|
L'Argentine
a déjà été le pays le plus développé
de l'Amérique latine. Enfants chéris de la communauté
financière internationale, les Argentins ont longtemps mené
un grand train de vie. Mais les promesses de stabilité et
de prospérité du premier monde n'étaient qu'illusions.
En décembre 2001, la récession a précipité
le pays dans une crise financière catastrophique.
Pour
éviter que les Argentins ne retirent toutes leurs économies
des banques, et vident ainsi les caisses de l'État, les banques
restent ouvertes, mais les comptes d'épargnes sont bloqués.
Les clients sont autorisés à retirer à peine
1200 pesos par mois (soit l'équivalent de 535 dollars canadiens).
Une situation qui sème la colère dans la population.
Certains réagissent par des manifestations quotidiennes.
D'autres se sont tournés vers les tribunaux pour tenter de
récupérer ce qui leur appartient.
Les
plus astucieux ont créé un système économique
parallèle, un club de troc. Fondé il y a cinq ans
avec un peu moins de 1000 membres, le club de troc encourage les
chômeurs et les pauvres à produire leurs propres biens
et services et à les échanger ensuite sur un marché
spécial. Les membres apportent des vivres, des vêtements
ou des services qu'ils échangent au moyen de ce qu'on appelle
des « crédits sociaux », la monnaie
du club de troc. Tout argent normal, de quelque genre que ce soit,
est interdit.
Plus
le club grandit, plus des services importants et des géants
de l'économie s'y intéressent. Désormais, on
peut même se payer des soins de santé (radiographies,
spécialistes, psychologues, etc.) avec des crédits
sociaux. Récemment, même une compagnie aérienne
a adhéré au programme. Elle offre trois lignes, une
quotidienne et deux autres en fin de semaine seulement.
Le
club et ses répliques formées un peu partout en Argentine
regroupent désormais près d'un cinquième de
la population. Ruben Ravera, un des instigateurs du système,
juge que les clubs sont le moyen par lequel le pays pourra renaître.
« Un groupe de gens a dit "Assez c'est assez"
à toutes les manifestations, aux barrages de routes, aux
concerts de casseroles
Ces contestations peuvent paraître
enfantines, n'est-ce pas ? Une femme bien habillée qui
va taper sur une banque avec un marteau, c'est lamentable et c'est
improductif. Une société où tout le monde proteste
n'accomplit rien du tout. »
Les
chômeurs qui profitent de ce système ressentent une
nouvelle forme de dignité, sans compter qu'ils réussissent
à se procurer les biens essentiels à leur survie.
Aujourd'hui, les gestionnaires des clubs aimeraient bien que le
gouvernement adopte un projet de loi au Congrès pour donner
un statut légal au projet. Mais le gouvernement dit ne pas
avoir le temps de les écouter.
Déçus
de leur gouvernement, plusieurs Argentins songent à quitter
le pays. Plus de 100 000 personnes, la plupart des professionnels,
ont quitté les lieux depuis deux ans.
Ceux
qui restent dansent sur un tango dont les paroles expriment bien
leur état d'âme :
Dans
un pays en déroute, où tout le monde vole,
Un paysan meurt en produisant de l'or pour son maître.
Les politiciens corrompus conduisent des voitures de luxe
La mine sombre, ils nous volent notre avenir.
Oh ! Mon Dieu, nous avons perdu tout espoir.
Fuyons notre pays, c'est la seule chose à faire.
|
VOUS
AVEZ MANQUÉ UNE ÉMISSION?
Toutes
les émissions de la saison régulière
sont archivées pour vous permettre de consulter le
reportage que vous auriez manqué ou aimeriez revoir.
Veuillez toutefois noter que les reportages achetés
ne peuvent être archivés en format vidéo
en raison des droits d'auteurs, mais ils sont disponibles
en format texte.
Consultez
la rubrique Reportages récents.
|

|
|
En
raison des droits d'auteur, ce reportage ne sera pas disponible
sur Internet.
|
L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.
|