Déchirés
par 10 ans de guerre contre l'Empire soviétique, par des
années de guerre civile, puis par le régime implacable
des talibans, les Afghans ont été confrontés à un destin
cruel. Depuis 20 ans, près de la moitié de la population
a été exterminée ou forcée à fuir les combats. L'ethnie
des Hazaras, minoritaire en Afghanistan, n'y a pas échappé.
Victimes de discrimination, ils se sont réfugiés par centaines
au Turkménistan, une ancienne république soviétique qui
les accueille en attendant qu'ils trouvent une terre d'asile.
Ils refusent de retourner dans leur pays, de crainte de
revivre les horreurs commises sous l'ère des talibans.
Plusieurs rêvent de s'établir au Québec. À Longueuil,
en banlieue de Montréal, des parents qui ont eu la chance
d'immigrer font tout ce qu'ils peuvent pour que leurs
familles soient enfin réunies.

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L
E S H A Z A R A S
« Peuple
vivant principalement dans le centre de l'Afghanistan
et au Baloutchistan (Pakistan, Iran). Les Hazara
se considèrent comme les descendants de Gengis Khan
[(vers 1167-1227) fondateur de l'Empire mongol,
qui conquit notamment le nord de la Chine, l'Afghanistan
et l'Iran oriental]. Agriculteurs et éleveurs, ils
émigrent nombreux vers les villes. Ils sont musulmans
chiites et parlent l'iranien. »
Larousse, 2000

« Ils
sont hazaras, une minorité ethnique en Afghanistan,
où une personne sur cinq est hazara. De plus,
ils sont musulmans chiites et non sunnites comme
la majorité des Afghans. Hazaras et chiites,
c'est une double tare aux yeux des talibans. »
extrait du reportage
« Le
problème en Afghnanistan, c'est le nationalisme.
Les Hazaras sont persécutés à cause de leur religion
et parce qu'ils ressemblent à des Chinois ou à des
Japonais. »
Salahuddin Bakhsh
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Un
passé difficile

Dire
que les Hazaras n'ont pas eu la vie facile relève de l'euphémisme.
Les massacres et l'emprisonnement arbitraire dont ils
ont été victimes au cours du règne des talibans ont été
abondamment documentés par des organisations internationales
des droits de la personne. Par exemple, lorsqu'ils ont
pris possession de la ville de Mazar-e-Sharif, en 1998,
les talibans ont tué plusieurs civils, pour se venger
des morts que leur avait infligés l'Alliance du Nord,
quelques mois plus tôt. Les Hazaras ont particulièrement
été touchés. Des rapports de Human Rights Watch indiquent
que 2000 d'entre eux auraient été tués et plus de 4500
hommes ont été emprisonnés pendant des mois.
« Ils
nous ont dit : " vous êtes hazaras et chiites, c'est
pour ça qu'on vous arrête ". Ils nous ont enfermés
dans une cellule. Il y avait déjà 2000 Hazaras à la prison.
Ils nous ont fouettés avec un câble. Seulement parce que
nous sommes hazaras. »
Husayn Ali Haidary
« Je
suis devenu très vieux. Je sors de l'hôpital.
Ma famille est au Canada. Tout ce que je désire,
si Dieu le veut, c'est de la rejoindre. »
Husayn Ali Haidary
« Les
talibans tiraient sur les gens dans la rue. Ensuite, les
prisonniers ont été amenés dans des
conteneurs, où plusieurs sont morts de soif ou
de chaleur. »
« J'avais
tellement peur. Je me suis caché pendant trois mois dans
un trou que j'avais creusé. Sinon, les talibans m'auraient
tué ou jeté en prison avec mon père et mon frère. Je ne
sortais que la nuit pour manger. »
Si
les combattants antitalibans ont mis fin au régime de
terreur des anciens maîtres de Kaboul, les Hazaras
nourrissent peu d'espoir envers ceux qui leur ont succédé
et qui ont promis de faire l'unité du pays. Le nouveau
gouvernement afghan est dominé par les ethnies pachtounes
et tadjikes, et les Hazaras ont été écartés des postes
clés.
« Y
retourner? Je ne pense pas.
Je ne crois pas que nous aurons la paix et la liberté
avec le nouveau gouvernement. »
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L
E S R É F U G I É S
A F G H A N S

« Des
millions d'Afghans ont quitté leur pays pour se
réfugier temporairement dans les pays voisins. C'est
un tout petit nombre qui réussit à immigrer définitivement.
Il y a seulement dix pays qui les acceptent. Ces
pays, dont le Canada, admettent un quota annuel
de réfugiés sélectionnés pour leur capacité à s'intégrer.
Sont exclus les polygames, les criminels, les soldats.
En 2001, le Canada a reçu environ 3000 réfugiés
afghans. »
extrait du reportage
Autres
pays qui acceptent les réfugiés (par
ordre d'importance): États-Unis, Australie, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Suède, Finlande, Danemark, Pays-Bas.
Le Canada se classe deuxième comme terre
d'accueil.
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L'espoir
d'un avenir meilleur
Le
Turkmenistan, au nord-ouest de l'Afghanistan, accepte
les réfugiés afghans de passage seulement. Dans Achkhabat,
la capitale, il n'y a pas de camps de réfugiés : il faut
pouvoir se nourrir, se loger soi-même en attendant d'aller
ailleurs. Ce
fardeau oblige les réfugiés à vivre à plusieurs. Finalement,
les Afghans réfugiés au Turkmenistan dépendent de leurs
familles au Québec, elles-mêmes réfugiées. Celles-ci leur
donnent un conseil en prévision de leur arrivée.
« Vous
devez étudier jour et nuit.
Ne perdez pas votre temps : apprenez l'anglais et le français.
Si vous venez au Québec, le français est la première langue. »
Maladay Haidary

Lors
du cours de français, au Turkménistan
Pour
l'instant, il y a 1000 réfugiés
dans l'arrondissement de Brossard, à Longueuil,
sélectionnés pour leur capacité à s'intégrer.
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« La
discrimination selon la race et la religion rend la vie
très difficile en Afghanistan. Ici, au Canada, il n'y
a pas de discrimination, nous sommes libres. »
Ali Bakhsh