
« Pour
exporter des roses, il faut que celles-ci soient sans
taches, sans insectes, sans maladies, c'est-à-dire parfaites.
Pour atteindre cette perfection qu'exigent les consommateurs,
les producteurs utilisent une quantité considérable de
pesticides, de fongicides, et d'herbicides. »
extrait du reportage
Fongarid,
Felco, Topas D, Rescate, autant de produits chimiques
interdits aux États-Unis et au Canada mais utilisés dans
les serres d'Équateur, même si le ministère
de la Santé équatorien en bannit l'usage
là aussi. Maux de tête, irritations, maladies respiratoires,
rénales ou sanguines, cancers, désordres génétiques: les
risques que représentent certains de ces produits pour
la santé des travailleurs sont documentés.
40
000 travailleurs travaillent dans les 300 entreprises
floricoles que compte l'Équateur. Seulement trois d'entre
elles sont syndiquées. Les
organisations de travailleurs estiment que 70 % des
floriculteurs du pays offrent à leurs travailleurs
des conditions de travail franchement mauvaises, tandis
que les autres sont tout juste acceptables.

« La concurrence qui vient de partout, et
les grosses entreprises qui continuent de s'agrandir,
alors le pauvre est laissé de côté. »
Eduardo Cuascota, qui travaille six jours
par semaine pour nourrir cinq enfants, gagne 150 $ par
mois

En
plus de l'impact sur les travailleurs, la culture des
roses a un impact sur l'environnement et ses villageois.
L'air, le sol et l'eau du village sont contaminés par
ces arrosages quotidiens.
« Avant
l'eau était propre. Elle nous servait même pour l'alimentation,
et pour boire. Maintenant c'est plus possible, il y a
beaucoup de contamination. Non, c'est impossible! Même
les animaux ne veulent pas la boire! »
Fernando Cuascota
Sans
compter que la superficie de terre où on cultive des fleurs
est 100 fois plus grande qu'il y a 20 ans. Et cela se
fait au détriment des cultures vivrières.
« Ce
qu'on gagne comme salaire dans les serres,
c'est pas assez pour la nourriture, alors il faut semer
sur notre petite terre pour avoir assez à manger. »
Oswaldo Flores

« Pendant
que les roses s'épanouissent, les terres de la Alegria
sont desséchées. Les habitants accusent les entreprises
de prendre plus que leur part et de voler l'eau. Une des
conséquences du manque d'eau, c'est qu'il n'y a plus assez
de fourrage dans les champs. À la Alegria, on nourrit
donc les animaux avec les résidus des serres. Cela donne
du lait contaminé, du fromage contaminé, de la viande
contaminée. »
extrait du reportage
***
Une
équipe de Zone libre s'est rendue
en Équateur, où elle a constaté une
situation alarmante.