nouveaux Territoires, qui comprennent la région
s'étendant du nord de Kowloon à la rivière
de Shenzen, ainsi que 235 îles, font l'objet d'un bail de
99 ans imposé à la Chine. Ce bail expire le 30 juin
1997 à minuit.
1912
: Formation de la République chinoise. Hong-Kong devient
l'asile des exilés politiques de la Chine continentale.
1950-1960
: Le gouvernement de Hong-Kong libéralise le système
fiscal, ce qui attire les investisseurs étrangers. Le boom
économique qui en résulte fait de Hong-Kong la zone
la plus riche et la plus productive d'Asie. Mais la politique des
bas salaires, favorable dans un premier temps à la prospérité,
provoque un mécontentement social. De violentes émeutes
éclatent en 1967 et menacent la stabilité politique
de la colonie. Le gouvernement y répond en légiférant
sur les conditions de travail et la qualité de vie des travailleurs.
Dès 1970, la stabilité règne de nouveau.
15
juin 1982 : Deng Xiaoping déclare que la Chine veut retrouver
sa souveraineté sur Hong-Kong en 1997.
19
décembre 1984 : Accord sino-britannique, signé par
Margaret Tatcher et Deng Xiaoping, sur la rétrocession. Selon
l'accord, le 1er juillet 1997, Hong-Kong redeviendra territoire
chinois, avec un statut spécial. Le plan de la rétrocession
est fondé sur le concept « un pays, deux systèmes »
et prévoit le maintien, en principe pendant 50 ans, du système
économique de Hong-Kong, la représentation politique
au sein du conseil législatif, le maintien du système
judiciaire, la liberté d'entrer et de sortir du territoire.
16
février 1990 : Adoption par l'Assemblée nationale
populaire chinoise de la Loi fondamentale. Elle précise que
la future « région administrative spéciale »
conservera sa monnaie, son budget, ses réserves financières,
son administration, sa police ainsi que son système judiciaire,
et qu'elle sera dirigée par un gouverneur, sorte de premier
ministre, citoyen chinois de plus de 40 ans, résidant à
Hong-Kong depuis au moins 20 ans et ne détenant pas de passeport
étranger.
1er
juillet 1997 : Rétrocession de Hong-Kong à la Chine.
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