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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Discours des grands argentiers

Mise à jour le vendredi 23 février 2007 à 17 h 24
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Discours des grands argentiers

Au cours de l'histoire financière du Québec, la dette a toujours été un sujet de préoccupations pour les ministres des Finances. C'est dans les Discours sur le budget qu'on peut ainsi lire leurs coups du coeur, leurs inquiétudes ou encore lorsqu'ils veulent se montrer rassurants.

Certains se veulent pédagogues, d'autres plus agressifs mais on y trouve parfois des perles. En voici quelques-unes.


Onésime Gagnon, ministre des Finances (Union nationale)

« Les dépenses imputables au capital sont des dépenses productives, des dépenses qui se traduisent par un enrichissement susceptible d'évaluation en argent et qui bénéficient à toute la communauté non seulement pour l'année courante mais encore pour les générations futures (...) L'État doit prendre en charge ces travaux (ponts, routes, hôpitaux, sanatoria, écoles, édifices publics, barrages et centrales électriques).

Si nous voulions activer le développement social et économiques du Québec, des travaux d'envergure devaient être entrepris sans retard en tenant compte de l'excellent crédit de la province sur les marchés monétaires du continent (...) le gouvernement est justifiable de payer même toutes ses dépenses imputables au capital par le moyen d'emprunts (...) Il est logique en effet qu'en temps normal le gouvernement ait recours à l'emprunt pour payer des dépenses qui profiteront non seulement à la génération présente, mais aux générations futures. Cette théorie doit être tempérée par les exigences de la prudence durant les années de prospérité pour conserver notre pouvoir d'emprunt durant les années moins prospères. »

- Extrait du discours du budget du 24 février 1949


John Bourque, ministre des Finances (Union nationale)

« Nous vivons à une époque où la masse des citoyens accepte très facilement d'augmenter leurs dettes personnelles. La politique du gouvernement en diminuant la dette nette de la Province, donne à mon avis à tous les contribuables et même à tous les citoyens du pays, une leçon à peu près unique de prudence et de modération. »

- Extrait du discours du budget du 7 février 1958


Jean Lesage, ministre des Finances et premier ministre (Parti libéral du Québec)

Tout porte à croire que l'ampleur du programme de réformes et de rénovations qui devra être mis en oeuvre pour combler les déficiences du passé et la nécessité d'accélérer le rythme des dépenses en immobilisations de traduiront par la nécessité d'emprunter plus fréquemment que pendant la dernière décennie (...) les revenus ne suffiront pas à faire face à l'ensemble des dépenses tant ordinaires qu'en immobilisations.

La position financière du gouvernement ne dépend pas seulement du niveau de sa dette consolidée ou de sa dette nette. D'autres facteurs, souvent plus importants, entrent en ligne de compte en particulier les engagements qui doivent s'échelonner sur des années à venir.

Notre population est en moyenne plus jeune que celle de l'ensemble du Canada. On sait qu'une population jeune signifie pour l'avenir un plus grand nombre de travailleurs disponibles sur le marché du travail. Elle signifie également une plus grande demande de biens durables et non durables, ce qui est un élément propice à des investissements accrus.

Le fort rythme de l'accroissement de la population active requiert un développement intensif d'industries secondaires, si l'on veut absorber les travailleurs de plus en plus nombreux qui se présenteront sur le marché du travail. Je crois qu'une nouvelle phase dans l'évolution économique de la province doit être inaugurée, où un ensemble de mesures fiscales et de politique de développement hydro-électrique, d'établissement d'un réseau routier adéquat, doit être mis sur pied.

Pour rattraper autant de retard, le gouvernement sera obligé d'emprunter. Il n'est pas juste en effet de faire porter sur la seule génération présente le coût d'améliorations durables qui serviront tout autant aux générations futures. »

- Extrait du discours du budget du 14 avril 1961


Jean Lesage

Jean Lesage

Jean Lesage, ministre des Finances et premier ministre (Parti libéral du Québec)

« Il se trouve évidemment des personnes qui peuvent s'inquiéter de la politique que nous avons nécessairement dû adopter pour fournir à notre Province les éléments de son progrès actuel et futur (...) Le fait est que depuis plusieurs mois, la dette publique du Québec s'est accrue. Il serait encore plus précis et plus exact de dire que les investissements de notre Province ont augmenté.

À cause d'une conception périmée des finances publiques, l'administration antérieure a fini par croire ou feindre de croire que l'emprunt public était une méthode de financement à éviter parce qu'elle était mauvaise en soi. On a fait ainsi de la dette publique ou plus exactement du remboursement de la dette et de l'absence d'emprunt un mythe qu'il serait regrettable de laisser perpétuer.

En s'abstenant d'emprunter à cause de conceptions administratives timorées, l'ancien gouvernement a laissé le champ libre à des intérêts privés, canadiens ou étrangers, et au gouvernement fédéral, de telle sorte qu'on est venu chercher nos épargnes disponibles pour s'en servir à des fins qui souvent ne nous profitent pas. (...) Bien entendu, il n'est pas question, malgré les immenses besoins, de poursuivre sans discernement et sans limite une politique aveugle d'emprunts publics. Notre action actuelle en ce domaine est temporaire. »

- Extrait du discours du budget du 12 avril 1962


Jean Lesage, ministre des Finances et premier ministre (Parti libéral du Québec)

« Les emprunts que nous avons contracté pour promouvoir l'essor économique de notre Province ont provoqué une hausse de 8,7 millions de dollars pour le service de la dette qui atteint 37 millions de dollars.

La politique d'emprunt du gouvernement actuel s'apparente de fait à une politique d'investissement; le gouvernement emprunte non pas pour réussir à financer des dépenses ordinaires mais bien plutôt pour soutenir le volume des dépenses en immobilisations. C'est ce que ferait n'importe quel homme d'affaires soucieux de l'avenir de son entreprise et désireux de favoriser son expansion.

L'emprunt public est devenu une méthode normale de financement pour tous les gouvernements du monde (...) le Québec a tout simplement résolu d'adopter une conception des finances publiques qui corresponde aux nécessités de la vie actuelle et qui se fonde sur des pratiques qui ont fait leurs preuves ailleurs (...) L'Ontario n'a pas craint de recourir à l'emprunt pour activer son développement économique (...) Il en est d'ailleurs de même des pays européens dévastés par la guerre.

Je dois dire qu'il est tout à fait normal que des Canadiens des autres provinces et des étrangers, des Américains par exemple, détiennent une partie des obligations du Québec (...) l'obligation gouvernementale ne donne pas de titre de propriété à son détenteur. »

- Extrait du discours du budget du 5 avril 1963


Paul Dozois

Paul Dozois

Paul Dozois, ministre des Finances (Union nationale)

« Maintenant que le montant total de la dette directe et garantie en cours est, au Québec, voisin de celui du gouvernement de l'Ontario, les possibilités de recourir d'une façon continue et massive à des emprunts à long terme présentent un certain nombre de difficultés. »

- Extrait du discours du budget du 16 mars 1967


Robert Bourassa

Robert Bourassa

Robert Bourassa, ministre des Finances et premier ministre (Parti libéral du Québec)

« On voit donc que nous ne sommes pas opposés à l'emprunt, mais on doit y recourir dans la limite de nos moyens (...) il est beaucoup plus sage de vivre à la mesure de ses moyens. »

- Extrait du discours du budget du 18 juin 1970


Raymond Garneau, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« Le programme d'emprunt de 1,2 milliard de dollars que nous avons du réaliser est trop élevé. Le défi des administrations publiques québécoises est de ramener le rythme de croissance des dépenses à un niveau qui se situe en deça du taux de croissance de la richesse collective.

Alors que notre revenu per capita est plus bas que celui de l'Ontario de plus de 20 %, le coût per capita de nos services d'éducation et de santé égale ou dépasse celui de nos voisins. Si elle n'est pas corrigée, cette situation risque d'avoir des répercussions importantes sur l'économie. »

- Extrait du discours du budget du 11 mai 1976


Jacques Parizeau, ministre des Finances (Parti québécois)

« Le gouvernement dispose en effet de ressources limitées pour assurer le financement de ses opérations courantes et la mise en oeuvre de ses priorités. Les contraintes dont a hérité le nouveau gouvernement à l'égard de la fiscalité et du financement par emprunts sont considérables et lourdes de conséquences.

Le chemin de l'indépendance passe par des finances saines. Il ne s'agit pas là d'une condition suffisante mais en tout cas d'une condition nécessaire.

Le niveau élevé des coûts des services publics, de l'effort fiscal et de l'endettement du Québec constitue un héritage bien lourd pour tout nouveau gouvernement (...) Il n'y a vraiment qu'une seule façon de dégager une marge de manoeuvre : c'est de sabrer dans les programmes existants et de réformer le tarification de certains services publics de façon à ce qu'elle reflète mieux le coût encouru par la collectivité.

Il faut siffler la fin de la récréation. La remise en ordre est non pas seulement importante pour assurer et maintenir le crédit du Québec et de ses institutions, mais elle est essentielle à la réalisation des objectifs politiques du nouveau gouvernement. »

- Extrait du discours du budget du 12 avril 1977

Jacques Parizeau répond aux questions sur son budget, le 17 avril 1977 (archives de Radio-Canada).


Jacques Parizeau, ministre des Finances (Parti québécois)

« La pratique banale de considérer comme revenus les cotisations des employés [aux régimes de retraite] et comme dépenses, les prestations versées, fait planer sur les contribuables pour l'avenir un poids écrasant, lorsque les premières deviendront nettement inférieures aux secondes. »

- Extrait du discours du budget du 18 avril 1978


Jacques Parizeau, ministre des Finances (Parti québécois)

« Le Québec n'a pas encore accès à une banque centrale et ne peut pas prendre le risque d'accumuler de l'eau dans la cale sans avoir de pompe à sa disposition. Je remercie cependant vivement le précédent gouvernement de m'avoir laissé non seulement 375 millions de dollars de salaires à payer, 400 millions de dollars d'arrérages dus aux commissions scolaires, une dette olympique financée à des taux élevés et à si court terme que la construction du mât du stade en était compromise, non seulement un déficit actuariel de plus de 5,5 milliards de dollars au titre de fonds de pension, mais aussi quelques centaines de millions d'obligations d'épargne encaissables en tout temps, donc à la merci de n'importe quelle hausse de taux d'intérêt. »

- Extrait du discours du budget du 27 mars 1979


Jacques Parizeau, ministre des Finances (Parti québécois)

« On doit reconnaître que la dette à long terme du gouvernement du Québec représente actuellement environ 15 % du PIB [produit intérieur brut] du Québec. En lui-même, ce chiffre n'a pas de signification véritable; car le gouvernement peut emprunter lui-même ou faire emprunter des corps publics, des sociétés d'état ou des gouvernements locaux à sa place. Si l'on veut vraiment savoir quel est le poids réel de la dette publique portée par la société, c'est donc la totalité des sommes dues par les secteurs public et parapublic qu'il faut examiner.

Incidemment, une question se pose depuis six mois à laquelle il convient de répondre : est-il exact que le Québec emprunte pour payer ses dépenses courantes?

Remarquons, en premier lieu, que advenant que cela se produise, il n'y aurait pas lieu de s'en offusquer, si vraiment la situation économique l'exigeait. Plutôt s'endetter temporairement que de jeter des gens dans la rue. Mais est-ce vraiment le cas?

Pour répondre correctement, il faut une fois de plus considérer toute la dette des secteurs public et parapublic québécois (...) il reste que les investissements du secteur public dépassent toujours ses emprunts. (...) On n'emprunte donc toujours pas pour payer les dépenses courantes. Il n'y a qu'une année récente où cela a été fait. Il y a cinq ans, en 1976, sous le gouvernement qui nous a précédé.

Encore faut-il reconnaître qu'en 1980, on a beaucoup emprunté, qu'il est temps de resserrer les robinets et de mieux répartir les sources de revenus entre les éléments du secteur public. »

- Extrait du discours du budget du 10 mars 1981


Gérard D. Lévesque

Gérard D. Lévesque

Gérard D. Lévesque, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« La situation financière du Québec a absolument besoin d'être restaurée non seulement parce que sa dette augmente à un rythme supérieur à sa capacité de rembourser, mais aussi parce qu'il emprunte pour payer l'épicerie. Il nous faut en conséquence une politique de réduction du déficit, toute graduelle qu'elle soit. »

- Extrait du discours du budget du 18 décembre 1985


Gérard D. Lévesque, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« Depuis plusieurs années, le gouvernement emprunte pour une partie de son épicerie. La dette a presque triplé en six ans passant de 10,7 milliards en 1980 à 30 milliards en 1986. Le gouvernement consacre une part croissante de ses revenus au paiement des intérêts sur cette dette : en 1979-80, 7,3 % de ses revenus, presque le double 13,9 % cette année.

Il faudra enrayer la croissance exagérée du service de la dette et faire en sorte que sa progression suive celle de notre capacité de payer. »

- Extrait du discours du budget du 1er mai 1986


Gérard D. Lévesque, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« Nous avons franchi l'étape d'emprunter pour financer l'épicerie (...) Mais il faudra encore aller plus loin et n'emprunter que pour financer les immobilisations du gouvernement. Lorsque le déficit est plus élevé que les immobilisations, on demande en fait aux générations futures de payer des services publics dont elles n'auront pas bénéficié. Transférer ainsi le fardeau fiscal vers le futur, ce n'est certainement pas la meilleure façon d'assurer à nos enfants un avenir prometteur. »

- Extrait du discours du budget du 12 mai 1988


André Bourbeau

André Bourbeau

André Bourbeau, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« La réduction du déficit s'avère tout aussi importante que la réduction des impôts et des taxes. Les déficits d'aujourd'hui ce sont les impôts de demain. Et les impôts de demain ne seront pas plus favorables à la création d'emplois que ceux d'aujourd'hui. Les Québécois de demain n'accepteront d'ailleurs pas plus que ceux d'aujourd'hui de recevoir en service fournis par leur gouvernement moins que ce qu'ils contribueront, parce qu'une part trop importante des recettes fiscales devra être consacrée à payer les intérêts sur la dette accumulée résultant des déficits passés. »

- Extrait du discours du budget du 12 mai 1994


Jean Campeau, ministre des Finances (Parti québécois)

« Dans deux ans, comme promis, le Québec n'empruntera plus pour payer l'épicerie. Fini le déficit des opérations courantes.

La dette du gouvernement représente plus de 10 000 dollars par personne. A plus de 6 milliards de dollars, le déficit laissé par ceux qui nous ont précédés était carrément intolérable (...) Les déficits et l'endettement compromettent notre avenir et encore davantage celui de nos enfants et petits-enfants.

Il faut régler le problème du déficit (...) Nous devons procéder à cette remise en ordre en préservant le coeur des acquis sociaux des dernières décennies et nous devons le faire en concertation avec nos partenaires. Le virage majeur est déjà bien amorcé. Il faut le poursuivre, et même l'accentuer, avec confiance et fermeté.

Les taux d'intérêt ont continué à augmenter (...) la dette mine les finances publiques. C'est un véritable cancer. »

- Extrait du discours du budget du 9 mai 1995


Bernard Landry, ministre des Finances (Parti québécois)

« Le formidable consensus sur l'élimination du déficit s'est exprimé à la Conférence de Québec.

Nous avons donc commencé à assainir les finances publiques et nous allons continuer. Cette oeuvre de salut public relève de la plus élémentaire justice envers les jeunes générations.

Par rapport à sa population, le Québec est aujourd'hui la plus endettée des provinces canadiennes (...) Or près de la moitié de cette dette a servi à payer les dépenses courantes - l'épicerie comme on dit - et non des investissements durables dont pourraient profiter nos descendants sous forme de patrimoine d'équipements collectifs transmissibles.

Nous avons consommé, nos enfants paieront pour nous.

Une telle vision des choses n'est pas acceptable dans une société fondée sur l'éthique et la solidarité. Il faudra en toute honnêteté et dès aujourd'hui, ne pas oublier ces réalités quand se présenteront de façon concrète les sacrifices nécessaires à la correction de la situation. »

- Extrait du discours du budget du 9 mai 1996


Bernard Landry, ministre des Finances (Parti québécois)

« L'an dernier, j'ai annoncé que nous n'allons plus emprunter " pour payer l'épicerie ". Nous avons fait mieux et nous avons mis fin à la spirale de l'endettement collectif. Voilà une heureuse nouvelle pour nos enfants et nos petits-enfants : car c'est d'abord dans leur intérêt que la population fait cet effort.

Les années les plus difficiles sont derrière nous. Mais le temps de la rigueur financière se poursuivra. C'est un engagement formel envers la génération montante.

Pas question de laisser la dette s'envoler de nouveau vers de nouveaux sommets. Elle est déjà trop élevée et il faut au contraire la réduire.

Mais avant tout nous devons nous attaquer aux problèmes urgents de la société (...) et nous devons investir immédiatement dans la santé, l'éducation et la création d'emplois. »

- Extrait du discours du budget du 9 mars 1999


Bernard Landry, ministre des Finances (Parti québécois)

« Ce n'est donc pas à la réduction de la dette qu'iront les surplus mais à la réduction rapide des impôts, à la santé, à l'éducation, à la jeunesse et aussi à l'économie.

Nous avions un déficit annuel de 6 milliards de dollars alors que nous avons des surplus importants aujourd'hui. C'est dire le chemin parcouru.

La saine gestion m'amène à envoyer 400 millions de dollars à la santé plutôt qu'à la dette. Je le crois en mon âme et conscience.

Non seulement nous avons cessé d'endetter les jeunes mais nous les appuyons solidairement avec des moyens puissants afin qu'ils puissent réussir plus facilement leur vie que ne l'ont fait leurs devanciers. C'est ce que j'appelle la solidarité intergénérationnelle. »

- Extrait du discours du budget du 14 mars 2000


Pauline Marois

Pauline Marois

Pauline Marois, ministre des Finances (Parti québécois)

« Après avoir atteint le déficit zéro et réinvesti dans la santé, l'éducation et la solidarité sociale, le moment est venu pour la première fois de nous attaquer à notre endettement collectif. Nous réduirons cette année la dette de un demi-milliard de dollars. Nous voici donc à un moment historique. Nous voulons par ce geste améliorer l'héritage que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants.

Je fais partie d'un gouvernement qui est déterminé à bâtir un avenir prometteur pour les prochaines générations. Réduire aujourd'hui la dette, voilà une excellente façon de transmettre aux générations un héritage qui fasse notre fierté. »

- Extrait du discours du budget du 29 mars 2001


Yves Séguin, ministre des Finances (Parti libéral du Québec)

« Cette question de la dette est très préoccupante.

Le présent budget est impératif. Il faut revenir à l'équilibre budgétaire, assurer un meilleur contrôle de la dette et entreprendre la transformation des façons de faire de l'État.

Au lendemain de l'élection, notre gouvernement s'est retrouvé avec deux problèmes majeurs de finances publiques. D'abord une impasse budgétaire de 4,3 milliards de dollars. Ensuite une dette en croissance de près de 3 milliards en 2003-2004. Sans intervention pour corriger le tir, la dette aurait donc augmenté cette année de plus de 7 milliards de dollars.

D'abord parce que le gouvernement emprunte pour financer ses immobilisations. Ensuite parce qu'il emprunte aussi pour financer ses placements ou des prêts qu'il effectue auprès de sociétés d'État.

Il faut nous donner un plan d'action et des balises en matière d'endettement. »

- Extrait du discours du budget du 12 juin 2003


Michel Audet, ministre des Finances

« La dette publique supportée par les Québécois est la plus lourde au Canada et a augmenté de 16 milliards de dollars depuis 1997-1998. Notre service de la dette est le troisième poste de dépenses du gouvernement du Québec après la santé et l'éducation.

C'est près de 8 milliards de dollars d'intérêts que nous payons par année. Et c'est 8 milliards que nous n'avons pas pour investir dans la santé et l'éducation. 8 milliards, c'est près de la moitié de l'impôt des particuliers que paient les Québécois et les Québécoises.

La rigueur de notre gestion doit également s'appliquer à la dette. »

- Extrait du discours du budget du 30 mars 2004


Michel Audet, ministre des Finances

« Notre dette représente près de 43 % de notre PIB. C'est plus du double de la moyenne canadienne.

Cet endettement élevé pourrait se justifier s'il avait servi pour l'essentiel à financer des immobilisations ou des mises de fonds rentables dans les sociétés d'État à vocation économique.

Or ce ne fut pas le cas.

Michel Audet

Photo: Luc Lavigne

Michel Audet

Près des trois quarts de la dette du Québec ont été accumulés au cours des trente dernières années pour financer des dépenses courantes.

Il reste donc aujourd'hui une dette importante et si aucune action n'est entreprise, les prochaines générations devront en faire les frais. La réduction du poids de la dette s'impose également pour mieux faire face au vieillissement de la population et se prémunir contre les fluctuations des taux d'intérêt.

Le gouvernement a choisi une cible exigeante : ramener la dette en deçà de 25 % du PIB d'ici 2025.

Pour atteindre cette cible, nous allons créer le Fonds des générations (...) Pour alimenter le Fonds, il n'est pas envisageable d'augmenter les taxes et les impôts (...) La réduction de la dette ne doit pas prendre la forme d'un nouveau sacrifice. »

- Extrait du discours du budget du 23 mars 2006