Le
moins que l'on puisse dire, c'est que les populations
arabo-musulmanes ne sont pas acquises à l'Amérique
de George Bush. Même les attentats perpétrés
aux États-Unis le 11 septembre n'y ont rien changé.
Et, de toute évidence, ce ne sont pas les frappes
britanno-américaines en Afghanistan, une terre
musulmane, qui mettra l'opinion publique dans de meilleures
dispositions. Même les médias adoptent une
attitude très critique envers la superpuissance.
Et font écho aux rumeurs les plus farfelues...
Une situation qui fait le jeu des radicaux.
Les
journaux égyptiens ont notamment rapporté
les propos du père de Mohammed Atta, cet Égyptien
identifié comme le kamikaze aux commandes du premier
appareil à avoir percuté le World Trade
Center. Il affirmait qu'il avait parlé à
son fils deux jours après l'attentat... Et, dans
les médias, l'ennemi juré, Israël,
est abondamment montré du doigt.
« Ce
sont les Israéliens qui ont commis
les attentats, pour que le monde s'attaque
une fois de plus à l'islam. »
Un
peu partout dans le monde arabe, il y a des manifestations
de sympathie envers Oussama ben Laden. En Égypte,
dans les Territoires palestiniens, en Irak... Il n'y a
pas que l'homme de la rue qui soit anti-américain.
Il y a des dirigeants politiques, des chefs religieux.
Un
exemple: dix jours après les attentats, l'imam
de la mosquée de Jenine, dans les Territoires palestiniens,
fait son sermon. Les États-Unis, dit-il, ont été
punis pour avoir appuyé l'agression israélienne
contre les Palestiniens.
Dans
les rues de Cisjordanie, les affiches à la gloire
des commandos suicides qui ont frappé Israël
tapissent encore les murs. Dans cette région du
monde, la guerre lancée par les États-Unis
contre le terrorisme islamique n'a fait qu'accroître
la haine et l'agressivité.