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Les
enfants de ce camp y suivent un entraînement calqué
sur celui de l'armée russe. Leurs instructeurs viennent d'ailleurs
de forces spéciales, la plupart ayant participé à
des missions en Tchétchénie et en Afghanistan. La
formation paramilitaire de ces enfants on peut presque parler
d'endoctrinement vise à donner une nouvelle vie à
l'armée russe, à redorer l'image d'une armée
plutôt écrasée depuis la fin de la guerre froide.
Le président Vladimir Poutine, depuis qu'il est au pouvoir,
a d'ailleurs doublé le financement de ces organisations.
En fait, les camps Cascades se sont multipliés; on en retrouve
maintenant partout dans le pays.
Le
programme doit permettre aux jeunes de la rue de sortir de la dépravation
et d'obtenir de la discipline. « Leurs mères
veulent qu'on en fasse des hommes, des vrais hommes, parce que 80 %
n'ont pas de père. Ils vivent sans idéal masculin,
ils n'ont personne sur qui prendre exemple. Alors nous, nous avons
décidé d'occuper cette place », explique
un des entraîneurs. Mais sur place, l'atmosphère n'a
rien de familial : les hommes de Cascades dirigent les
enfants comme dans une vraie armée. Ici, les ex-caïds
de la rue en viennent à jouer avec de vraies armes.
« On
apprend à aimer notre patrie et à la défendre
coûte que coûte. On apprend qu'on va avoir à
donner notre sang, peut-être même notre vie. (Contre
qui ?) Contre ceux qui en veulent à notre Russie
contre les combattants tchétchènes »,
explique froidement un des enfants. Chez d'autres enfants, l'endoctrinement
frise le lavage de cerveau. « Staline, c'était
bien mieux ! Tout le monde avait peur ! Si un sportif
perdait une compétition, il était fusillé,
et c'était la même chose dans l'armée. Ceux
qui désobéissaient étaient fusillés.
C'était bien. C'est pour ça que l'URSS était
si puissante », avance un autre enfant, en nettoyant
sa mitraillette.
Pour
retrouver la grandeur de l'URSS, les hommes de Cascades veulent
former ces enfants à avoir un esprit de commandos. Une des
premières règles qu'on leur apprend est de tuer sans
se poser de questions. On leur montre les meilleures prises possibles
et comment égorger un « ennemi ».
À
5 h du matin, les enfants sont réveillés au son brutal
de bombardements et de fusillades. Pour les garçons, c'est
un cauchemar quotidien. Les enfants ont moins de 10 minutes pour
mettre leur uniforme et leurs armes. L'entraînement du camp
est réputé pour sa dureté, même les habitués
ont de la difficulté à suivre la cadence. Pour la
majorité d'entre eux, ils vivent pourtant toute l'année
au rythme militaire. Trois fois par semaine à la sortie de
l'école, et toutes les fins de semaine, ils sont pris en
charge par les mercenaires de Cascades. Ils apprennent à
manier les kalachnikovs, les mines, les grenades, en plus d'assister
à un cours d'idéologie, un véritable lavage
de cerveau. Juste deux enfants sur dix finiront leur formation.
Qui
parle d'entraînement, parle de simulation. Des mises en scène
plus que réalistes sont organisées, au cours desquelles
deux clans s'affrontent et où les enfants peuvent mettre
en pratique ce qu'ils ont appris. Bien sûr, les simulations
représentent la plupart du temps un groupe de Russes contre
des Tchétchènes.
Le
but officiel de Cascades c'est d'inculquer la soumission, et pour
ça, tout est permis, même de tondre le gazon avec ses
mains. Pour briser les plus rebelles, toutes les méthodes
sont bonnes, comme celle de faire porter un masque à gaz
toute la journée par des températures de 30 degrés !
« Notre
but est de former des citoyens saints d'esprit. Ces enfants ne seront
pas tous des officiers, des défenseurs de la partie, mais
ils seront des vrais citoyens », déclare officiellement
un des instructeurs. Mais l'endoctrinement finit par fonctionner
et il n'est pas rare de retrouver des enfants d'une dizaine d'années
qui rêvent de se rendre à Grozny pour poser des bombes.
De
plus en plus, le dressage des enfants à faire la guerre est
critiqué, même en Russie. À Moscou, au Comité
des mères de soldats, on s'inquiète face à
la recrudescence de ces camps paramilitaires pour enfants, signe
évident de la militarisation de la société
depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir. « Un
enfant ne devrait pas apprendre dès l'enfance que quelqu'un
est un ennemi. [
] Apprendre la cruauté aux enfants
et les éduquer à la guerre, ça veut dire que
la Russie n'a pas d'avenir », conclut une des dames
du comité.

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raison des droits d'auteur, ce reportage ne sera pas disponible
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L'émission
Zone Libre est diffusée sur les ondes de Radio-Canada
le vendredi à 21 h et présentée en rediffusion
sur les ondes de RDI le samedi à 23 h, le dimanche
à 20 h ainsi que le lundi à 1 h.
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